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Évaluation du programme d’élection parallèle pour les élèves (Vote étudiant)

Sommaire

Contexte

Le programme Vote étudiant est une élection parallèle pour les jeunes qui n'ont pas encore l'âge de voter, coïncidant avec des élections fédérales, provinciales et municipales. Il vise à donner aux jeunes Canadiens l'occasion de vivre le processus électoral et de mettre en pratique les habitudes de citoyens informés et engagés. Le programme culmine par la tenue d'un vote pour les candidats locaux de l'élection. Vote étudiant est le programme vedette de CIVIX. Élections Canada le soutient au niveau fédéral, dans le cadre de son mandat d'éducation civique. En vue d'accroître l'incidence du Vote étudiant 2015, CIVIX a organisé avant la période électorale cinq conférences de perfectionnement professionnel à l'intention des enseignants. Ces Camps de la démocratie avaient pour but d'améliorer l'engagement démocratique et la réalisation du Vote étudiant.

Évaluation

L'évaluation du programme Vote étudiant porte sur les résultats du programme lors de l'élection générale fédérale de 2015. L'étude visait à évaluer la mesure dans laquelle Vote étudiant parvient à atteindre les objectifs du programme :

Méthodologie

L'évaluation a fait appel à diverses méthodes. Des données de sondage ont été recueillies auprès d'élèves, d'enseignants et de parents des écoles qui ont pris part au Vote étudiant lors de l'élection générale fédérale de 2015 et de certaines écoles qui ne l'ont pas fait. En vue d'enrichir ces données, des entrevues ont été menées auprès d'informateurs clés : des enseignants ayant pris part ou non au Vote étudiant, des parents d'élèves qui ont participé au Vote étudiant et des intervenants du programme. De plus, des séances de discussion ont réuni des élèves qui ont participé au Vote étudiant. Enfin, il y a eu des visites d'écoles ayant pris part au Vote étudiant.

Même si des données ont été recueillies dans des écoles non participantes (qui n'étaient pas inscrites au Vote étudiant lors de l'élection générale fédérale de 2015), la question de la validité du groupe témoin a suscité des préoccupations. L'échantillon des élèves participants et l'échantillon des élèves non participants étaient très différents sur les plans du niveau scolaire et de l'âge, ce qui a soulevé des questions quant à la comparabilité des deux groupes et la puissance statistique des analyses menées au sujet des élèves du secondaire. De plus, certains enseignants non participants ont signalé qu'ils utilisaient le matériel du Vote étudiant pour enseigner la politique pendant l'élection. Il fallait dès lors se demander si ces enseignants pouvaient vraiment être tenus pour non participants. Enfin, 30 % des élèves de l'échantillon des non-participants ont affirmé avoir pris part à une élection simulée au cours de l'élection générale fédérale de 2015. Bien qu'il était possible qu'un enseignant organise une élection simulée en dehors du programme Vote étudiant, il est probable que dans les faits, au moins un certain nombre de ces élèves participaient au Vote étudiant sans que leur groupe ait été inscrit au programme. Compte tenu de ces nombreuses questions, exception faite de l'examen des raisons pour lesquelles des enseignants n'ont pas participé au Vote étudiant, les groupes témoins que composaient les échantillons de non-participants n'ont pas été pris en compte dans l'analyse des résultats. L'élimination du groupe témoin de l'analyse limite la capacité d'attribuer des effets directement au programme Vote étudiant.

Principaux résultats de l'évaluation

Résultats chez les élèves

Connaissances et pensée critique

À la suite du programme Vote étudiant, les élèves tant du primaire que du secondaire ont affiché une augmentation de leurs connaissances au sujet de la politique et des élections. L'augmentation des connaissances signalée par les élèves persistait même en tenant compte d'éventuelles variables confusionnelles. Les analyses de régression ont aussi révélé que l'âge des élèves avait un effet positif sur les connaissances des élèves du primaire et du secondaire et que la participation des enseignants ou des écoles au Camp de la démocratie était bénéfique pour les connaissances des élèves du primaire. Cela dit, contre toute attente, les analyses de régression ont aussi indiqué qu'une participation antérieure de l'enseignant ou de l'école au Vote étudiant ou au Camp de la démocratie était associée à des connaissances inférieures chez les élèves du secondaire. Les raisons expliquant ce paradoxe ne sont pas évidentes. Pour les éclaircir, il faudrait des analyses supplémentaires que ne permettent pas les données existantes.

