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Perspectives électorales – La participation électorale des groupes ethnoculturels

Perspectives électorales – Décembre 2006

Participation politique des immigrants dans quatre démocraties d'origine anglaise

Antoine Bilodeau
Professeur adjoint, Département de science politique, Université Concordia

Mebs Kanji
Professeur adjoint, Département de science politique, Université Concordia

Depuis les années 1960, les immigrants qui s'installent au Canada et dans d'autres démocraties occidentales viennent surtout de pays dont la culture politique diffère considérablement de celle de leur pays d'accueil. Le présent article vise à déterminer si les nouvelles vagues d'immigrants venus s'installer au Canada et dans trois autres démocraties d'origine anglaise (États-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande) développent un intérêt pour la politique du pays d'accueil, y prêtent attention et la connaissent. Ce bref exposé de la participation politique des immigrants tire des conclusions rassurantes. Les nouvelles vagues d'immigrants réussissent à s'adapter. Ils s'intéressent à la politique, y prêtent attention et la connaissent dans la même mesure que les natifs du pays hôte. Ces résultats ne sont pas uniques au Canada, mais s'observent aussi dans les trois autres démocraties étudiées.

Le visage de l'immigration a beaucoup changé dans les démocraties occidentales depuis les années 1960, et le Canada ne fait pas exception. Avant ce tournant, les immigrants venaient surtout d'Europe de l'Ouest, du Nord et du Sud, alors qu'aujourd'hui ils arrivent plutôt d'Europe de l'Est et centrale, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Certains éléments portent à croire qu'il est plus difficile pour ces derniers, nés pour la plupart dans un pays dont la culture politique est très différente – voire non démocratique – de s'adapter à un nouveau contexte politique que ce le fut pour leurs prédécesseurs, venus de démocraties dont la culture politique ressemblait à celle de leur pays d'accueil.

Cet article se penche sur la façon dont les immigrants venant de pays non traditionnels s'adaptent à un nouveau contexte politique. Trois questions déterminantes y sont posées. D'abord, dans quelle mesure les immigrants s'intéressent-ils à la politique de leur pays d'adoption? Puis, dans quelle mesure portent-ils attention à l'actualité politique présentée dans les médias? Finalement, que connaissent-ils de la politique de leur pays d'accueil? On y compare la participation politique des immigrants venus de pays non traditionnels à celle de leurs prédécesseurs et des natifs du pays d'accueil. Il y est essentiellement question des immigrants venus s'installer au Canada. La deuxième partie de l'article fait une brève comparaison des situations qui règnent au Canada et dans d'autres démocraties d'origine anglaise, soit les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dont l'immigration a connu un virage semblable.

Cette enquête repose sur des études électorales réalisées dans chacun des pays précités note 1. De telles études, lorsqu'elles couvrent plusieurs années, constituent un riche filon pour étudier les orientations et les comportements politiques des immigrants. En revanche, ce genre de données ne permet pas d'étudier la façon dont ils s'adaptent à un nouveau contexte politique dès leur arrivée dans le pays d'adoption. Les échantillons utilisés dans le cadre des études électorales sont représentatifs, et ils ont été obtenus à partir d'un processus aléatoire. Ainsi, les immigrants inclus dans les échantillons vivaient dans leur pays d'accueil depuis plusieurs années. Par exemple, les immigrants venus s'installer au Canada y vivaient en moyenne depuis 31 ans au moment de l'échantillonnage. Par conséquent, l'analyse met l'accent sur les immigrants présumés établis, qui ne sont plus en train de s'adapter à leur société d'accueil. En outre, un écart important sépare les deux échantillons d'immigrants venus s'installer au Canada. En effet, ceux venus de pays traditionnels y vivaient en moyenne depuis 38 ans, alors que ceux venus de pays non traditionnels y vivaient en moyenne depuis 24 ans. Malgré son ampleur, cet écart n'explique pas la plupart des divergences observées en ce qui a trait à la participation politique des deux groupes d'immigrants note 2.

Pourquoi se soucier de la participation politique des immigrants?

