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Enquête nationale auprès des jeunes 2015

Sommaire

Contexte

Élections Canada a commandé la première Enquête nationale auprès des jeunes (ENJ) à la suite de l'élection générale fédérale de mai 2011. Première étude à grande échelle du genre, l'ENJ de 2011 a fourni de l'information détaillée sur les divers obstacles, sur le plan de la motivation ou de l'accès, qui empêchent les jeunes de 18 à 34 ans de voter. L'étude a produit des données sur les comportements de vote chez les jeunes en général ainsi que chez différents sous-groupes de jeunes, à savoir les Autochtones, les membres de communautés ethnoculturelles note 1, les jeunes sans emploi qui ne vont pas à l'école note 2, les jeunes handicapés et les jeunes habitant dans des régions rurales. Élections Canada a utilisé les résultats de l'étude de 2011 pour cibler et adapter ses activités de rayonnement et ses projets éducatifs.

Il est essentiel qu'Élections Canada et les organisations au service des jeunes comprennent les obstacles au vote afin de pouvoir joindre efficacement les jeunes et leur transmettre les renseignements dont ils ont besoin sur les lieux, les dates et les différentes méthodes de vote. L'ENJ de 2015 visait à mettre à jour les résultats à la suite de la 42e élection générale, tenue le 19 octobre 2015. Grâce à un vaste échantillon représentatif et à un nombre important de répondants appartenant à des sous-groupes clés, l'ENJ brosse un portrait unique des comportements de vote chez les jeunes au Canada.

Méthodologie

En tout, 3 009 questionnaires ont été remplis par des Canadiens de toutes les provinces et de tous les territoires, dans la langue officielle de leur choix. Parmi les répondants, 2 506 étaient des jeunes de 18 à 34 ans (constituant un échantillon segmenté par région) et 503 étaient âgés de 35 ans et plus. L'étude repose sur une méthodologie d'échantillonnage mixte : un total de 1 503 répondants (1 000 jeunes et 503 répondants de 35 ans et plus) sélectionnés au hasard ont répondu au sondage par téléphone cellulaire; les 1 506 autres répondants ont été choisis de façon non aléatoire à partir de panels en ligne et ont répondu au sondage en ligne note 3.

L'échantillonnage de jeunes comprenait un échantillon de base (1 752) représentatif à l'échelle nationale ainsi qu'un suréchantillon (754) de jeunes appartenant aux sous-groupes suivants : Autochtones, membres de communautés ethnoculturelles, habitants de régions rurales, personnes handicapées et jeunes sans emploi. Le rapport contient d'autres précisions sur la méthodologie, y compris la répartition en sous-groupes.

Principaux résultats

Les résultats révèlent des différences entre ce que déclarent les jeunes et les répondants plus âgés comme comportements, attitudes et connaissances relativement au vote et au processus de vote. Ces différences se retrouvent dans l'ensemble des résultats et concernent les facteurs liés à la fois à l'accès et à la motivation. Elles indiquent que les jeunes ont des besoins d'information différents de ceux des adultes plus âgés.

Participation

Tout d'abord, les répondants affirment avoir voté en grand nombre, dans une proportion de 70 % chez les jeunes et de 91 % chez les répondants de 35 ans et plus. Ces taux sont plus élevés que le taux de participation officiel à l'élection générale de 2015 (68,3 %), mais un tel écart n'est pas inhabituel dans les sondages.

Dans l'ensemble, près de 7 répondants sur 10 qui ont voté l'ont fait le jour de l'élection, tandis que les autres ont voté par anticipation. Le pourcentage de répondants qui ont voté le jour de l'élection est semblable chez les jeunes (69 %) et les adultes plus âgés (67 %).

Les jeunes ont été beaucoup plus nombreux que les répondants plus âgés à utiliser le service d'inscription en ligne d'Élections Canada (28 % contre 12 %). Le pourcentage d'utilisation le plus élevé a été observé chez les jeunes Autochtones et les jeunes handicapés, et le pourcentage le moins élevé, chez les jeunes sans emploi et les jeunes vivant au Québec.

