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Évaluation du programme d’élection parallèle pour les élèves (Vote étudiant)

Section 3 analyse

3.1 Analyse qualitative

Les données qualitatives (provenant des entrevues auprès des informateurs clés, des séances de discussion et des visites) ont fait l'objet d'une analyse s'articulant autour d'une approche thématique. En général, les commentaires formulés en réponse aux questions ouvertes ont été examinés, codés et classés selon le groupe de participants. Les analyses ont établi la mesure dans laquelle certains enjeux clés étaient régulièrement signalés par les participants, puis les réponses provenant des divers groupes ont été comparées. Cette démarche d'analyse fait appel à un raisonnement inductif : à la lumière de comparaisons et d'examens attentifs, les thèmes et catégories émergent directement des réponses brutes.

3.2 Analyse quantitative

L'analyse quantitative des données de sondage s'est déroulée en plusieurs étapes. Dans un premier temps, il y a eu une analyse de la fréquence des variables démographiques afin de produire les profils de sondage. Des profils distincts ont été établis pour les échantillons d'avant et d'après le programme (voir le tableau 2‑1). Ensuite, nous avons procédé à une série de tests t pour les variables continues et à des tests de chi carré (deux catégories) ou à des tests z proportionnels (plus de deux catégories) pour les variables catégoriques. Les données des répondants provenant du même groupe (c.-à-d. élèves, enseignants, parents) mais dans des conditions différentes (avant le programme, après le programme) ont fait l'objet de tests portant sur l'ensemble des variables de résultats, en vue de repérer les différences entre les groupes. Les différences statistiquement significatives à p = 0,05 ont été révélées par les tests.

Par la suite, des analyses multivariables ont servi à étudier les liens entre la participation au Vote étudiant et les variables de résultats, en tenant compte des caractéristiques pertinentes dans chaque groupe de répondants. Selon les variables de résultats, les modèles ont fait l'objet de régressions linéaires et logistiques. Les résultats de cette analyse sont abordés dans le corps du rapport. Pour consulter les modèles complets provenant des analyses de régression, voir l'annexe A.

Pour ce qui concerne les élèves répondants, les liens entre les variables de résultats et la participation au Vote étudiant ont été analysés en tenant compte des caractéristiques suivantes :

De plus, en vue de mieux saisir l'incidence des effets cumulatifs du programme Vote étudiant et du Camp de la démocratie, les analyses de régression des variables de résultats englobaient aussi :

Pour ce qui concerne les enseignants répondants, les liens entre les variables de résultats et le Vote étudiant ont été modélisés en tenant compte des caractéristiques suivantes :

Le recrutement des écoles pour la participation au sondage excluait les établissements non traditionnels et les écoles pour adultes. Les écoles se classent en quatre catégories :

En outre, des analyses de suivi ont été réalisées en vue de mieux évaluer l'effet des diverses composantes du Vote étudiant sur les résultats. Plus particulièrement, les expériences antérieures des élèves et des enseignants dans le cadre du Vote étudiant ont été étudiées afin d'en cerner les effets sur les résultats. De plus, la participation des enseignants à un Camp de la démocratie a été examinée pour en évaluer les effets sur les résultats chez les enseignants.

3.3 Inadéquation du groupe témoin

L'analyse initiale des échantillons des personnes ne participant pas au programme, comme groupe témoin, a soulevé plusieurs préoccupations. Des différences démographiques ont été observées entre l'échantillon des élèves non participants et l'échantillon des élèves participants, mettant en question la comparabilité des groupes (voir la section 3.3.1). De plus, selon des renseignements que des membres des échantillons de non-participants ont communiqués, ces personnes avaient été exposées au matériel du Vote étudiant. Il fallait dès lors se demander si ces personnes pouvaient vraiment être tenues pour des non-participants (voir la section 3.3.2). Au vu de ces préoccupations, il a été établi qu'il n'était pas indiqué de tenir compte du groupe témoin dans les analyses. Par conséquent, exception faite de l'examen des raisons pour lesquelles des enseignants n'ont pas participé au Vote étudiant, l'analyse des données porte seulement sur les différences entre les données réunies avant et après le programme dans les échantillons de participants. L'élimination du groupe témoin de l'analyse limite toutefois la possibilité d'attribuer des changements dans les résultats directement au programme Vote étudiant.

3.3.1 Différences démographiques entre les échantillons de participants et de non-participants

Comme il en a été question dans la section 2.4, les efforts fructueux de recrutement d'écoles pour la participation au programme Vote étudiant ont restreint la population dans laquelle l'échantillon de non-participants pouvait être établi. Plus particulièrement, un peu moins de trois quarts (72 %) des écoles non participantes étaient des écoles primaires. Cela a limité la possibilité de constituer un échantillon adéquat d'élèves du secondaire pour le groupe témoin et a entraîné un important déséquilibre dans l'échantillon final des élèves.