Les parents et les enseignants ont aussi indiqué que le Vote étudiant a eu des effets positifs sur les connaissances des élèves. Les parents font état d'une amélioration de la pensée critique de leurs enfants grâce à la participation au Vote étudiant. Les participants aux séances de discussion des enseignants et des élèves ont aussi reflété cette perception. Ils ont indiqué que les activités du Vote étudiant ont encouragé la pensée critique, en plus d'aider les élèves à prendre de meilleures décisions dans le contexte du vote.

Intérêt

Chez les élèves du primaire et du secondaire, la participation au Vote étudiant a augmenté la proportion d'élèves plutôt intéressés par la politique, quoique pas la proportion d'élèves trèsintéressés. De plus, après avoir pris part au Vote étudiant, les élèves étaient moins nombreux à se dire pas du toutintéressés par la politique. En tenant compte des éventuelles variables confusionnelles, l'incidence du Vote étudiant se maintient au chapitre de l'intérêt chez les élèves du secondaire.

De même qu'en ce qui concerne l'incidence du Vote étudiant sur les connaissances, les parents et les enseignants sont clairement d'avis que le programme a eu des effets positifs sur les niveaux d'intérêt des élèves. La majorité des parents et des enseignants affirment que le Vote étudiant a eu une incidence positive sur l'intérêt de leurs enfants ou de leurs élèves pour le gouvernement et la politique.

Discussions de politique chez les élèves

À la suite du Vote étudiant, les élèves du primaire et du secondaire se sont révélés moins susceptibles d'affirmer ne jamais avoir discuté de politique avec leurs amis et leurs proches. De plus, plus de la moitié de l'ensemble des élèves ont affirmé avoir parlé de l'élection au moins une fois par mois avec leurs amis et leurs proches. L'effet isolé du Vote étudiant s'est maintenu dans une seule des analyses de régression (celle portant sur les élèves du secondaire qui parlent de politique avec leurs amis), mais dans plusieurs cas, la participation de l'enseignant au Camp de la démocratie a eu un effet statistiquement significatif sur ces résultats chez les élèves. Les élèves du primaire dont l'enseignant ou l'école a participé au Camp de la démocratie ont plus souvent parlé de politique avec leurs proches et leurs amis et ont plus souvent parlé de l'élection avec leurs amis. Les élèves du secondaire dont l'enseignant ou l'école a participé au Camp de la démocratie se sont aussi révélés plus susceptibles de parler de l'élection avec leurs amis et de parler de politique avec leurs proches.

Les parents et les enseignants perçoivent clairement l'effet du Vote étudiant aux chapitres des discussions au sujet de la politique et de l'engagement des élèves. En majorité, les parents indiquent que le Vote étudiant a motivé leurs enfants à discuter plus souvent de politique. Les enseignants qui ont participé aux entrevues se souviennent de cas où des élèves discutaient de l'élection en dehors des cours, ou évoquaient des points de vue de leurs parents dans les discussions en salle de classe.

Confiance

Suivant une définition de la confiance des élèves qui repose sur la mesure dans laquelle ils sont à l'aise de partager leurs opinions politiques avec les autres, il appert que le programme Vote étudiant a eu un fort effet positif sur la confiance des élèves. À la suite du Vote étudiant, les élèves tant du primaire que du secondaire se sont révélés plus susceptibles de se dire très à l'aise de parler de politique avec les proches et les amis. Chez les élèves du primaire, l'effet du Vote étudiant est resté significatif dans l'analyse de régression.

De plus, les élèves plus âgés du primaire et les élèves dont l'enseignant ou l'école avait déjà participé au Vote étudiant se sont révélés plus enclins à affirmer être à l'aise de parler de politique avec leurs amis et leurs proches. Chez les élèves du secondaire toutefois, l'effet propre au Vote étudiant est resté significatif en ce qui concerne les conversations avec les amis, mais pas les discussions en famille. Cette observation pourrait s'expliquer par les réponses de certains parents qui ont pris part aux entrevues, indiquant que leurs enfants sont à l'aise de parler de tout avec eux, avec ou sans le programme Vote étudiant.

