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Projet d'inscription et d'élection en Afghanistan (PIEA)


Planification de l'inscription des électeurs
Rapport thématique 7 du PIEA


Kerry Heisner
Mars 2003

1.  Introduction

L'inscription des électeurs pour les élections prévues en juin 2004 en Afghanistan présente une tâche immense. En plus de la taille de la population, de la géographie difficile et des très importantes considérations culturelles de l'Afghanistan, le processus d'inscription des électeurs doit également tenir compte des défis de l'inscription des personnes rapatriées et déplacées à l'intérieur du pays ainsi que des réfugiés vivant dans les pays voisins et dans de nombreux autres pays du monde.

Ce document présente de l'information qui sera utile pour formuler les stratégies d'inscription des électeurs. L'information a été obtenue en février et mars 2003 à partir d'entrevues avec des Afghans et des représentants internationaux travaillant dans les domaines pertinents.

Le document comprend de l'information sur les groupes faisant l'objet d'une attention particulière dans le processus d'inscription, soit :

Le document présente également de l'information sur les ressources pour la cartographie, la capacité de saisie des données et les considérations relatives à la sécurité.

2.  Stratégie d'inscription des électeurs et participation des femmes

Plusieurs facteurs se combinent pour compliquer les stratégies d'inscription des électeurs en Afghanistan. Ces facteurs comprennent la géographie du pays, le grand nombre de villages, les défis relatifs à la participation des femmes, l'analphabétisme, les commandants et autres seigneurs de guerre des districts et des provinces qui, plutôt que de collaborer au processus d'inscription, peuvent en fait tenter de s'y opposer, la sécurité du processus d'inscription et le problème de la participation des nomades.

Avec des ressources suffisantes, par exemple des options de transport incluant l'accès aux hélicoptères au besoin, un choix approprié du moment, pour éviter les mois d'hiver, et une planification minutieuse, les problèmes logistiques comme l'éloignement des villages et la géographie peuvent être résolus.

Toutefois, d'autres questions continueront de s'avérer plus difficiles tout au long de la première élection en Afghanistan. La participation des femmes au processus d'inscription et au processus électoral est la plus importante si l'on veut que le résultat de l'élection reflète vraiment la volonté du peuple. Cependant, pour la plupart, les femmes des villages de l'Afghanistan ne savent ni lire ni écrire, n'ont aucun accès à l'information de l'extérieur, resteraient à la maison et attendraient généralement des instructions des hommes de la famille. Au cours de la phase de la collecte des données pour ce document, les femmes qui, jusqu'à un certain point, ont rompu la norme et les hommes progressistes ont indiqué à plusieurs reprises que la seule façon de faire participer les femmes est la coopération des hommes dans chaque province, district, village et, surtout, chaque groupe familial. Au cours de la discussion, les femmes des villages elles-mêmes ont dit qu'elles ne pourront probablement pas participer à l'inscription et à l'élection parce qu'elles ne peuvent ni lire ni écrire, qu'elles ne savent rien du monde extérieur et qu'elles attendraient la décision des hommes de la famille sur la question de la participation. Dans une discussion séparée, les hommes ont également indiqué qu'il ne serait pas possible que les femmes participent car elles ne peuvent ni lire ni écrire et qu'elles n'ont aucune connaissance des questions à l'extérieur du foyer familial. Toutefois, les mêmes hommes ont été ouverts à l'idée de permettre aux femmes de participer si un programme d'information est entrepris pour expliquer le processus d'inscription et le processus électoral aux femmes des villages. Les hommes ont indiqué que ces séances d'information devraient être dirigées par des femmes (cet aspect est le plus important) et être tenues dans chaque village, dans un endroit convenable choisi par les dirigeants du village.

La séparation des hommes et des femmes au cours du processus d'inscription et du processus électoral est d'une importance capitale. Seulement un personnel féminin pourra recevoir les femmes au centre d'inscription ou au bureau de scrutin, et il sera nécessaire qu'il y ait des endroits séparés pour les femmes et les hommes. Des discussions doivent avoir lieu avec les dirigeants de chaque village pour trouver la meilleure façon d'établir cette séparation. Cette question a des répercussions logistiques et de dotation car elle déterminera la quantité de matériel et d'équipement pour l'inscription et l'élection, le nombre de membres du personnel et même le nombre de séances de formation, car le personnel féminin et le personnel masculin devront être formés séparément.

