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Sondage auprès des électeurs à la suite de la 42e élection générale

1. Sommaire du rapport

Élections Canada a chargé R.A. Malatest & Associates Ltd. de mener un sondage par téléphone auprès d'électeurs qui étaient admissibles à voter à la 42e élection générale tenue le 19 octobre 2015. Les objectifs de recherche consistaient à évaluer les attitudes et les connaissances du public au sujet des services d'Élections Canada et de connaître les opinions des électeurs par rapport à leur expérience lors de la 42e élection générale. Afin de mieux cerner l'opinion de groupes précis d'électeurs, notamment les jeunes adultes, les électeurs autochtones, les personnes nées à l'extérieur du Canada et les personnes handicapées, ces groupes ont été suréchantillonnés. Le sondage a évalué l'expérience des électeurs en ce qui concerne les changements récemment apportés au processus électoral, découlant de la loi C-23 (Loi sur l'intégrité des élections). Lorsque pertinent, les résultats du sondage – qui durait une vingtaine de minutes – ont été comparés avec les résultats des sondages auprès des électeurs effectués après les 40e et 41e élections générales. Au total, plus de 3 500 électeurs canadiens ont pris le temps de nous faire part de leur rétroaction. Les résultats sont jugés exacts avec une marge d'erreur de plus ou moins 1,8 %, 19 fois sur 20.

Globalement, les électeurs se sont montrés satisfaits du travail d'Élections Canada pendant la 42e élection générale. La vaste majorité des répondants qui ont voté à l'élection ont été satisfaits de leur expérience du vote (96 %) et du service offert par le personnel d'Élections Canada (97 %). Presque tous les répondants ont trouvé la procédure de vote facile (97 %) et ont jugé que leur lieu de scrutin était situé à un endroit pratique (95 %) et dans un immeuble approprié. Cependant, des améliorations pourraient être apportées. Par exemple, de nombreux électeurs n'étaient pas au courant que l'inscription pouvait maintenant se faire en ligne, alors que d'autres croyaient qu'il était possible de voter en ligne. De plus, les perceptions et l'expérience vécue ne sont pas homogènes entre les sous-groupes d'électeurs suréchantillonnés. Des différences significatives peuvent être observées parmi les électeurs autochtones, les jeunes adultes (âgés de 18 à 34 ans), les électeurs nés à l'étranger et les personnes handicapées. Ces différences sont présentées plus loin dans le rapport.

1.1 Connaissances des électeurs

La connaissance de la tenue d'une élection était forte, presque tous (99 %) les électeurs sondés indiquant qu'ils savaient qu'une élection aurait lieu le 19 octobre 2015. Les électeurs étaient d'avis qu'ils étaient bien informés des modalités, de l'endroit et du moment du vote (96 %). Une forte majorité (88 %) des électeurs ont aussi noté qu'ils connaissaient les exigences en matière d'inscription au scrutin. La plupart des répondants ont aussi été capables de citer, sur demande, au moins une méthode de vote valide, quoique 1 personne sur 10 ait à tort indiqué qu'il était actuellement possible de voter en ligne, et 2 %, par procuration. Les non-votants ont été moins enclins à indiquer avoir vu ou entendu des renseignements sur le processus électoral que les votants. Lorsqu'on leur a demandé à quel point ils se sont sentis bien informés de la procédure, de l'endroit et du moment du scrutin, les non-votants ont été moins portés que les votants à dire qu'ils se sont sentis informés (82 % par rapport à 98 %). La télévision était la principale source d'information pour les répondants, celle-ci arrivant fréquemment en tête des sources citées quant aux renseignements obtenus relativement au scrutin et au processus de vote. Les communications d'Élections Canada (p. ex., la carte d'information de l'électeur, la brochure d'Élections Canada, le site Web d'Élections Canada) ont été une source importante d'information pour les électeurs. En particulier, la carte d'information de l'électeur (CIE) a été une des principales sources d'information sur la façon de voter, y compris sur les exigences en matière d'inscription. Une importante majorité des électeurs ont exprimé au moins un certain intérêt pour la politique.