Intentions de voter

Le Vote étudiant a accru l'intérêt des élèves à voter à l'élection générale fédérale de 2015. L'effet propre au Vote étudiant 2015 est resté significatif dans l'analyse de régression pour les élèves du primaire, bien que ce ne soit pas le cas pour les élèves du secondaire. Cependant, l'analyse de régression a révélé que les élèves du secondaire qui avaient déjà participé au programme Vote étudiant, dont l'enseignant ou l'école avait déjà participé au programme Vote étudiant ou qui sont nés au Canada étaient plus enclins à se dire intéressés à voter à l'élection générale fédérale de 2015. Cela fait penser qu'il pourrait y avoir un lien entre une exposition répétée des enseignants ou des élèves au programme et des résultats plus marquants.

Par ailleurs, le Camp de la démocratie a eu un effet relativement constant et résolument positif sur les intentions de voter chez les élèves. En particulier, les élèves du primaire dont l'enseignant ou l'école a participé au Camp de la démocratie se sont dits plus intéressés à voter à l'élection générale fédérale de 2015 et plus susceptibles de voter lors d'élections futures. Les élèves du secondaire dont l'enseignant ou l'école a participé au Camp de la démocratie se sont dits plus susceptibles de voter lors d'élections futures. Les élèves ont généralement indiqué qu'ils auraient voté à l'élection parce que c'est leur responsabilité de citoyen canadien ou parce qu'ils voulaient choisir le meilleur représentant.

Après le Vote étudiant, à la question de savoir pourquoi ils auraient voté à l'élection générale fédérale de 2015, les élèves tant du primaire que du secondaire se sont révélés plus susceptibles d'indiquer que c'était leur responsabilité de citoyen. Cela permet de penser que le programme et l'expérience aident à renforcer le sens civique.

Les enseignants et les parents qui se sont prêtés aux entrevues étaient enclins à affirmer que le Vote étudiant a accru la mesure dans laquelle leurs enfants ou élèves ont l'intention de voter à l'avenir. Les uns et les autres sont d'avis que le matériel et les activités du Vote étudiant ont aidé à l'enseignement de l'importance du vote. Cependant, certains font observer qu'il est encore trop tôt pour déterminer l'effet du Vote étudiant, et que d'autres facteurs peuvent influer sur la participation électorale.

Résultats chez les enseignants

Le programme Vote étudiant a eu des effets modestes sur les résultats chez les enseignants. Nous n'avons pas observé de différence avant et après le programme sur le plan des connaissances ou l'intérêt des enseignants en matière de politique. L'analyse de régression a révélé que l'expérience d'enseignement en éducation civique a une plus forte incidence sur ces résultats, même si la participation antérieure au Vote étudiant a aussi été reliée à un accroissement des connaissances et de l'intérêt. De plus, les enseignants se sont révélés tout aussi susceptibles d'affirmer que le vote est une responsabilité de citoyen avant qu'après le programme. Cette observation est étayée par la constatation que presque tous les enseignants entendaient voter à l'élection générale fédérale de 2015 et que presque tous ont affirmé avoir effectivement voté à l'élection. Ces résultats pourraient découler d'un biais de sélection : les enseignants qui ont choisi de prendre part au programme Vote étudiant pourraient avoir pris cette décision parce qu'ils avaient déjà des niveaux élevés de connaissances et d'intérêt dans le domaine, ainsi qu'une forte conviction que le vote est une responsabilité citoyenne. Toutefois, même si la majorité des enseignants se disaient à l'aise d'enseigner l'éducation civique, c'est aussi une majorité d'entre eux qui indiquent que la participation au Vote étudiant a encore accru leur confiance pour l'enseignement de cette matière. En outre, la participation au Vote étudiant a rehaussé la perception des enseignants qu'il y a des enjeux dont ils se préoccupent, et que les politiciens abordent des enjeux importants.

