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Le rayonnement local lors de la 41e élection générale

Introduction

Élections Canada a lancé le Programme des agents de relations communautaires (ARC) en 2000. Le programme est un élément clé des activités de rayonnement d'Élections Canada dans l'ensemble des 308 circonscriptions. Il vise à faciliter l'accès au vote à des groupes cibles en éliminant les obstacles à l'inscription et au vote et en informant les électeurs. Les ARC travaillent auprès de cinq groupes cibles :

Les recherches montrent que ces groupes ont généralement plus de difficulté à voter et que certains d'entre eux votent moins aux élections fédérales que la population générale.

L'ARC travaille auprès d'un groupe particulier de sa circonscription. Il communique avec les membres de ce groupe cible pour :

L'ARC tient des kiosques d'information, fait des présentations, anime des discussions et distribue de la documentation. Plus précisément, il :

L'ARC vise à engager tous les membres du groupe cible dans le processus électoral. Il travaille avec le personnel électoral, les personnes-ressources de la communauté ainsi que divers organismes. Il doit comprendre l'histoire, la culture et les besoins de la population qu'il sert et connaître les intervenants importants liés au groupe cible.

Mais surtout, à titre de représentant d'Élections Canada, l'ARC doit rester politiquement neutre (impartial) et respecter la volonté des groupes cibles dans sa circonscription.

Le Programme des ARC à la 41e élection générale

Pour la 41e élection générale, Élections Canada a embauché 863 agents de relations communautaires, par rapport à 529 pour la 40e élection générale.

Pour la première fois à une élection générale, Élections Canada a embauché 300 ARC pour aider les administrateurs et les électeurs des résidences pour personnes âgées et des établissements de soins de longue durée à comprendre les modalités de l'inscription et du vote, en particulier l'acceptation de la carte d'information de l'électeur comme preuve d'identité et d'adresse.

Dans les communautés autochtones, 303 personnes ont été embauchées pour le Programme des aînés et des jeunes autochtones (PAJA), contre 349 à la 40e élection générale. Le jour du scrutin, ces personnes ont aidé les électeurs en leur expliquant le processus de vote, en répondant à des questions générales et en fournissant des services d'interprétation.

Les deux tableaux suivants indiquent le nombre d'ARC et de travailleurs du PAJA embauchés pour les 40e et 41e élections générales.

Nombre d'agents de relations communautaires embauchés, par groupe cible
  40e élection générale 41e élection générale
Jeunes 200 230
Communautés ethnoculturelles 143 129
Autochtones 154 164
Sans-abri 32 40
Personnes âgées 0 300
Total 529 863

Nombre de travailleurs embauchés pour le Programme des aînés et des jeunes autochtones
  40e élection générale 41e élection générale
Aînés 168 163
Jeunes 181 140
Total 349 303

Observations et recommandations

Cette section présente une synthèse des constatations principales et des recommandations qui s'y rapportent, regroupées en six catégories :

Le travail entre les élections

Une observation qui revient souvent est que le travail de rayonnement est plus difficile s'il se concentre en période électorale, de la délivrance du bref au jour de l'élection.

Selon les ARC, il faut beaucoup de temps pour solliciter les intervenants, les amener à obtenir l'approbation de leur organisation et entretenir des relations significatives. La période électorale de cinq semaines est trop courte pour obtenir de bons résultats à cet égard (Rapport sommaire des ARC, p. 18).

Dans le cas des étudiants de niveau postsecondaire, la période électorale a coïncidé avec les examens, les travaux de fin de session ou le départ du campus. Ce n'était donc pas une période propice aux activités de rayonnement (Rapport sommaire des ARC, p. 21).

Les directeurs du scrutin affirment que pour assurer l'efficacité du rayonnement communautaire pendant une élection, de nombreuses activités doivent être accomplies avant le déclenchement de l'élection : préapprouver les voyages, recruter, orienter et former des ARC, établir des liens avec les administrateurs de résidences pour personnes âgées et d'établissements de soins de longue durée, travailler auprès des écoles, effectuer de la planification et des exercices avant le scrutin, et faire du rayonnement auprès des communautés (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 2 et 6).

Certains ARC croient aussi qu'il faudrait prévoir des activités en dehors de la période électorale. Certains parlent de programmes d'éducation électorale étalés sur toute l'année. D'autres réclament plus de temps pour établir des relations et faire connaître le Programme des ARC (Sondage auprès des ARC, diapo 18).