Peu de travaux ont porté sur l'adaptation des immigrants à un nouveau contexte politique. Après tout, pourquoi faudrait-il se soucier de leur participation politique? S'il était certain que les besoins et les préférences des immigrants sont déjà bien représentés au sein de la société d'accueil, cette préoccupation ne revêtirait pas une importance aussi grande. Or, puisque les nouvelles vagues d'immigrants proviennent de sociétés très différentes, on suppose que leurs besoins et leurs préférences sont aussi différents de ceux de leurs prédécesseurs et des natifs du pays d'adoption. Il est tout à fait possible, donc, que les immigrants venus de pays non traditionnels ne voient pas leur point de vue représenté comme il se doit dans leur société d'accueil s'ils ne participent pas au processus politique.

La participation politique, qu'il s'agisse de voter, de participer à des réunions politiques ou de travailler pour un parti ou un candidat local, dépend d'une multitude de facteurs importants, dont l'intérêt pour la politique, l'accès à l'information et la connaissance de la politique note 3. Sans ces conditions essentielles, le citoyen n'a pas l'élan nécessaire pour prendre part à la vie politique et il ne peut faire le lien entre ses besoins et préoccupations et les meilleurs choix à faire pour produire les résultats espérés. Lorsqu'on examine la façon dont les immigrants s'adaptent au contexte politique de la société d'accueil, il faut commencer par l'intérêt qu'ils portent à la politique et l'étendue de leurs connaissances à ce sujet.

L'intérêt pour la politique canadienne

La figure 1 illustre que les immigrants n'affichent pas le même intérêt pour la politique. En effet, ceux venant de pays traditionnels s'intéressent davantage à la politique que ceux venant de pays non traditionnels. Fait étonnant, ces deux groupes semblent s'intéresser davantage à la politique que les Canadiens de naissance. Plus précisément, sur une échelle de 0 à 100, où 0 indique un faible intérêt pour la politique et 100, un intérêt élevé pour celle-ci, l'intérêt moyen chez les immigrants venant de pays traditionnels se situe à 67. Dans le cas des immigrants venant de pays non traditionnels, il se situe à 59, alors que chez les Canadiens de naissance, il se situe à 56.

Figure 1
Intérêt pour la politique et les élections

Figure 1 Intérêt pour la politique et les élections

Source : Études électorales canadiennes de 1993, 1997, 2000 et 2004 (échantillon – répondants nés au Canada, n = 10 139; immigrants de pays traditionnels, n = 694; immigrants de pays non traditionnels, n = 569)
* La différence avec les répondants nés au Canada est significative à un niveau d'au moins 0,10 (test t).

Les résultats relatifs à l'intérêt pour les élections ressemblent beaucoup aux résultats précités. Les immigrants arrivés de pays non traditionnels manifestent un intérêt moins marqué pour les élections que ceux arrivés de pays traditionnels, mais légèrement plus marqué que les Canadiens de naissance. On peut donc conclure à des tendances semblables, qu'il s'agisse de l'intérêt porté à la politique en général ou à un volet spécifique de celle-ci.

Attention portée à l'actualité politique présentée dans les médias

Avant de s'impliquer sur la scène politique, il faut d'abord s'intéresser à la politique. Cela dit, il faut aussi être bien informé. Le prochain volet de l'analyse porte donc sur l'attention que les Canadiens portent à l'actualité politique.

La figure 2 montre que les immigrants, toutes catégories confondues, portent une attention égale ou supérieure à l'actualité politique que ne le font les Canadiens de naissance, et ce, quel que soit le médium – la télévision, les journaux ou la radio. Cela dit, les résultats montrent aussi que, en général, les immigrants venant de pays traditionnels portent une plus grande attention à la politique que ceux issus de pays non traditionnels.

Figure 2
Attention portée à l'actualité politique présentée dans les médias

Figure 2 Attention portée à l'actualité politique présentée dans les médias

Source : Études électorales canadiennes de 1993, 1997, 2000 et 2004 (échantillon – répondants nés au Canada, n = 11 906; immigrants de pays traditionnels, n = 819; immigrants de pays non traditionnels, n = 615)
* La différence avec les répondants nés au Canada est significative à un niveau d'au moins 0,10 (test t).