Résultats chez les parents

En majorité (90 %), les parents disent que la participation de leurs enfants au Vote étudiant a accru les occasions pour la famille d'en apprendre davantage sur les élections et sur la politique. La majorité des parents se sont dits au moins plutôt renseignés et intéressés dans le domaine de la politique, mais au moins la moitié d'entre eux ont affirmé que leurs connaissances au sujet de la politique et leur intérêt pour la politique ont augmenté grâce à la participation de leurs enfants au Vote étudiant. Par ailleurs, au moins la moitié des parents signalant qu'il n'y a pas eu d'accroissement des connaissances ou de l'intérêt grâce au programme affirment qu'ils avaient déjà de hauts niveaux de connaissances ou d'intérêt, ce qui limitait l'effet possible de la participation de leurs enfants. En majorité, les parents font observer que le vote est une responsabilité citoyenne, et en effet la majorité de parents affirment avoir voté à l'élection générale fédérale de 2015.

Un peu plus du quart des parents (28 %) signalent que la participation de leurs enfants au Vote étudiant a influencé positivement leur décision de voter. Ce résultat témoigne d'une augmentation de 40 % depuis l'élection précédente.

Satisfaction à l'égard du Vote étudiant

Les trois quarts environ des élèves affirment avoir aimé en apprendre davantage au sujet du gouvernement et de la politique grâce au Vote étudiant. Le vote à l'élection du programme Vote étudiant est l'activité que les élèves signalent le plus souvent parmi les activités auxquelles ils ont pris part pendant la période électorale. Plus de la moitié des élèves estiment qu'il s'agit d'une des trois activités les plus utiles du programme. C'est également plus de la moitié des élèves qui se sont dits intéressés à participer de nouveau au programme Vote étudiant. Les élèves du primaire se sont révélés plus susceptibles que leurs homologues du secondaire de souhaiter participer au programme à l'avenir.

Les enseignants se sont dits très satisfaits du matériel, des ressources et du soutien offerts dans le cadre du programme Vote étudiant. L'ensemble des documents et ressources offerts ont reçu de très bonnes évaluations. Plus de 90 % des enseignants ayant recouru aux diverses ressources estiment qu'elles sont bonnes ou excellentes. Presque tous les enseignants affirment leur intention de participer de nouveau au Vote étudiant à l'avenir.

Participation au Vote étudiant

Plus de 7 500 écoles se sont inscrites pour participer au Vote étudiant fédéral de 2015, ce qui compte pour la moitié environ de toutes les écoles canadiennes (4e année et plus). Selon le compte rendu de CIVIX, 922 000 élèves de 6 662 écoles ont voté. La participation des écoles et des élèves représentait toutes les circonscriptions fédérales d'un bout à l'autre du Canada. Ce niveau de participation dépasse celui de 2011 de plus de 78 % sur le plan du nombre d'écoles et de 64 % sur le plan du nombre d'élèves, ce qui en fait le plus grand Vote étudiant jusqu'à maintenant.

En majorité, les enseignants ayant participé au Vote étudiant lors de l'élection générale fédérale de 2015 avaient déjà participé au programme lors d'une précédente élection. Cette observation témoigne de l'expérience positive que les enseignants avaient vécue dans le cadre du programme Vote étudiant. La volonté d'aider les élèves à comprendre le gouvernement et de satisfaire aux exigences du programme pédagogique sont les deux raisons signalées le plus souvent pour expliquer la participation au Vote étudiant. Les enseignants indiquent qu'ils pouvaient choisir parmi le matériel du Vote étudiant et l'adapter selon les besoins de leurs élèves, ce qui permettait de l'intégrer au programme scolaire. Il a aussi été souligné que certains éléments du matériel offert dans le cadre du programme Vote étudiant n'auraient pas pu être mis au point par des enseignants sans aide – comme les urnes d'Élections Canada ou les vidéos en ligne –, et que ce matériel et la portée nationale du programme ont aidé les élèves à relier leur expérience à celle d'élèves partout au pays.