Les directeurs du scrutin affirment que la communication avec les administrateurs des réserves doit s'établir avant l'élection pour permettre de bâtir des relations de collaboration, élaborer des approches de rayonnement pour des groupes autochtones particuliers et obtenir l'accès aux réserves. Les directeurs du scrutin de certaines circonscriptions comptant plus de 20 réserves affirment que 36 jours ne suffisent pas aux activités de rayonnement (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 11).

Des directeurs du scrutin souhaiteraient que le rayonnement en milieu scolaire soit rendu permanent, par exemple par l'insertion dans le programme scolaire d'information sur le processus électoral (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 12).

Des remarques similaires ont été formulées par des représentants de résidences pour personnes âgées, d'établissements de soins de longue durée, de bureaux de conseil de bande et de résidences étudiantes. Selon eux, le fait d'entrer en contact plus tôt ou de donner un préavis faciliterait la planification (Sondage auprès des administrateurs, p. 20).

Un rayonnement limité aux 36 jours de la période électorale pose deux grands problèmes :

Les activités de rayonnement sont censées être fondées sur un plan d'action. Trois quarts des ARC ont trouvé le plan d'action utile (Sondage auprès des ARC, diapo 28). La majorité des ARC avaient un plan d'action. Ce plan n'était pas toujours très à jour ou très utile. Les coordonnées des personnes-ressources ne figuraient pas toujours dans le plan, ni ailleurs, comme références futures pour le personnel en région (Rapport sommaire des ARC, p. 17‑18).

Recommandations

La fonction de rayonnement dans les bureaux locaux d'Élections Canada

On constate beaucoup de chevauchements entre diverses fonctions, par exemple celles de l'agent de relations communautaires, de l'agent de révision ciblée et du coordonnateur des bulletins spéciaux, et à l'intérieur de la fonction de recrutement dans les bureaux locaux d'Élections Canada. Les directeurs du scrutin n'étaient pas toujours au courant de ces rôles et affirment que l'interprétation leur en revenait souvent. Ils estiment que même si leur rôle s'est précisé en cours de processus, ils ne disposaient pas toujours dès le départ de l'information ou de la formation nécessaire sur les différents rôles. Certains directeurs du scrutin soutiennent que ces activités pourraient être menées en équipe, par exemple par le superviseur de la révision et l'ARC sur le terrain, ou bien par l'ARC auprès des personnes âgées et le coordonnateur des bulletins spéciaux travaillant ensemble dans les résidences pour personnes âgées et les établissements de soins de longue durée (Session récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 12). Dans certaines régions, les ARC ne savaient pas très bien en quoi consistait leur rôle (Sondage auprès des ARC, diapo 5).

La plupart des directeurs du scrutin ont embauché le nombre d'ARC auxquels ils avaient droit. Lorsque des postes étaient laissés vacants, l'un des principaux motifs invoqués est que les directeurs du scrutin jugeaient que d'autres membres du personnel en région pouvaient mener les activités de rayonnement nécessaires (Enquête sur l'évaluation de la 41e élection générale).

Une remarque revient souvent : les intervenants externes ont souvent reçu de l'information de multiples sources à Élections Canada. Par exemple, près de la moitié des administrateurs de résidences pour personnes âgées et d'établissements de soins de longue durée qui ont obtenu de l'information auprès d'Élections Canada font état de quatre appels ou prises de contact, en moyenne. Environ la moitié du temps, ils n'ont pas pu indiquer à qui ils avaient eu affaire à Élections Canada (Sondage auprès des administrateurs, Rapport sommaire des ARC). À la 41e élection générale, c'est le directeur du scrutin qui décidait qui, de l'ARC ou du superviseur de la révision, allait communiquer avec ces administrateurs. Cette façon de faire peut créer de la confusion chez les intervenants externes. Elle ne favorise pas non plus les relations à long terme.

Certains ARC ont mené des activités de rayonnement en collaboration avec des collègues de circonscriptions voisines, par exemple quand un campus chevauchait deux circonscriptions. Toutefois, en général, il y a eu peu de coordination entre les circonscriptions ou les régions (Rapport sommaire des ARC).

Certains directeurs du scrutin suggèrent de créer d'autres postes d'ARC selon les besoins de la circonscription, par exemple un ARC à l'accessibilité ou un ARC auprès des personnes ayant une déficience mentale (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 11).

Recommandations

Le recrutement et la formation

Les directeurs du scrutin et les directeurs adjoints du scrutin sont presque unanimes à dire que le recrutement des ARC – et d'autres travailleurs électoraux – est une tâche très ardue. Le recrutement se fait à intervalles de quelques années pour une courte période. Même si on les recrute tôt, les personnes choisies peuvent être indisponibles au déclenchement de l'élection.