Les agents d'inscription régionaux de la commission électorale indépendante doivent établir un rapport solide avec les gouverneurs provinciaux et les leaders des districts qui auront été informés par le gouverneur provincial pertinent de la coopération nécessaire afin de soutenir le processus d'inscription générale, en particulier en ce qui concerne la participation des femmes. Les équipes d'inscription doivent communiquer avec les dirigeants des villages et, en général, avec autant d'hommes que possible dans chaque village afin d'obtenir la permission dont les femmes ont besoin dans chaque groupe familial pour s'inscrire et, en bout de ligne, voter. Au cours de ce processus, la patience et la discussion seront de la plus grande importance.

Une question très délicate concernant l'inscription des femmes est celle de la prise de photos. Une décision doit être prise quant à savoir si, comme mesure de protection contre la fraude, une photo apparaîtra sur la carte d'inscription. La discussion avec des femmes afghanes de Kaboul indiquerait que les photos sont acceptables parce que, par exemple, il s'agit d'un document du gouvernement. Toutefois, les hommes des villages interviewés ont indiqué que la prise d'une photo d'une femme sans une burqa serait inacceptable. Après une autre discussion sur la question, ils sont devenus plus positifs quant à un processus où une membre du personnel de l'inscription prendrait la photo loin de la présence de TOUT homme, et la carte d'inscription, y compris la photo, serait remise à la femme concernée pour qu'elle la garde en sécurité jusqu'au jour du scrutin. Le jour du scrutin, la femme ne montrerait la carte d'inscription qu'à une membre du personnel du bureau de scrutin. Il est à noter que le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR) exige une photo de tous les rapatriés, y compris les femmes, si une aide financière doit être accordée (se référer à la section de ce document sur les rapatriés).

Il serait utile d'avoir une discussion utile sur la participation des femmes avec Tajwar Kakar (sous-ministre administrative du ministère des Affaires féminines) ainsi qu'avec sa conseillère Cheryl Ray ou la conseillère de l'USAID en sexospécificité, Judy Benjamin.

La plupart des Afghans ne connaissent pas ou guère le processus d'inscription et le processus électoral. Le concept que chaque personne, y compris les femmes, vote pour un représentant est nouveau pour eux. Les Afghans ont vécu de nombreuses années de guerre avec des forces externes et de conflit entre forces internes. Les Afghans veulent un changement du système mais demeurent inquiets face à l'avenir, à cause du passé.

Un aspect très important au succès du processus d'inscription est la mise en oeuvre d'un programme d'information et d'éducation complet et ciblé jusqu'au niveau des villages et des familles. Au niveau des gouverneurs provinciaux, une campagne de relations publiques est également nécessaire pour leur vendre le processus afin d'obtenir leur appui. Les Afghans doivent comprendre ce qu'est une élection, la façon dont le processus d'inscription et le processus électoral sont interreliés, la façon dont l'inscription et le vote se traduisent en représentants, le rôle des représentants dans une démocratie, la nature et le rôle d'un parti politique. En ce qui concerne une campagne d'information, les hommes des villages ont encore précisé qu'ils préféreraient que des femmes locales soient formées pour présenter l'information aux femmes dans les villages. Ils ont également indiqué que la méthode préférée pour présenter l'information, en plus de la présentation personnelle et de la discussion, est l'utilisation d'écrans et de la vidéo. (La conseillère de l'IFES Barbara Reinhardus a produit un plan pour un programme d'information et d'éducation; voir le rapport thématique 10.)

Le choix de lieux appropriés pour les centres d'inscription et de scrutin peut également s'avérer difficile et doit être déterminé en consultation avec les dirigeants des villages. Il existe des écoles mais elles sont parfois éloignées de certains villages, ce qui compliquerait la participation des personnes âgées ou handicapées. Un personnel bien qualifié capable de lire et d'écrire, particulièrement pour recevoir les femmes, sera également difficile à trouver. Les enseignants et le personnel des hôpitaux peuvent être disponibles. Une entente nationale pour recourir aux écoles et aux enseignants devrait être conclue avec le ministère de l'Éducation.