Camp de la démocratie

Une plus grande proportion d'enseignants ayant pris part au Camp de la démocratie avaient déjà participé au Vote étudiant, par rapport aux enseignants n'ayant pas participé au Camp de la démocratie. Selon leurs autoévaluations, les participants au Camp de la démocratie sont légèrement plus intéressés par la politique et légèrement plus à l'aise lorsqu'ils enseignent cette matière. Même si la participation au Camp de la démocratie n'a pas eu d'effet sur le temps que les enseignants consacrent à la préparation, ceux qui y ont participé ont consacré plus de temps à l'enseignement en classe sur l'élection. De plus, tandis que la majorité des enseignants sont d'avis que le Vote étudiant a eu un effet positif sur l'intérêt des élèves à l'égard de la politique, sur la motivation des élèves à discuter ensemble de politique et sur les intentions de voter chez les élèves, les participants au Camp de la démocratie font état d'un effet plus marqué que les non-participants.

Participation antérieure des enseignants au Vote étudiant

Plus de la moitié des enseignants ont signalé, après le programme, avoir déjà pris part au Vote étudiant avant l'élection générale fédérale de 2015. Les enseignants ayant déjà pris part au Vote étudiant se sont révélés plus susceptibles d'indiquer être très renseignés au sujet de la politique que les enseignants prenant part au programme pour la première fois. De plus, les enseignants ayant déjà pris part au Vote étudiant se sont révélés plus susceptibles d'indiquer qu'ils étaient très intéressés par la politique.

Participation antérieure des élèves au Vote étudiant

Chez les élèves, une précédente participation au Vote étudiant a eu un effet modeste, selon les mesures enregistrées avant le programme. En particulier, les élèves du primaire ayant déjà participé à un précédent programme Vote étudiant se sont révélés moins susceptibles d'affirmer être mal à l'aise de parler de politique avec leurs proches et leurs amis que les élèves du primaire faisant une première expérience du Vote étudiant. De plus, les élèves du secondaire ayant déjà fait l'expérience du Vote étudiant se sont révélés légèrement plus intéressés par la politique que les élèves du secondaire participant au Vote étudiant pour la première fois. Toutefois, les différences attribuables à une participation antérieure au Vote étudiant ne se sont pas maintenues après l'élection. Ces résultats indiquent que si le programme Vote étudiant produit éventuellement certains effets résiduels chez les élèves, ces effets sont absorbés par les effets de l'exposition récente au programme.

Non-participation au Vote étudiant

Les enseignants qui avaient choisi de ne pas participer au Vote étudiant lors de l'élection générale fédérale de 2015 ont été interrogés sur les motifs de leur décision. Ils affirment le plus souvent qu'ils n'avaient pas le temps d'organiser le Vote étudiant au sein de leur groupe ou qu'ils n'avaient pas pris connaissance de cette possibilité assez tôt pour l'intégrer à leur plan pédagogique.

Conclusions

Dans l'ensemble, les résultats de l'évaluation indiquent que le Vote étudiant satisfait généralement aux objectifs de programme définis pour les élèves et pour les enseignants. Certains résultats se révèlent plus clairement que d'autres, mais l'évaluation globale démontre l'incidence positive du programme chez les élèves et chez les enseignants.

Inculquer aux élèves une connaissance et une compréhension du système démocratique du Canada

Les connaissances autodéclarées des élèves au sujet de la politique et du gouvernement ont augmenté après le Vote étudiant. Cette augmentation s'est aussi manifestée dans les réponses aux questions de connaissances. Après le programme Vote étudiant, les élèves ont répondu correctement à un plus grand nombre de questions. Ces résultats sont statistiquement robustes et l'effet significatif s'est maintenu dans l'analyse de régression tenant compte d'éventuelles variables confusionnelles. Par conséquent, il s'avère que la participation au Vote étudiant entraîne un effet significatif sur les connaissances des élèves. Les parents et les enseignants indiquent aussi que les activités du Vote étudiant ont accru les connaissances et les aptitudes de pensée critique des enfants dans le domaine de la politique et du gouvernement.

Sensibiliser les élèves à l'importance du vote et de l'engagement citoyen

Le programme Vote étudiant a eu un effet positif, quoique modeste, sur la sensibilisation des élèves à la politique, aux élections et à l'engagement citoyen. Bien que le programme Vote étudiant n'ait pas augmenté la proportion des élèves se disant trèsintéressés par la politique, il a certainement accru la proportion des élèves plutôt intéressés et réduit la proportion des élèves pas du tout intéressés. Par conséquent, si le Vote étudiant n'a pas nécessairement suscité un intérêt intense pour la politique, il a favorisé un intérêt modéré et une certaine sensibilisation à la politique, surmontant une certaine apathie en la matière. Cela dit, l'effet du Vote étudiant sur l'intérêt des élèves pour la politique n'est pas très robuste; il n'est pas resté significatif au regard de l'effet d'autres variables dans l'analyse de régression.