Facteurs LIÉS À L'accès

La connaissance de la carte d'information de l'électeur (CIE) est relativement élevée. Cependant, les jeunes (76 %) ont moins tendance que les adultes de 35 ans et plus (94 %) à se souvenir d'avoir reçu la CIE. La différence est particulièrement évidente chez les répondants de 18 à 22 ans, dont 69 % se souviennent de l'avoir reçue.

En général, les jeunes connaissent moins bien que les adultes plus âgés les diverses méthodes de vote lors d'une élection fédérale. Spontanément, 34 % des jeunes savent qu'il est possible de voter par anticipation, comparativement à 65 % des répondants plus âgés. En revanche, les jeunes sont plus nombreux que les adultes plus âgés à connaître la possibilité de voter par la poste (29 % contre 19 %).

Dans l'ensemble, les répondants connaissent bien l'obligation de présenter une preuve d'identité et une preuve d'adresse pour voter. En fait, 96 % des jeunes et 99 % des répondants de 35 ans et plus savent qu'il faut présenter une preuve d'identité; 91 % des jeunes et 96 % des répondants plus âgés savent qu'il faut présenter une preuve d'adresse.

Les jeunes ont moins tendance que les répondants de 35 ans et plus à être d'accord ou tout à fait d'accord qu'il est facile et commode de voter (84 % contre 96 %). Parmi les jeunes, les répondants de 18 à 22 ans, les Autochtones, les personnes handicapées et les sans-emploi ont moins tendance à être tout à fait d'accord qu'il est facile et commode de voter.

De manière générale, des majorités de jeunes et d'adultes plus âgés affirment qu'il était facile d'obtenir de l'information sur le processus d'inscription et de vote, y compris où et quand voter et les différentes méthodes de vote.

Si la grande majorité des votants, jeunes et plus âgés, ont indiqué qu'il était facile de présenter une preuve d'identité et d'adresse, 5 % des jeunes votants estiment que c'était plutôt difficile ou très difficile. Ce pourcentage augmente à 9 % chez les jeunes Autochtones et à 11 % chez les jeunes handicapés qui ont voté. Parmi les répondants indiquant que c'était difficile, 76 % ont eu de la difficulté à prouver leur adresse.

Les non-votants ont encore plus tendance à percevoir l'obligation de présenter une preuve d'identité et d'adresse comme un obstacle. Environ 12 % des jeunes non-votants indiquent que présenter une preuve d'identité et d'adresse aurait été, à tout le moins, plutôt difficile; ce pourcentage grimpe à 17 % chez les jeunes Autochtones et à 24 % chez les jeunes handicapés qui n'ont pas voté. Un peu plus de la moitié des non-votants qui percevaient une difficulté ont affirmé qu'il aurait été difficile de présenter une preuve d'adresse, et des proportions semblables ont indiqué qu'il aurait été difficile de prouver soit leur identité, soit à la fois leur identité et leur adresse.

Si presque tous les votants jeunes et plus âgés ont trouvé plutôt facile ou très facile de se rendre au lieu de vote, la perception d'une difficulté était plus grande chez les non-votants : 18 % des jeunes non-votants et 19 % des non-votants de 35 ans et plus estiment qu'il aurait été, à tout le moins, plutôt difficile de se rendre au lieu de vote. Ce pourcentage augmente à 23 % chez les jeunes Autochtones et à 22 % chez les jeunes handicapés qui n'ont pas voté.

Facteurs liés à la motivation

Si les jeunes se disent généralement satisfaits de la vie démocratique au Canada, plus du quart des répondants en sont plutôt insatisfaits ou tout à fait insatisfaits. Ce sont les jeunes Autochtones (37 %) et les jeunes handicapés (35 %) qui affichent le plus d'insatisfaction.

Quand on leur demande s'ils sont d'accord ou en désaccord avec une série d'énoncés sur la politique et les élections, les jeunes et les répondants plus âgés affichent généralement des attitudes semblables. Les jeunes ont toutefois moins tendance que les adultes plus âgés à avoir l'impression qu'en votant, ils peuvent contribuer à changer les choses, et plus tendance à dire que la politique et le gouvernement semblent trop compliqués.