Les ARC ont un bagage diversifié de compétences et d'expérience. En général, l'ARC ne reçoit que peu ou pas de formation officielle, à part une rencontre avec le directeur du scrutin et/ou le directeur adjoint du scrutin qui lui donne un aperçu du poste, lui montre le plan d'action de rayonnement et la liste des personnes-ressources de la circonscription, et lui remet le Guide de l'ARC. Environ la moitié des ARC pensent qu'une formation plus poussée aurait été utile.

Si le pourcentage des ARC qui estiment que leurs responsabilités ne sont pas assez clairement définies a diminué (32 % en 2008), 18 % affirment toujours qu'il s'agit de leur problème principal comme ARC. En outre, 11 % estiment que les responsabilités de leur poste devraient être revues, ce qui, selon 8 % d'entre eux, pourrait améliorer le programme (Sondage auprès des ARC, diapos 13, 14 et 18).

Recommandations

Le rayonnement local favorisant l'accès au processus électoral

Motiver les électeurs, c'est les amener à vouloir participer au processus électoral. Faciliter l'accès au processus électoral, c'est les amener au-delà de ce point afin qu'ils réussissent à participer et à voter. Il s'agit d'offrir des procédures simples, l'information nécessaire sous une forme compréhensible ainsi que des installations exemptes d'obstacles physiques. Il s'agit aussi de régler, avec les intervenants, tout problème d'accès avant et pendant l'élection. Le rayonnement local contribue à faciliter l'accès, particulièrement au processus électoral (inscription, vote), et aide à faire comprendre tous changements ou nouvelle initiative.

Le processus de vote est la principale préoccupation mentionnée par les intervenants des ARC. Par exemple, ils affirment que les électeurs ont besoin de plus d'information sur le lieu et le moment du vote et les exigences d'identification, ainsi que sur la disponibilité des bureaux de scrutin itinérants dans les établissements de soins de longue durée et des interprètes en langues d'origine le jour de l'élection (Rapport sommaire des ARC, p. 19‑20). En général, les employés en région soulignent l'importance de la communication en personne (Rapport sommaire des ARC, Sommaire des activités de rayonnement lors de la 41e élection générale).

Plusieurs ARC parlent de réussites, surtout auprès des établissements de soins de longue durée, des jeunes et des communautés ethnoculturelles (p. ex. bureau de scrutin dans une résidence-services, kiosque d'information sur un campus, distribution du guide Je peux voter! et de brochures en langues d'origine). Il y aurait eu certains problèmes concernant les électeurs autochtones et sans abri, particulièrement pour l'accès aux réserves et l'utilisation du formulaire Attestation de résidence (Sommaire des activités de rayonnement lors de la 41e élection générale).

À la 41e élection générale, le principal changement a été l'autorisation, pour certains groupes cibles, d'utiliser la carte d'information de l'électeur, jumelée à une autre pièce d'identité, comme preuve d'identité et d'adresse. Cette initiative a été appliquée partout au Canada dans 5 680 lieux de scrutin desservant des résidences pour personnes âgées, des établissements de soins de longue durée, des réserves autochtones et des résidences étudiantes sur les campus.

Un pourcentage élevé des ARC est d'avis que la CIE a facilité le vote, surtout aux Autochtones, aux jeunes et aux sans-abri (Sondage auprès des ARC, diapos 37, 38, 48 et 59).

Les directeurs du scrutin soulignent l'efficacité du tandem ARC-agents de révision ciblée pour informer les électeurs (surtout les personnes âgées) sur la CIE comme preuve d'identité et d'adresse. En général, ils estiment que l'initiative a été un succès auprès des personnes âgées, mais, contrairement aux ARC, ils sont d'avis partagés quant à son succès auprès des jeunes et des Autochtones (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 10).

Les deux tiers des administrateurs d'établissements de soins de longue durée et de résidences pour personnes âgées ayant répondu à un sondage ont déclaré que l'utilisation de la CIE comme preuve d'identité et d'adresse a facilité le processus de vote. Une soixantaine des 751 répondants ont affirmé que le processus d'identification devrait être simplifié davantage (Sondage auprès des administrateurs, p. 2).

Recommandations

Les outils de rayonnement

Outils promotionnels

Les ARC soulignent l'utilité des outils promotionnels comme Je peux voter! et les publications en langues d'origine (Sommaire des activités de rayonnement lors de la 41e élection générale), et ont apprécié l'affiche Besoin d'argent de poche? et les aimants « poétiques » pour réfrigérateurs.