Dans les échantillons de participants, environ 50 % des élèves (avant le programme : 51 %; après le programme : 50 %) étaient des élèves du secondaire. Toutefois, dans le groupe témoin des élèves, les élèves du secondaire ne faisaient que 30 % de l'échantillon final. Les écarts entre les deux groupes étaient encore plus importants dans certains groupes d'âge. Dans les échantillons de participants, les élèves de 14 ans ou plus comptaient pour 40 % environ de l'échantillon (avant le programme : 44 %; après le programme : 39 %), comparativement à moins de 10 % du groupe témoin.

Ces différences dans la répartition des âges entre les échantillons de participants et de non-participants ont mis en question la comparabilité des échantillons. De plus, la plus faible proportion d'élèves du secondaire dans le groupe témoin a soulevé des préoccupations au sujet de la puissance statistique de l'échantillon pour le repérage de différences entre les élèves ayant ou non participé au programme.

3.3.2 Exposition au Vote étudiant

Une minorité importante des enseignants et des élèves non participants affirment avoir déjà pris part au Vote étudiant : plus du quart des enseignants (30 %) et des élèves (29 %) étaient dans ce cas. Dès lors, faut se demander dans quelle mesure ces personnes peuvent être tenues pour des non-participants. Une participation antérieure au Vote étudiant pourrait avoir augmenté les connaissances, l'intérêt ou la confiance des enseignants ou des élèves dans le domaine de la politique et, partant, avoir gonflé artificiellement les résultats dans le groupe témoin. Dans l'analyse, ces résultats majorés diminueraient la possibilité de discerner les différences entre les personnes ayant suivi au complet le programme Vote étudiant et celles qui n'y ont pas été exposées. Même si la participation antérieure n'a pas enrichi les connaissances, l'intérêt ou la confiance dans le domaine de la politique, elle pourrait avoir permis aux enseignants et aux élèves d'acquérir des compétences et aptitudes dont ils peuvent se servir dans le cadre d'une élection. Par conséquent, ces enseignants et ces élèves auraient été en mesure de tirer parti des compétences acquises lors de leur participation antérieure au Vote étudiant et ainsi de bénéficier davantage de l'élection générale fédérale de 2015 qu'ils ne l'auraient fait autrement.

Une plus grande préoccupation vient de ce que des enseignants du groupe témoin pourraient avoir recouru au matériel du Vote étudiant pour enseigner la politique pendant l'élection. Le matériel du Vote étudiant était facile à obtenir, sur le site Web du programme, au cours de l'élection générale fédérale de 2015. Tous les enseignants pouvaient consulter et télécharger ces documents, qu'ils soient inscrits ou non auprès de CIVIX. C'est ainsi que des enseignants du groupe témoin (c.-à-d. des personnes non inscrites) pourraient ne pas être de véritables non-participants, car ils pourraient avoir recouru aux méthodes et documents du Vote étudiant sans s'inscrire au programme. Dès lors, des élèves du groupe témoin pourraient avoir tiré parti du Vote étudiant. Cette préoccupation, d'abord soulevée dans le cadre d'entrevues d'enseignants non participants, a encore pris de l'ampleur après la constatation que 30 % des élèves non participants avaient en fait participé à une élection simulée au cours de l'élection.

Une série de cinq entrevues ont été réalisées auprès d'enseignants qui n'ont pas participé au Vote étudiant lors de l'élection générale fédérale de 2015. Deux des enseignants qui se sont prêtés aux entrevues disent avoir utilisé du matériel du programme Vote étudiant pendant l'élection. L'un d'eux a affirmé avoir visité le site Web du Vote étudiant pour obtenir le matériel et s'en servir en classe sans toutefois s'inscrire au programme. L'autre a indiqué avoir participé précédemment au Vote étudiant et avoir continué de se servir de l'ancien matériel. Par conséquent, les élèves de ces classes ont fait l'expérience du programme Vote étudiant. Néanmoins, étant donné que leurs enseignants ne s'étaient pas inscrits auprès de CIVIX, les élèves ont été classés dans la catégorie des non-participants.


Note 1 Les données provenant des sondages menés auprès des élèves et auprès des enseignants étaient reliées au moyen du code de l'école. Par conséquent, il n'est pas possible de relier les données d'un élève en particulier à celles d'un enseignant en particulier. Étant donné que dans certaines écoles, plusieurs enseignants ont pris part au sondage, les écoles ont été considérées comme ayant déjà participé au Vote étudiant ou au Camp de la démocratie si un des enseignants de l'école affirmait l'avoir fait. Certains élèves pourraient ainsi être classés dans une catégorie qui ne correspond pas à leur situation.