L'effet du Vote étudiant sur la fréquence à laquelle les élèves discutent de politique avec leurs proches et leurs amis est semblable à son effet sur l'intérêt des élèves pour la politique. Les premières analyses ont démontré que le Vote étudiant a réduit la proportion des élèves affirmant qu'ils ne parlent jamais de politique avec leurs proches et leurs amis. Ces résultats ne sont toutefois pas significatifs lorsque l'analyse de régression tient compte d'autres variables. Par contre, le Camp de la démocratie a eu un effet significatif chez les élèves du primaire. En effet, les élèves du primaire dont l'enseignant ou l'école a participé au Camp de la démocratie affirment parler de politique avec leurs amis et leurs proches plus souvent que les élèves dont l'enseignant n'y a pas participé.

Les perceptions des adultes au sujet de l'effet du Vote étudiant sur leurs enfants sont plus simples. En majorité, les parents et les enseignants affirment que le Vote étudiant a eu un effet positif sur le sens civique des élèves. De plus, en majorité, les parents et les enseignants sont d'avis que le Vote étudiant a augmenté l'intérêt des élèves pour le gouvernement et la politique. Enfin, en majorité, les parents et les enseignants estiment également que le Vote étudiant a motivé les élèves à parler de politique avec leurs amis et leurs proches.

Aider les éducateurs à mieux enseigner les concepts liés aux connaissances civiques et à l'éducation civique

La participation au Vote étudiant 2015 n'a pas semblé influer sur les connaissances ou l'intérêt des enseignants en matière de politique. Cela pourrait s'expliquer en partie par le fait qu'une majorité d'enseignants avaient déjà participé au programme Vote étudiant précédemment. Aussi bien avant qu'après le Vote étudiant, une majorité des enseignants ont affirmé être au moins plutôt renseignés et intéressés dans le domaine de la politique. Une analyse de régression portant sur ces résultats a révélé que la somme d'expérience des enseignants dans le domaine de l'enseignement civique a un effet plus marqué sur les résultats. En effet, une plus longue expérience était liée à des niveaux plus élevés de connaissances et d'intérêt. Étant donné que 60 % des enseignants avaient déjà participé au Vote étudiant, il est possible que les expériences antérieures dans le cadre du programme aient influé sur les connaissances et l'intérêt des enseignants. C'est ce qu'a démontré en partie l'observation que les enseignants ayant déjà participé au Vote étudiant ont indiqué un niveau supérieur de connaissances et d'intérêt pour la politique. De plus, la majorité des enseignants font observer que la participation au Vote étudiant a augmenté leur confiance pour l'enseignement de l'éducation civique.

Le Vote étudiant améliore effectivement les capacités des enseignants pour l'enseignement dans le domaine de l'éducation civique en offrant des ressources de qualité. Les enseignants se disent très satisfaits de l'ensemble des ressources qui leur étaient offertes dans le cadre du Vote étudiant. Les enseignants participants indiquent qu'il était facile d'adapter le matériel pour utilisation auprès de leurs élèves. Par conséquent, ils sont parvenus à intégrer le matériel dans leurs plans pédagogiques pour enrichir l'information qu'ils communiquent. Les enseignants font aussi observer que le matériel du Vote étudiant a contribué à créer un sentiment de communauté chez les élèves. Plutôt que de sentir simplement qu'ils apprenaient des choses en classe au sujet de l'élection, les élèves ont eu le sentiment de faire partie de quelque chose de portée nationale. Étant donné que le programme a pour ainsi dire invité la réalité en classe, son matériel était d'autant plus pertinent et intéressant pour les élèves.