Les résultats révèlent aussi certaines différences quant à l'intérêt porté à la politique et à la démocratie en général. Dans l'ensemble, les répondants de 35 ans et plus s'intéressent davantage à la politique canadienne (53 % se disent très intéressés, contre 28 % des jeunes). Les répondants plus âgés ont aussi beaucoup plus tendance à estimer que voter est un devoir (64 %) plutôt qu'un choix (36 %), tandis que les points de vue sont presque également partagés chez les jeunes, qui considèrent que voter est un devoir dans une proportion de 49 %, et un choix, dans une proportion de 47 %.

Pendant l'élection générale de 2015, les jeunes ont été contactés par un parti politique ou un candidat nettement moins souvent que les adultes plus âgés (29 % contre 59 %). Ils ont également moins tendance à dire qu'ils parlaient souvent de politique à la maison quand ils étaient jeunes (22 % des jeunes contre 33 % des adultes plus âgés).

Le sondage révèle que les jeunes prennent part à des activités politiques à des degrés très différents. Ils affirment le plus souvent qu'ils ont fait une recherche d'information en ligne sur des questions politiques (68 %), puis qu'ils ont suivi un débat des chefs (49 %) et qu'ils ont recueilli des dons pour soutenir une cause (42 %). Les adultes plus âgés ont plus tendance à avoir suivi un débat des chefs (65 %) et moins tendance à avoir fait une recherche d'information en ligne (60 %). Fait intéressant, 40 % des jeunes, mais seulement 29 % des répondants plus âgés, ont utilisé les médias sociaux pour échanger de l'information politique. Le pourcentage atteint 54 % chez les jeunes Autochtones et 51 % chez les jeunes handicapés.

L'analyse indique qu'environ 36 % des jeunes peuvent être qualifiés de « très engagés », comparativement à 34 % des adultes plus âgés. À l'autre extrémité de l'échelle, 14 % des jeunes interrogés et 8 % des répondants plus âgés peuvent être qualifiés de non engagés.

Des proportions semblables de jeunes (39 %) et d'adultes plus âgés (38 %) ont affirmé avoir fait du bénévolat au sein d'une organisation au cours des 12 mois précédents. En revanche, très peu de jeunes (7 %) ou d'adultes plus âgés (12 %) ont fait du bénévolat pour un parti politique ou un candidat.

Les jeunes ont plus tendance que les adultes plus âgés à se souvenir d'avoir suivi un cours sur les systèmes de gouvernement ou sur la politique à l'école secondaire (60 % contre 50 %).

Les jeunes et les adultes plus âgés indiquent avoir consulté des sources d'information plutôt différentes concernant l'élection. Les jeunes ont plus tendance à utiliser le site Web d'un média ou une autre source Web (23 %), puis la télévision (20 %) et des sites de réseautage social (19 %). Les répondants plus âgés ont plus tendance à se fier à la télévision (37 %), puis aux sites Web de médias (19 %) et aux journaux (16 %). Fait à noter, les jeunes Autochtones ont le plus tendance à se fier aux sites de réseautage social (29 %).

Les adultes plus âgés ont beaucoup plus tendance à estimer qu'il était très facile ou plutôt facile de se renseigner suffisamment sur les candidats et les partis politiques pour savoir pour qui voter. Non moins de 59 % des adultes plus âgés estiment qu'il était très facile de se renseigner, comparativement à seulement 34 % des jeunes.

Finalement, selon les réponses à une série de cinq questions testant les connaissances, les adultes plus âgés ont davantage de connaissances politiques. Alors que 65 % des adultes plus âgés ont pu répondre correctement à au moins quatre questions sur cinq, le pourcentage baisse à 45 % chez les jeunes. À l'autre extrémité de l'échelle, 10 % des jeunes et 2 % des répondants plus âgés n'ont pu répondre correctement à aucune question.


Note 1 Dans le cadre de la présente étude, il s'agit de répondants de moins de 35 ans qui se considèrent comme appartenant à une minorité visible ou ceux qui sont nés à l'extérieur du Canada, mais qui ne se considèrent pas comme appartenant à une minorité visible et dont la langue maternelle n'est pas l'anglais, le français ou une langue autochtone.

Note 2 Dans le présent rapport, les répondants appartenant à ce groupe seront désignés par l'expression « jeunes sans emploi ».

Note 3 Dans le présent rapport, les répondants appartenant à ce groupe seront désignés par l'expression « adultes plus âgés » ou « répondants de 35 ans et plus »