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Perspectives électorales – Les personnes handicapées et les élections

Perspectives électorales – Avril 2004

Table ronde sur les jeunes Autochtones et le processus électoral fédéral

Le 17 janvier 2004, Élections Canada a organisé, en partenariat avec le Canadian Centre for Indigenous Research, Culture, Language and Education (CIRCLE), une table ronde sur les jeunes Autochtones et le processus électoral fédéral, à l'Université Carleton, à Ottawa. La majorité des 27 participants était constituée de jeunes Autochtones, dont la plupart représentaient une des associations autochtones nationales.

Séance d'ouverture

La table ronde a débuté par une prière de Gordon Williams, un aîné de la Première nation de Peguis.

John Medicine Horse Kelly, codirecteur de CIRCLE et coprésident de la table ronde, a fait observer que cette initiative montre que la question de la participation électorale des Autochtones obtient l'attention qu'elle mérite. Val Courchene, fondatrice des conférences Dreamcatcher pour les jeunes Autochtones et coprésidente de la table ronde, a déclaré qu'elle était honorée de prendre part à cette activité.

Le directeur général des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley, a fait une allocution d'ouverture informelle. Il a mentionné que les recherches existantes indiquent que, malgré les enjeux considérables que, selon lui, les élections présentent pour les Autochtones, les taux de participation de ces derniers aux scrutins fédéraux sont plus faibles que ceux de la population dans son ensemble. Dans ce contexte, il a signalé que les taux de participation lors des référendums parrainés par les Cris et les Inuits dans le Nord du Québec avant le référendum sur la souveraineté du Québec de 1995 étaient assez élevés. Il a ajouté que, si les jeunes Autochtones participaient en grand nombre, les représentants élus les écouteraient. Monsieur Kingsley a aussi expliqué qu'Élections Canada a élaboré plusieurs programmes visant à améliorer l'accessibilité du processus électoral aux Autochtones, et que certaines améliorations seraient en place pour la prochaine élection générale fédérale. Cependant, un effort à plus long terme est requis, en collaboration avec les communautés autochtones, surtout en ce qui concerne l'éducation sur le processus électoral.

Exposés sur les Autochtones et la participation électorale

Kiera Ladner, du département de science politique de l'Université de Western Ontario, a discuté des raisons pour lesquelles un nombre important d'Autochtones ne votent pas aux élections fédérales. Elle a révélé qu'elle n'avait pas voté par le passé en raison de son interprétation des traités et de sa conviction d'appartenir à une nation qui « relève du Canada par défaut ». À son avis, pour certains jeunes Autochtones, voter aux élections fédérales équivaudrait à collaborer avec une « nation étrangère ». Elle a toutefois ajouté qu'un grand nombre d'Autochtones ne partagent pas ce point de vue. Elle n'a pas proposé de réponse précise à ces positions divergentes, mais a indiqué qu'un processus de dialogue était nécessaire à l'accroissement de la participation autochtone.

L'exposé suivant a été présenté par Jaime Koebel, ancienne présidente du Conseil des jeunes Autochtones de l'Association nationale des centres d'amitié, et étudiante à la maîtrise à l'Université Carleton. Elle a fait remarquer que, compte tenu d'événements historiques tels que le refus d'accorder à certains membres des Premières nations le droit de vote aux élections fédérales jusqu'en 1960, il n'est pas surprenant que des jeunes Autochtones ne votent pas. Cependant, ceci ne veut pas dire qu'ils sont indifférents aux autres activités politiques. Elle a dit qu'elle votait chaque fois qu'elle estime que ce geste peut faire une différence. Elle a indiqué que les jeunes Autochtones forment une collectivité qui s'accroît rapidement et que, par conséquent, ils ont beaucoup de pouvoir. Elle a énuméré un certain nombre de changements constatés au sein de l'Association nationale des centres d'amitié (ANCA) depuis le milieu des années 1980, et elle a ajouté que les jeunes représentent maintenant le tiers des votes à l'assemblée de l'ANCA. En guise de conclusion, elle a déclaré aux participants que « [leurs] idées [pouvaient] générer des changements profitables ».

Groupes de discussion

À la suite des séances initiales, les participants se sont divisés en deux groupes de discussion et ont abordé les questions suivantes :

  1. Obstacles au vote des jeunes Autochtones : Quels facteurs découragent les jeunes Autochtones de voter lors des élections fédérales? Qu'est-ce qu'Élections Canada et les communautés autochtones peuvent faire pour réduire ces obstacles?
  2. Pourquoi les jeunes Autochtones devraient-ils voter? Qu'est-ce qu'Élections Canada et les communautés autochtones peuvent faire pour favoriser la compréhension du processus électoral fédéral chez les jeunes Autochtones et l'intérêt de ceux-ci à son égard?