Évidemment, la sécurité sera un aspect important du processus d'inscription et du processus électoral. Il est très probable que sans un soutien militaire suffisant du processus d'inscription combiné à la sécurité de la commission électorale indépendante, des équipes d'inscription sur place, de l'équipement et du matériel d'inscription adapté, aucune inscription ne sera possible dans certains secteurs. Toutefois, d'importantes décisions sont nécessaires pour que la sécurité adéquate soit assurée au cours des processus d'inscription et d'élection. Actuellement, le mandat de la force de sécurité internationale se limite à contribuer à la sécurité du gouvernement dans le secteur de Kaboul et tout indique que ce mandat demeurera limité. Les forces de la coalition sont engagées dans une fonction active dans diverses parties du pays et, actuellement, elles n'ont aucun mandat et, très probablement, aucune capacité, à cause de leur rôle actif actuel, pour assurer la sécurité du processus d'inscription et d'élection. Actuellement, la coopération des gouverneurs et des commandants est la seule option possible pour protéger le processus. Une analyse minutieuse de cette situation relative à la sécurité est nécessaire si l'on veut que le processus démocratique soit sauvegardé. Une bonne sécurité signifie également que l'administration centrale, les bureaux régionaux et les équipes sur le terrain de la commission électorale indépendante aient accès à des renseignements de sécurité mis à jour quotidiennement. Le Bureau des Nations Unies pour les mesures de sécurité (UNSECOR) tient des séances d'information quotidiennes et hebdomadaires. À Kaboul, des séances d'information ont lieu chaque semaine, le samedi à 14 heures, dans le complexe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La personne-ressource pour ces séances d'information est Des Charles. Le Bureau des Nations Unies pour les mesures de sécurité publie également un rapport hebdomadaire sur la sécurité. Les rapports sont établis par région et offrent une bonne description de la situation de la sécurité en général. En plus, ils indiquent qui sont les principaux intervenants dans chaque région. Les bureaux régionaux doivent également obtenir l'approbation des Nations Unies pour faire partie des séances d'information régionales organisées dans chaque région par l'agent de sécurité régional du Bureau des Nations Unies pour les mesures de sécurité, de sorte qu'ils soient toujours au courant des faits nouveaux relatifs à la sécurité qui peuvent affecter les activités sur le terrain.

L'inscription des électeurs devra être entreprise par une combinaison de centres d'inscription fixes et d'équipes d'inscription itinérantes. Le choix d'un centre fixe ou d'une équipe itinérante devra être déterminé par les circonstances du groupe ciblé à inscrire. Ce document aborde ces questions en discutant des groupes ciblés. Des exemples où le recours à un centre fixe s'impose par rapport à une équipe itinérante se dégagent lorsque l'on considère les rapatriés et les nomades. Des centres fixes seraient normalement établis pour desservir les plus grandes collectivités (villes, grands centres, etc.), mais ils peuvent également devoir être établis et maintenus dans des secteurs particuliers de chaque province pour répondre au besoin engendré par les rapatriés (voir la section du document portant sur les réfugiés et les rapatriés). Normalement, les équipes itinérantes au service des villages permanents plus petits peuvent également devoir répondre aux besoins des nomades pendant des mois particuliers de l'année, selon leur migration interne (voir la section du document portant sur les nomades).

L'établissement et la mise à jour des profils des districts nécessitent beaucoup de temps mais sont un exercice valable au plan opérationnel. Le HCNUR y travaille actuellement et produit des feuilles d'information qui devraient être accessibles à la commission électorale indépendante. Les détails de ces profils et feuilles d'information figurent à la page 6 du présent document.

3.  Ressources cartographiques

Des cartes sont disponibles auprès de deux sources à Kaboul :

4.  Rapatriés, personnes déplacées à l'intérieur du pays et réfugiés

Le HCNUR est responsable du traitement des rapatriés en Afghanistan. Entre mars 2002 et le 31 janvier 2003, 1 817 288 personnes sont retournées en Afghanistan. On prévoit que le rapatriement des camps situés au Pakistan, en Iran, au Tadjikistan et dans d'autres pays recommencera (après l'hiver) du milieu à la fin de mars.