Contribuer à la participation future des jeunes Canadiens au processus démocratique

Le programme Vote étudiant a eu une incidence positive sur les intentions de voter à l'avenir et sur la participation démocratique. Les premières analyses ont permis de constater que l'intérêt des élèves à voter à l'élection générale fédérale de 2015 a augmenté à la suite du Vote étudiant. Cet effet était statistiquement robuste chez les élèves du primaire, restant significatif dans l'analyse de régression. Le Camp de la démocratie a aussi eu des effets positifs uniques sur les intentions de voter des élèves du primaire – tant à l'élection générale fédérale de 2015 qu'aux élections futures. L'effet immédiat du Vote étudiant chez les élèves du secondaire n'est toutefois pas resté significatif dans l'analyse de régression. En revanche, l'analyse de régression a révélé que la participation antérieure des élèves ou bien de leur enseignant ou de leur école au Vote étudiant et le fait d'être né au Canada étaient associés à un plus grand intérêt à voter à l'élection générale fédérale de 2015. Cela fait penser qu'une exposition répétée au programme est liée aux résultats. En outre, la participation antérieure des élèves au Vote étudiant et la participation de l'enseignant ou de l'école au Camp de la démocratie ont eu des effets positifs sur l'intérêt des élèves du secondaire à voter à l'avenir. Enfin, à la suite du Vote étudiant, les élèves se sont révélés plus susceptibles d'être d'accord que le vote est une responsabilité civique. Cela s'est manifesté aussi au vu de la raison que les élèves invoquent le plus souvent pour expliquer pourquoi ils veulent voter à l'avenir : parce que c'est leur responsabilité de citoyens canadiens. Enfin, les parents et les enseignants indiquent que le Vote étudiant a accru les intentions de voter à l'avenir chez les élèves.

Accroître les taux de participation au programme

Le programme Vote étudiant est parvenu à atteindre ses objectifs de participation au programme (qui consistaient à égaler ou dépasser les taux de participation des élèves et des écoles observés en 2011). Le Vote étudiant de l'élection générale fédérale de 2015 est l'édition la plus importante du programme jusqu'à maintenant. Plus de la moitié des écoles canadiennes, représentant l'ensemble des circonscriptions fédérales d'un bout à l'autre du Canada, ont participé au programme. Par rapport à l'élection générale fédérale de 2011, la participation des élèves et des écoles s'est accrue respectivement de plus de 64 % et 78 %.

Recommandations

Continuer d'offrir Vote étudiant lors de futures élections

Le programme Vote étudiant a un effet positif sur les connaissances et la compréhension qu'ont les élèves des élections et de la politique canadienne, de même que sur leurs niveaux d'intérêt et de confiance pour discuter de politique et sur leur intérêt à voter. Le programme contribue à rendre ce contenu plus pertinent et intéressant pour les élèves. En outre, il offre aux enseignants du matériel de qualité qui les soutient dans l'enseignement de l'éducation civique aux élèves. Cela étant, il faut continuer d'offrir le programme Vote étudiant comme ressource utile aux enseignants et aux écoles pour l'enseignement de l'éducation civique.

Examiner les obstacles à l'inscription au Vote étudiant

Étant donné que le programme Vote étudiant est lié aux cycles électoraux, son accessibilité est limitée : il n'est pas possible de l'offrir chaque année. Il faudra peut-être déployer de nouveaux efforts pour mieux comprendre ces écoles ou enseignants qui ne participent pas au Vote étudiant, en vue d'élaborer des stratégies de recrutement adaptées pour l'avenir. Parmi les moyens à prendre en vue de comprendre les obstacles à la participation au Vote étudiant, on pourrait chercher à déterminer pourquoi certains enseignants ne s'inscrivent pas de nouveau, mais choisissent plutôt d'utiliser du matériel d'éditions précédentes du Vote étudiant.

Offrir des possibilités de perfectionnement professionnel aux enseignants.

L'évaluation a permis de constater que le Camp de la démocratie a eu un effet relativement constant et positif sur les intentions de voter chez les élèves. Le Camp de la démocratie a aussi eu une incidence considérable sur les connaissances politiques des élèves du primaire, de même que sur les discussions politiques chez les élèves du primaire et du secondaire. En vue d'élargir la portée et l'effet du Vote étudiant, il faudrait offrir à l'avenir davantage de Camps de la démocratie ou d'autres occasions semblables de perfectionnement professionnel.