Au moyen de diverses sources d'information, les immigrants, et surtout ceux venant de pays traditionnels, s'intéressent autant – sinon plus – à la politique et aux élections que les Canadiens de naissance.

Par ailleurs, les données révèlent que la plupart des Canadiens, peu importe où ils sont nés, privilégient les mêmes médias pour se tenir au courant de l'actualité politique : la télévision d'abord, puis les journaux, suivis de la radio. Plus précisément, sur une échelle de 0 à 100, où 0 indique une faible attention portée à l'actualité politique et 100, une attention élevée à celle-ci, l'attention moyenne portée par les Canadiens de naissance se situe à 55 dans le cas de la télévision, à 43 dans le cas des journaux et à 40 dans le cas de la radio. De la même façon, l'attention moyenne portée par les immigrants venus de pays traditionnels en fonction des médias se situe respectivement à 62, 53 et 48. Dans le cas des immigrants venus de pays non traditionnels, elle se situe à 58, 48 et 42 respectivement.

Autre résultat intéressant, les Canadiens de naissance se classent derrière les immigrants en ce qui a trait à l'attention portée à l'actualité politique présentée dans les médias, et l'écart le plus marqué s'observe lorsqu'il est question des journaux. Ce résultat est d'autant plus intéressant que les journaux constituent une riche mine d'information, notamment en termes d'analyses et de contenu éditorial. Les données suggèrent que non seulement les immigrants se tiennent davantage au courant de l'actualité politique, mais ils s'alimentent à partir de sources de qualité supérieure.

Connaissance de la politique canadienne

Les résultats présentés jusqu'à présent indiquent que les immigrants de pays non traditionnels ne sont ni moins intéressés ni moins attentifs à l'égard de la politique que leurs concitoyens nés au Canada. Mais, qu'en est-il de la connaissance de la politique?

Pour mesurer cet aspect, nous avons demandé aux répondants de nommer diverses personnalités politiques, telles que le ministre des Finances à Ottawa, le premier ministre de la province du répondant, et la première femme première ministre fédérale. Les cotes moyennes obtenues sont données à la figure 3, sur une échelle de 0 (faible connaissance de la politique canadienne) à 100 (grande connaissance) note 4.

Figure 3
Connaissance de la politique canadienne

Figure 3 Connaissance de la politique canadienne

Source : Études électorales canadiennes de 1997, 2000 et 2004 (échantillon – répondants nés au Canada, n = 6 831; immigrants de pays traditionnels, n = 462; immigrants de pays non traditionnels, n = 350)
La différence entre les immigrants – tant non traditionnels que traditionnels – avec les personnes nées au Canada n'est pas statistiquement significative.

Il est surprenant de constater que, s'ils sont plus intéressés et attentifs à l'égard de la politique, les immigrants n'en ont pas une meilleure connaissance que les personnes nées au pays. En effet, on ne voit pas de grande différence entre les niveaux de connaissance des trois groupes de répondants : ceux nés au Canada obtiennent une cote moyenne de 49, les immigrants de pays traditionnels, 51, et ceux de pays non traditionnels, 47. On peut donc dire que les immigrants, y compris ceux des pays non traditionnels, ne sont pas plus ignorants des noms des personnalités politiques que leurs concitoyens nés au Canada. Il est frappant que, malgré leur haut niveau d'intérêt politique et d'attention à l'endroit des médias (surtout les journaux), les immigrants n'atteignent pas un niveau de connaissance plus élevé. En fait, leur connaissance serait peut-être encore plus basse si ce n'était de leur intérêt et de leur attention. Cette question demande une étude plus approfondie.