Pour 2003, on prévoit que 1 200 000 personnes (600 000 du Pakistan, 500 000 de l'Iran et 100 000 autres) reviendront en Afghanistan. Ce chiffre est une estimation et le chiffre réel pourrait être supérieur. Les mois de pointe du retour sont les mois d'été de mai à août, le retour des rapatriés étant réduit en octobre et novembre. À leur retour en Afghanistan, les rapatriés vont dans un camp de personnes déplacées à l'intérieur du pays ou dans la collectivité en général. Dans le pays, le HCNUR fonctionne dans six régions (ouest, est, sud, nord, sud-est et centre). En plus du bureau du chef de mission (HCNUR, 41 Peace Ave, Shahr-e-Naw, Kaboul), il y a dans ces six régions des bureaux satellites (un pour chaque région), des bureaux et des unités sur le terrain. Les six bureaux satellites ont accès aux camps de personnes déplacées à l'intérieur du pays et peuvent communiquer avec elles. Actuellement, il y a 19 camps organisés de personnes déplacées à l'intérieur du pays dans les six régions, mais il existe également des camps spontanés. Les chiffres de la population varient au sein des camps organisés et les estimations de la population remontent à janvier 2003. Les agents régionaux et les équipes d'inscription des électeurs devront travailler en étroite collaboration avec les bureaux satellites du HCNUR afin de faciliter l'inscription des personnes admissibles dans les camps de personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Le HCNUR compile également des profils des districts et des feuilles d'information; à ce jour, il en a complété 150, ce qui correspond à environ la moitié des districts. Tous ces profils et feuilles d'information devraient être obtenus par la commission électorale indépendante car ils contiennent de l'information très utile pour le processus d'inscription (y compris le nombre d'écoles, d'enseignants, etc.). La personne-ressource pour ces profils est Solmaz Dabiri, coordonnateur de l'information du HCNUR.

Le HCNUR à Kaboul tient à jour une base de données sur les estimations de la population pour l'ensemble des rapatriés et chaque camp de personnes déplacées à l'intérieur du pays ainsi que des statistiques sur les rapatriés par district de destination. Le gestionnaire de la base de données du HCNUR est Sardarwali Wardak (wardak@unhcr.ch) et il peut fournir de l'information à jour.

L'unité de protection du HCNUR surveille la situation des rapatriés pour voir si leurs droits humains fondamentaux sont respectés. Elle dispose actuellement de 53 agents dans tout l'Afghanistan et elle entreprend des missions quotidiennes sur le terrain à partir des bureaux satellites et avec les agents et les unités sur le terrain; elle travaille en étroite collaboration avec le ministère responsable des réfugiés et des rapatriés. L'agent de protection principal, Zafnab Sheikh-Ali (sheikhaz@unhcr.ch), peut organiser des visites conjointes sur le terrain au besoin avec les agents de la commission électorale indépendante et les agents d'inscription des électeurs. La chef de l'unité de Kaboul est Ann Maymann, qui compte dans son personnel un agent responsable notamment d'assistance électorale en raison de la concentration de population dans et autour de Kaboul. L'adjoint de la mission de protection est Philippe Leclerq.

Le HCNUR a également établi 12 sites d'encaissement en Afghanistan grâce auxquels tous les rapatriés de retour en Afghanistan peuvent recevoir de la nourriture, de l'argent, des vaccins, de l'information sur les écoles, etc. En moyenne, les rapatriés passent quelques jours dans ces sites. L'information concernant l'inscription des électeurs et, éventuellement, le processus électoral, devrait être rendue accessible par la commission électorale indépendante à tous les rapatriés qui y sont reçus. La personne-ressource du HCNUR pour prendre des dispositions concernant la distribution de l'information est Niyazi Maggerramov, coordonnateur principal.