Faire le suivi des réponses individuelles aux sondages des élèves et des enseignants dans le cadre de futures évaluations

Le suivi des réponses individuelles aux sondages des élèves et des enseignants permettrait une véritable étude par répétition de mesures, où les réponses obtenues avant et après le programme chez un participant en particulier seraient rapprochées entre elles. Cela permettrait une observation directe des changements s'opérant chez les participants. En outre, une étude recourant à la répétition des mesures s'accompagne d'une puissance supérieure pour la modélisation statistique, de sorte que l'analyse peut saisir avec plus d'exactitude les différences entre les groupes.

Le suivi des réponses individuelles des élèves et des enseignants permettrait aussi de relier les réponses des élèves à celles d'enseignants individuels. Cela contribuerait à déterminer si les caractéristiques des enseignants influent sur les résultats chez les élèves. La méthode actuelle d'identification des participants au sondage ne permet qu'une identification au niveau de l'école. Bien qu'il y ait certains points communs, au sein des écoles, qui pourraient influer sur les résultats du Vote étudiant (p. ex., les appuis de l'administration pour le programme), les enseignants de chaque école se différencient entre eux. Ainsi un nouvel enseignant offrant le programme Vote étudiant pour la première fois dans un groupe pourrait masquer les avantages de l'expérience d'un autre enseignant de la même école.

Il est entendu que le suivi des réponses individuelles aux sondages est une tâche difficile et coûteuse en temps. Toutefois, la puissance statistique accrue ainsi obtenue permettrait éventuellement de se satisfaire d'un échantillon plus modeste. Pour les évaluations futures, il y aurait lieu d'évaluer les coûts et les avantages relatifs d'une étude de moindre envergure faisant appel à la répétition de mesures.

Établir un groupe témoin plus fiable et approprié

Le groupe témoin qui a servi à l'évaluation de l'effet du Vote étudiant dans la présente étude n'était pas idéal. Près du tiers des enseignants du groupe témoin avaient déjà participé au Vote étudiant dans le passé. Des élèves du primaire comptaient pour la plus forte proportion des élèves ne participant pas au programme. Certains enseignants ne participant pas au programme ont signalé se servir du matériel du Vote étudiant pour donner des cours au sujet de l'élection à leurs élèves. De plus, presque un tiers des élèves ne participant pas au programme ont affirmé avoir pris part à une élection simulée pendant l'élection générale fédérale de 2015. Chacun de ces facteurs joue sur la mesure dans laquelle il est possible de déterminer l'effet du Vote étudiant chez les élèves et les enseignants participants.

Dans les futures évaluations, il faudra faire en sorte que le groupe témoin convienne mieux aux besoins de l'évaluation. Avant la collecte des données, il faut établir clairement les aspects du Vote étudiant qui sont censés influer sur les résultats. Par exemple, s'il faut s'inscrire pour avoir accès à des éléments clés du matériel pédagogique du Vote étudiant, une comparaison des écoles inscrites et non inscrites pourra constituer un indicateur utile. Cependant, si le matériel du Vote étudiant est facilement accessible, gratuitement, à tous les enseignants, l'information au sujet de l'utilisation du matériel doit être recueillie directement auprès des enseignants. Dans ce cas, l'évaluation pourrait s'attacher moins aux différences entre les écoles inscrites et non inscrites et davantage à l'utilisation ou non du matériel du Vote étudiant. D'une façon ou d'une autre, les attentes au sujet de la façon dont Vote étudiant influe sur les résultats doivent être clairement précisées avant l'évaluation. Ces attentes pourraient servir à raffiner l'évaluation afin qu'elle permette de mieux mesurer les effets propres au programme Vote étudiant.

Élaborer une théorie du changement pour le programme

Une théorie du changement pour un programme définit les liens entre les activités du programme et les résultats attendus du programme. Une théorie du changement bien élaborée aide à comprendre le fonctionnement d'un programme, de même que les aspects du programme qui sont censés produire un changement chez les participants. Une telle théorie pourrait aider à comprendre les éléments du Vote étudiant qui sont propres au programme et la façon dont ils contribuent aux résultats globaux. La capacité d'isoler les éléments propres au programme Vote étudiant aiderait à définir des groupes témoins plus appropriés pour les futures évaluations.