Intérêt pour la politique dans quatre démocraties d'origine anglaise

Les résultats présentés ci-dessus donnent à penser que les immigrants de pays non traditionnels s'adaptent remarquablement bien à leur nouveau contexte politique, même si celui dont ils proviennent est très différent. Cependant, le Canada n'est pas le seul pays à accueillir un grand nombre d'immigrants. Les personnes qui immigrent dans d'autres démocraties d'origine anglaise (en l'occurrence les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande) s'adaptent-elles aussi bien à leur nouvel environnement politique?

Vu les limites d'espace, notre analyse se limite ici à la question de l'intérêt pour la politique, mais même ce cadre restreint révèle des aspects intéressants. Premièrement, selon les données transnationales de la figure 4, les Canadiens – de naissance ou immigrants de pays traditionnels ou non – sont parmi les peuples les moins intéressés par la politique. Seuls les immigrants aux États-Unis ont un niveau d'intérêt inférieur à celui des immigrants canadiens.

Figure 4
Intérêt pour la politique dans quatre démocraties d'origine anglaise

Figure 4 Interest in Politics in Four Anglo-Democracies

Sources : Études électorales canadiennes (1993-2004), Études électorales américaines (1986-2000), Études électorales australiennes (1993-2004), Études électorales néo-zélandaises (1990-2002)

Deuxièmement, on constate que l'écart entre les immigrants et les personnes nées au pays est particulièrement élevé au Canada, par rapport aux trois autres pays. Selon la figure 5, les personnes immigrantes de pays traditionnels sont plus intéressées par la politique que celles nées au pays, et celles des pays non traditionnels le sont habituellement à peu près autant que ces dernières. Mais, dans le cas du Canada, l'écart entre l'intérêt des immigrants de pays traditionnels et celui des personnes nées au pays est particulièrement grand : 11 points, contre 5 en Nouvelle-Zélande, 4 aux États-Unis et 1 en Australie. Fait notable, le Canada est le seul des quatre pays où les immigrants de pays non traditionnels témoignent d'un plus grand intérêt que les personnes nées au pays; l'écart dans leur cas est toutefois moins important.

Figure 5
Intérêt pour la politique dans quatre démocraties d'origine anglaise (comparaison des immigrants et des personnes nées au pays)

Figure 5 Intérêt pour la politique dans quatre démocraties d'origine anglaise (comparaison des immigrants et des personnes nées au pays)

Sources : Études électorales canadiennes (1993-2004), Études électorales américaines (1986-2000), Études électorales australiennes (1993-2004), Études électorales néo-zélandaises (1990-2002)
* La différence avec les répondants nés au Canada est significative à un niveau d'au moins 0,10 (test t).

Une jeune femme travaille comme préposée à l'information à un bureau de scrutin d'Ottawa, à l'élection de 2006.

Diverses raisons peuvent expliquer ces résultats. Premièrement, les immigrants du Canada peuvent sembler plus intéressés par la politique que ceux des autres démocraties d'origine anglaise simplement parce que les populations nées dans ces dernières ne sont pas aussi indifférentes à la politique que les Canadiens de naissance. Deuxièmement, les écarts constatés peuvent être liés à la composition différente des populations immigrantes selon les pays. En effet, les immigrants, mêmes divisés en deux sous-catégories (pays traditionnels et pays non traditionnels), ne forment pas un ensemble homogène; ils diffèrent par leurs horizons démographiques et expériences de socialisation. Finalement, les immigrants du Canada sont peut-être mieux intégrés à leur pays d'adoption sur les plans de l'éducation, du revenu et de l'emploi – autant de facteurs associés à l'intérêt pour la politique. Ces hypothèses mériteraient une étude plus approfondie note 5.

Conclusion

De nouveaux immigrants s'établissent au Canada et dans les autres démocraties, et ils proviennent de cultures politiques très différentes de celle de leur pays d'adoption. Nous nous attendions donc à ce qu'ils éprouvent de la difficulté à s'y adapter. Sans aller jusqu'à croire que ces nouveaux arrivants restaient à jamais apolitiques, nous pensions qu'ils seraient plus indifférents envers la politique que les immigrants des pays plus traditionnels ou que les populations nées au pays. Or, le présent article révèle une réalité tout autre. S'il est vrai que les immigrants de pays non traditionnels qui vivent dans leur pays d'adoption depuis plus de deux décennies en moyenne ne s'impliquent pas autant que ceux en provenance de pays traditionnels, ils le sont à tout le moins autant que les populations nées au pays. Bref, les immigrants de pays non traditionnels semblent autant intéressés par la politique, attentifs à l'actualité dans ce domaine et au courant du monde de la politique que leurs concitoyens nés et formés dans la société hôte.