Une question importante pour l'inscription est le flux continu prévu des rapatriés de retour en Afghanistan au cours de l'été 2003. Si l'inscription des électeurs est entreprise sur une base continue avec des centres fixes et des équipes itinérantes, les rapatriés continueront d'arriver dans les districts et les villages après que les équipes itinérantes auront complété la première phase de l'inscription. Afin de répondre à cette demande d'inscription continue, il peut être nécessaire de continuer de maintenir des centres fixes dans les sites d'encaissement ou dans chaque district qui a la capacité d'inscrire les rapatriés pour tous les sites de ce district. L'affectation des électeurs au centre de scrutin approprié du village de destination devrait être prise en compte dans le développement du logiciel pour l'inscription, faute de quoi cette question pourrait conduire à une confrontation sérieuse durant l'élection. Le HCNUR maintient que jusqu'à 5 000 000 de réfugiés sont toujours hors des frontières de l'Afghanistan (3 000 000 au Pakistan, 2 000 000 en Iran). Il faut également noter qu'en plus du retour organisé des réfugiés par le HCNUR, d'autres groupes décident spontanément de revenir en Afghanistan sans l'aide du HCNUR. Si une décision est prise de maintenir des centres fixes spécifiques, par exemple aux sites d'encaissement (après l'achèvement de l'inscription générale) pour répondre à cette demande prévue, il faudra réfléchir au moment approprié pour la production des registres provisoires des électeurs pour la phase de divulgation et de contestation.

La plupart des rapatriés peuvent ne pas posséder une documentation d'identification originale. Les documents qu'ils peuvent encore avoir comprennent la Tazkira – une carte d'identité nationale des années 1970, une carte de réfugié des années 1980 ou une carte de ration avec photo. Le HCNUR entreprend un processus de vérification et d'inscription des rapatriés avant leur retour en Afghanistan en provenance du Pakistan ou de l'Iran. À compter de cette année, ce processus de vérification comprend une reconnaissance rétinienne afin d'éliminer les inscriptions en double. À la fin du processus, les rapatriés reçoivent un formulaire de rapatriement volontaire. Ce formulaire est émis à chaque groupe familial; il contient les détails sur chaque membre de la famille et, depuis juillet 2002, une photo de chaque membre de la famille. Des photos sont également prises des femmes de la famille, car le HCNUR a pour politique qu'à moins qu'une femme ait une photo prise sans la burqa, aucune aide financière ne lui sera accordée. Le formulaire de rapatriement volontaire est un document important pour l'aide du HCNUR aux rapatriés dans l'avenir, et il doit donc être gardé et protégé. Ce formulaire pourrait être utilisé comme document d'identification pour l'inscription des membres de la famille inclus dans le document. Il est à noter que le HCNUR a un document interne précisant le processus de vérification.

Les options pour inscrire les réfugiés actuellement à l'extérieur de l'Afghanistan ont été soulignées dans un document de la mi-février sur l'inscription des électeurs et sont basées sur les processus d'inscription et d'élection menés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Kosovo et au Timor-Oriental à l'aide d'une part de formalités effectuées dans le pays (centres fixes et équipes itinérantes) et d'autre part de formalités postales. Une discussion avec le coordonnateur régional principal du HCNUR pour le rapatriement, Salvatore Lombardo, n'a fait que confirmer les nombreuses difficultés à affronter, particulièrement au Pakistan, par rapport à l'inscription des électeurs. Un organisme comme l'OIM qui connaît bien la situation des réfugiés afghans dans chaque pays et qui possède l'expérience de tels programmes aidera à surmonter les nombreuses difficultés qui se présenteront au cours de la prochaine élection. Si la commission électorale indépendante prend la décision de procéder elle-même, entièrement ou partiellement, à l'inscription des électeurs hors de l'Afghanistan tout en gérant le processus électoral de l'intérieur, il est très important qu'elle comprenne l'ampleur et la complexité de la tâche et que suffisamment de ressources expérimentées y soient affectées.

Le HCNUR a établi une unité d'information de la population qui distribue de l'information aux camps et aux groupes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Afghanistan. L'unité est coordonnée par Salmaz Dabiri et peut être utilisée par la commission électorale indépendante pour distribuer l'information éducative pertinente aux processus d'inscription et d'élection, et pour aider à d'autres aspects comme le recrutement du personnel d'inscription et d'élection qualifié dans le pays.