À la suite de ces discussions, les participants se sont réunis de nouveau pour écouter le compte rendu des observations et des suggestions de chaque groupe. Les points présentés ci-dessous, tirés des comptes rendus des deux groupes, ont été regroupés en fonction de certains thèmes.


Le directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley, et les participants à la table ronde sur les jeunes Autochtones et le processus électoral fédéral.

Obstacles au vote des jeunes Autochtones

Les participants ont cerné plusieurs raisons en vue d'expliquer pourquoi une proportion importante de jeunes Autochtones ne votent pas lors des élections fédérales.

Relations avec le gouvernement fédéral et les partis politiques :

Éducation et information sur le processus électoral fédéral :

Représentation au sein des partis politiques et du Parlement :

La plupart des réponses à la question « pourquoi les jeunes Autochtones doivent-ils voter? » tombaient dans l'une ou l'autre de deux catégories. Un certain nombre de participants étaient d'avis que les jeunes Autochtones devraient voter parce que le gouvernement fédéral prend des décisions qui ont une incidence sur la qualité de vie de leur famille et de leur communauté. D'autres participants estimaient que les jeunes Autochtones ne devraient pas voter parce qu'ils ne font pas confiance au gouvernement fédéral. Ces participants ont ajouté que la meilleure façon pour les jeunes Autochtones d'influencer le gouvernement consiste à s'investir au sein de leurs propres organisations; à leur tour, celles-ci peuvent obtenir des résultats tangibles en exerçant des pressions politiques sur les députés et le gouvernement.

Mesures que pourraient prendre Élections Canada et les communautés autochtones

Présence et participation au sein des communautés autochtones :

Éducation et information sur le processus électoral :

Communications et publicité :

Partis politiques :

Accessibilité :

La représentation parlementaire et le système électoral :

Communautés autochtones :

Autres :

Discussion finale


Des participants à la table ronde sur les jeunes Autochtones et le processus électoral fédéral font un compte rendu de leur discussion en groupe.

Au cours de la dernière séance de la table ronde, chaque participant a été invité à dire ce qu'il avait appris durant la journée et à formuler des suggestions particulières.

Une participante a fait observer que, pour mieux comprendre les obstacles au vote, il serait important de rencontrer les jeunes Autochtones sur le terrain. Elle a ajouté qu'il était important d'expliquer au gouvernement qu'il existe des obstacles extérieurs au processus électoral qui découragent les jeunes Autochtones de voter.

Un participant a fait remarquer qu'on considère comme fondement de la démocratie le droit des personnes de choisir leur propre destinée et que le choix de ne pas voter constitue un exercice des droits démocratiques. Selon un autre participant, la décision de voter ou non est un choix personnel, mais il est important de rendre le système accessible et de donner la possibilité de voter à tous ceux qui le désirent.

Une des participantes a précisé que le vote n'est pas la seule façon de susciter des changements politiques. Elle a souligné l'importance du travail au sein des associations autochtones, qui peuvent faire une différence grâce à leurs pressions politiques et autres efforts.

Plusieurs participants ont dit qu'ils étaient heureux qu'Élections Canada ait créé cette occasion de réunir des jeunes Autochtones et de les écouter. Un des participants a exprimé le souhait qu'Élections Canada poursuive le dialogue.

Madame Courchene a indiqué qu'elle avait tiré deux conclusions des discussions de la table ronde : 1) l'importance de l'éducation; 2) la nécessité de se réunir et d'amorcer le processus de guérison, afin que les jeunes Autochtones puissent passer à une nouvelle étape.

Monsieur Kingsley a rappelé que les Autochtones du Canada ont le droit de vote, tout comme le reste de la population. À son avis, cette expression de l'égalité, le droit de vote, ne concerne pas seulement les personnes mais la société dans son ensemble. Il a affirmé qu'il considérait comme un enrichissement personnel l'apport de tous les participants, et que les activités telles que cette table ronde « ouvraient la porte à de vrais changements ».

Enfin, M. Williams a salué la « qualité et la vitalité » des jeunes qui étaient présents. Il a affirmé que la discussion lui avait beaucoup appris et qu'il transmettrait ses nouvelles connaissances aux autres par l'enseignement. Dans une perspective tournée vers l'avenir, il a ajouté que « si le résultat est le même, la différence, c'est peut-être vous ».

Note : 

Les opinions exprimées par les auteurs ne reflètent pas nécessairement celles du directeur général des élections du Canada.