Devons-nous conclure de ces résultats que les nouvelles vagues d'immigrants s'adaptent bien au contexte politique de leur société d'accueil après une période d'acclimatation suffisamment longue? À ce stade de l'analyse, cette conclusion serait prématurée. Le présent article permet d'être optimiste, mais la route qui mène à l'intégration politique, au Canada ou dans les autres démocraties d'origine anglaise, est longue et complexe. Des questions fondamentales n'ont pas encore de réponse, telles que : de quelle période d'acclimatation les nouveaux arrivants ont-ils besoin avant de s'impliquer en politique; quels obstacles doivent-ils surmonter préalablement; quelle forme leur intérêt politique prend-il, ou peut-il prendre? Toutes ces questions, et bien d'autres, restent encore à examiner. Elles sont essentielles non seulement à la vitalité de notre démocratie, mais à l'expression politique d'une proportion grandissante de nouveaux Canadiens.

Notes

Note 1 Plusieurs études ont été rassemblées : Canada : 1993-2004; États-Unis : 1986-2000; Australie : 1993-2000; Nouvelle-Zélande : 1990-2002. L'échantillon combiné qui représente le Canada compte 12 267 personnes nées au pays, 850 immigrants venant de pays traditionnels et 631 de pays non traditionnels. Dans le cas des États-Unis, l'échantillon en compte respectivement 9 922, 153 et 395; dans le cas de l'Australie 7 938, 1 596 et 964; et dans le cas de la Nouvelle-Zélande 15 785, 2 372 et 529.

Note 2 Le fait que la plupart des immigrants aient vécu pendant plusieurs années dans leur pays d'adoption ne signifie pas qu'ils sont plus âgés que les natifs de ce même pays. L'âge moyen des immigrants venant de pays traditionnels et non traditionnels est de 55 et 46 ans respectivement, alors que celui des natifs est de 45 ans. Selon les analyses à variables multiples, les différences d'âge n'expliquent pas les divergences observées chez les trois groupes de répondants à l'égard de la participation politique (résultats non présentés).

Note 3 Sidney Verba, Kay Lehman Schlozman et Henry E. Brady, Voice and Equality: Civic Voluntarism in American Politics, Cambridge (Massachusetts), Harvard University Press, 1995.

Note 4 Les cotes de 0 à 100 ont été attribuées selon le nombre de bonnes réponses données à une série de trois questions : 0 = aucune bonne réponse; 33 = une bonne réponse; 67 = deux bonnes réponses; et 100 = trois bonnes réponses. Les chiffres figurant à la figure 3 sont des moyennes.

Note 5 Les immigrants du Canada présentent-ils également des niveaux d'attention envers les médias et de connaissance de la politique plus élevés que ceux des immigrants des autres pays d'origine anglaise? Il est difficile de répondre à cette question vu le cadre modeste du présent article et les embûches de nature méthodologique. En effet, les autres pays étudiés n'offrent pas d'indicateurs satisfaisants de la connaissance politique, et la diversité des questions posées ne permet pas l'appréciation sûre du degré d'attention envers les médias. Toutefois, un survol des données indique, sur la question de l'attention pour la couverture politique dans les médias, l'écart entre les immigrants et la population née au pays n'est pas plus élevé au Canada que dans les autres pays étudiés (résultats non présentés). L'intérêt relativement plus élevé des immigrants du Canada pour la politique est donc d'autant plus étonnant.


Note : 

Les opinions exprimées par les auteurs ne reflètent pas nécessairement celles du directeur général des élections du Canada.