5.  Nomades – Kuchi

La participation des Kuchi à l'inscription des électeurs nécessitera des stratégies particulières tenant compte des tendances migratoires des divers groupes et tribus. Il y a deux types de Kuchi en Afghanistan : nomades et semi-nomades. Les groupes nomades ont du bétail mais pas d'habitation fixe et ils migrent selon la saison; les groupes semi-nomades ont du bétail et une habitation fixe dans un endroit mais, avec une partie du groupe familial, ils déplacent le bétail vers des pâturages en montagne au cours de l'été. La population totale des Kuchi en Afghanistan est probablement d'environ 1 500 000, mais après trois années de sécheresse consécutives et la perte conséquente de bétail, une grande proportion d'entre eux peuvent ne pas migrer pour trouver des pâturages.

Le bien-être des Kuchi relève de trois organismes :

L'Unité de la vulnérabilité, de l'analyse et de la cartographie (UVAC) du PAM a produit une étude sur la vulnérabilité des pasteurs (Frauke de Weijer) contenant beaucoup d'information pertinente et utile concernant les Kuchi. L'UVAC a également produit une carte des mouvements migratoires. Pour obtenir de l'information plus détaillée sur les Kuchi, communiquez avec Abdul Zuhoor Mehri de l'UVAC. La coordonnatrice de l'UVAC est Frauke de Weijer mais elle était hors du pays lorsque ce document a été préparé.

En résumé, les mouvements migratoires suivants s'appliquent aux Kuchi. Les Kuchi qui migrent ont des pâturages d'hiver et d'été désignés pour leur bétail. Les pâturages d'hiver, d'octobre à mars, sont dans les provinces de Kandahar, Helmand, Nimroz, Farah, Herat, Nangarhar, Laghman, Khost et Kunar. En mars et avril, les Kuchi migrent avec leur bétail vers les pâturages d'été en montagne. En général, les Kuchi des provinces de Kandahar, Khost et Helmand migrent dans les provinces de Ghazni et Zabul. Ceux des provinces de Farah et Herat vont dans les provinces de Ghor et Logar, et ceux des provinces de Nangarhar, Laghman et Kunar vont dans les provinces de Logar, Kabul, Kapisa, Parwan, Wardak et Bamyan.

Ces migrations nécessitent entre un mois et un mois et demi. Il est à noter qu'il y a certains problèmes de migration car, bien que les Kuchi aient des pâturages désignés, d'autres groupes comme les Hazara (les groupes originaux des terres désignées) résistent maintenant à la migration des Kuchi sur ces terres.

Chaque tribu nomade a un chef (malik). Les réunions (shura jirga) avec les maliks pour discuter des possibilités quant au moment et au lieu de l'inscription des électeurs peuvent être organisées par l'UVAC du PAM (Abdul Zuhoor Meri) ou par le sous-ministre des Affaires tribales, M. Babrakzai. Toute stratégie pour inscrire les Kuchi nécessitera la coopération des maliks pertinents. Les maliks peuvent autoriser, par exemple, qu'une tribu demeure en un seul lieu pour une certaine période pendant que l'inscription se déroule. Les bergers de la tribu continueraient de déplacer le bétail vers les pâturages frais, au besoin, pendant cette période. Il pourrait être nécessaire d'entreprendre l'inscription des Kuchi après l'inscription des autres électeurs dans d'autres parties du pays (très probablement au cours des mois d'été), à cause des mouvements migratoires. Les équipes d'inscription itinérantes pourraient entreprendre l'inscription, avec les conseils des maliks pertinents, au moment du pâturage en basse terre (après octobre) et avant la migration vers le pâturage en montagne (avant mars). Cette décision dépendra du fait que l'accès aux pâturages d'hiver en hauteur aura pu être difficile à cause de la géographie et des conditions routières.

6.  Saisie des données et technologie de l'information

Si un système manuel est utilisé pour l'inscription des électeurs sur place en Afghanistan, un centre pour la saisie des données à utiliser pour la production du registre provisoire et du registre final des électeurs et des rapports connexes devrait être établi à Kaboul, ou les données devraient être transportées dans une installation existante hors de l'Afghanistan.