Certains ARC signalent des problèmes avec les documents produits en langues d'origine et avec les supports utilisés, et réclament davantage de documents en langage clair et simple (Rapport sommaire des ARC, p. 20‑21; Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 12).

Outils de travail

Pour le rayonnement, le personnel en région a besoin d'une infrastructure, notamment un téléphone cellulaire, un ordinateur, un compte d'ordinateur et un espace de travail. Les ARC n'avaient pas tous accès à ces outils. La plupart ont dû utiliser leurs propres téléphones et ordinateurs plutôt que des appareils fournis par Élections Canada; ils ont aussi utilisé leur compte de courriel personnel pour la correspondance. Les ordinateurs de certains bureaux locaux étaient incapables de lire les CD destinés aux ARC (Rapport sommaire des ARC, p. 24). Les directeurs du scrutin jugent que chaque fonction d'un bureau local devrait avoir son propre compte de courriel (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 5).

Nouveaux outils de communication

Certains directeurs du scrutin ont eu recours aux médias sociaux pour recruter des jeunes travailleurs. La majorité ne l'a pas fait, invoquant notamment le manque de temps. Toutefois, les directeurs du scrutin sont d'avis que les médias sociaux peuvent être utiles aux activités visant à promouvoir la participation, à joindre certains groupes (p. ex. informer les jeunes sur les manières et les raisons de voter ou sur le rôle d'Élections Canada) et à renforcer les messages aux travailleurs électoraux. Les médias sociaux présentent divers défis : contrôle difficile du contenu, caractère actif ou réactif de la messagerie, messages contradictoires et nécessité d'un contenu bilingue. Pour ces raisons, les directeurs du scrutin recommandent qu'Élections Canada à Ottawa se charge des interventions dans les médias sociaux (par souci d'uniformité du message), élabore une politique en ce domaine, donne une formation appropriée aux directeurs du scrutin et instaure une fonction de surveillance des médias sociaux, car tout cela représenterait trop de travail pour les directeurs du scrutin (Sessions récapitulatives avec les directeurs du scrutin, p. 11).

Les ARC conviennent qu'il faut qu'Élections Canada utilise et permette l'utilisation des médias sociaux en région, avec une politique et des outils appropriés (Rapport sommaire des ARC).

Recommandations

Programme des aînés et des jeunes autochtones

Le Programme des aînés et des jeunes autochtones (PAJA) prévoit la présence d'aînés et de jeunes, pendant les heures de vote, à tous les bureaux de scrutin utilisés principalement par des électeurs autochtones. Ils offrent des services d'interprétation, aident à expliquer le processus de vote et répondent aux questions générales. À la 41e élection générale, 303 travailleurs ont été embauchés à cette fin, par rapport à 349 à la 40e élection générale.

Les participants au PAJA ont fait l'objet d'un sondage postélectoral. Voici les points saillants de leurs réponses :

Tous les répondants au sondage auprès des ARC ont affirmé que le PAJA était bénéfique. Parmi les raisons invoquées, celle qui revenait le plus souvent (32 %) est qu'il s'agit d'un excellent programme pour les aînés. Les raisons suivantes sont aussi invoquées :

La plupart des directeurs du scrutin ont tiré parti du programme. Certains disent qu'il a été très utile pour la révision ciblée et qu'il a aidé à organiser l'information destinée aux membres des bandes. D'autres estiment qu'il n'y avait pas assez d'information sur le programme ni assez de flexibilité concernant les heures (Sessions récapitulatives avec des directeurs du scrutin, p. 12).

Recommandation

Conclusion

Bon nombre des répondants au sondage postélectoral des ARC voient leur passage à ce poste comme une expérience positive qui a aidé à sensibiliser les gens, et ils accepteraient de nouveau le poste si on le leur offrait.

Par ailleurs, les commentaires de certains intervenants montrent que la communication en personne avec les représentants d'Élections Canada, les ARC et d'autres employés en région a été positive et a aidé les groupes cibles à comprendre comment, quand et où voter (Rapport sommaire des ARC, Sondage auprès des administrateurs).

Le rayonnement local s'est révélé un outil de communication et de participation essentiel lors de la 41e élection générale. Il devrait être amélioré, pendant et entre les élections, de façon à soutenir le rayonnement auprès des groupes cibles et à faciliter la collaboration avec les intervenants pour que les électeurs puissent comprendre le processus électoral et y avoir accès.