Il n'existe pas à Kaboul un centre de données opérationnel ayant une capacité suffisante. L'installation qui s'en approche le plus est une unité désuète et non opérationnelle au ministère de la Reconstruction. Le Bureau central des statistiques (BCS) responsable du recensement recherche actuellement du financement pour moderniser l'installation selon les normes internationales pour pouvoir traiter les données du recensement. La modernisation comprend 80 à 100 micro-ordinateurs utilisant seulement un réseau interne pour des raisons de sécurité des données. La modernisation comprend des salles séparées pour les serveurs, des imprimantes haute vitesse et un approvisionnement électrique continu assuré au moyen de génératrices réservées à cette fin.

On attend une décision du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) quant au financement. Le temps est un facteur dans toute décision d'essayer d'utiliser cette installation pour traiter les données de l'inscription. Même si une décision sur le financement était prise aujourd'hui, il faudrait très probablement trois à quatre mois avant que l'installation soit opérationnelle. Ce délai comprend la modernisation de l'espace selon les normes des centres de calcul, l'achat et l'installation du matériel informatique et, aspect très important, le recrutement et la formation du personnel local selon une norme d'exactitude de l'entrée des données, personnel nécessaire pour saisir les données du recensement préalable et de l'inscription des électeurs.

Le gouvernement de l'Afghanistan devrait également établir les priorités de l'utilisation du temps de l'installation entre le recensement préalable et l'inscription des électeurs. Il est entendu que le BCS aura besoin d'une proportion de la capacité du centre. La commission électorale indépendante pourrait souhaiter établir un partenariat financier avec le BCS pour les frais de modernisation afin d'avoir accès à l'installation. La personne-ressource pour les discussions à venir sur l'avenir de l'installation est Graham Jones du BCS.

La solution de rechange à cette installation est que les données soient transférées dans une installation existante hors de l'Afghanistan. Il existe un précédent de cette approche : les données de l'élection du Kosovo ont été traitées en Inde et celles du Timor-Oriental, en Australie. Toutefois, cette approche soulève des questions de contrôle et de sécurité des données ainsi que de qualité du produit, qui nécessitent d'être surveillées si l'on veut que cette sous-traitance réussisse.

Enfin, ce serait à l'avantage de la commission électorale indépendante d'instituer, aussitôt que possible, une analyse des besoins de TI pour la programmation et le traitement de l'inscription des électeurs. Une bonne TI est essentielle au succès de la saisie et du traitement des données, et elle permet une affectation précise et complète des électeurs aux centres de scrutin et la production rapide des registres (provisoire et final) des électeurs. L'évaluation de la TI devrait également mettre l'accent sur les problèmes de fraude lors de l'inscription des électeurs, par exemple les inscriptions multiples et des problèmes comme les données en doubles ou manquantes.

7.  Personnes handicapées

Le bien-être des personnes handicapées en Afghanistan est la responsabilité du ministère des Martyrs et des Personnes handicapées. Lors d'une réunion avec le ministre, Abdullah Wardak, il est vite devenu évident que le ministère n'a pas les ressources pour aider les personnes handicapées. Le ministère tente d'inscrire les personnes handicapées (l'estimation de l'ONU se situe entre 800 000 et 900 000), mais à ce jour, il n'a inscrit que 60 000 personnes. Toutefois, la validité d'un pourcentage de ces inscriptions pose un doute, car certains inscrits peuvent ne pas être handicapés dans la réalité et se sont inscrits en croyant qu'ils peuvent éventuellement recevoir une prime financière. Le ministre a demandé une discussion avec le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) chargé du Programme de services complets aux handicapés afghans, qui travaille en étroite collaboration avec le ministère et qui a plus de capacités et de connaissance des personnes handicapées que le ministère lui-même. Le responsable de ce programme est Majid Turmusani. Ce programme est actif dans six provinces.

D'autres organisations travaillent également dans les provinces. Le Centre d'action des mines pour l'Afghanistan de l'UNOPS est actif dans la plupart des provinces. La personne-ressource pour obtenir de l'information sur la distribution des organisations travaillant avec les personnes handicapées dans les provinces est Mohammad Qasim, du centre d'action des mines pour l'Afghanistan. Une carte montrant la distribution actuelle des organisations travaillant avec les personnes handicapées dans les provinces figure en annexe.

On devrait communiquer avec ces organisations au niveau régional, provincial et des districts. Le contact local est le meilleur moyen de déterminer comment l'information sur le processus d'inscription et le processus électoral pour les personnes handicapées peut être diffusée.