La connaissance des communications et des services d'Élections Canada était plus variable. Presque 8 électeurs sur 10 (78 %) se rappelaient avoir vu, entendu ou lu des publicités et des communications traitant des modalités, de l'endroit et du moment du vote, mais seulement la moitié des électeurs (51 %) ont indiqué connaître le Service d'inscription en ligne des électeurs.

1.2 Communication avec les électeurs

Même si la plupart des répondants se rappelaient avoir vu de la publicité ou des communications officielles sur les élections de la part d'Élections Canada sous une forme ou une autre, seulement une petite minorité d'entre eux (7 %) ont communiqué avec Élections Canada. Les répondants avaient généralement une bonne connaissance des exigences d'inscription, des moyens de prouver leur identité et des méthodes de vote. Les répondants étaient généralement d'avis qu'ils étaient bien renseignés au sujet du processus électoral et de ses exigences. Les électeurs étaient moins au courant des services en ligne, y compris le Service d'inscription en ligne des électeurs.

1.3 Inscription

Dans une large mesure (88 %), les électeurs étaient satisfaits du processus d'inscription et ne l'ont pas trouvé compliqué. La plupart d'entre eux (90 %) ont reçu leur CIE, et presque tous (97 %) ont indiqué que le nom et l'adresse y figurant étaient exacts. Les votants ont principalement consulté la CIE pour vérifier s'ils étaient inscrits au scrutin. Ceux qui n'étaient pas inscrits se sont, pour la plupart, inscrits au bureau de scrutin juste avant de voter. Un plus petit nombre a profité du Service d'inscription en ligne des électeurs.

1.4 Déplacement au bureau de scrutin

La grande majorité (95 %) des répondants étaient d'avis que l'endroit où ils ont voté était bien situé. Les votants ont réparti le moment de leur vote tout au long de la journée, se rendant au bureau de scrutin dans des proportions presque égales le matin, l'après-midi et en soirée. La plupart d'entre eux s'y sont rendus en véhicule privé. La grande majorité (89 %) des répondants ont apporté leur CIE.

1.5 Expérience relative au service

Dans l'ensemble, les électeurs étaient satisfaits du niveau de service offert par Élections Canada (97 %) et de leur expérience globale de vote (96 %). Le lieu du scrutin a été presque unanimement (97 %) jugé convenable, et les temps d'attente ont été considérés comme acceptables. Presque tous (99 %) les répondants ont aussi été satisfaits de la langue officielle dans laquelle ils ont été servis par le personnel; cette satisfaction n'était pas différente selon la langue officielle de choix des votants.

Les électeurs ont montré une grande confiance à l'égard de l'élection; ils étaient d'avis que l'élection était gérée d'une manière juste par Élections Canada (92 %) et ont exprimé un niveau élevé de confiance par rapport à l'exactitude des résultats électoraux dans leur circonscription (92 %).

1.6 Accessibilité

Dans l'ensemble, les électeurs handicapés étaient satisfaits du niveau de service offert par le personnel d'Élections Canada (85 %). Presque tous (99 %) les électeurs handicapés ont indiqué qu'il n'y avait pas de problème d'accessibilité à l'endroit où ils ont voté. Ceux qui ont eu des problèmes ont généralement eu des difficultés à trouver le bureau de scrutin ou le bureau d'Élections Canada (soit l'immeuble ou l'emplacement dans l'immeuble). Cependant, moins de la moitié (43 %) des électeurs handicapés étaient au courant des outils et de l'aide offerts par Élections Canada. Cette méconnaissance explique en partie pourquoi les votants handicapés ont peu profité de ces outils et services.

1.7 Identification aux bureaux de vote

Presque tous (99 %) les votants ont trouvé facile de répondre aux exigences d'identification. La grande majorité des électeurs ont voté aux bureaux de scrutin, soit le jour de l'élection ou lors des jours de vote par anticipation. Presque tous (99 %) les votants avaient les documents nécessaires pour répondre aux exigences en matière d'identification avant de voter; ils ont généralement utilisé leur permis de conduire comme preuve d'identité et d'adresse. Les votants se sont montrés très satisfaits de l'expérience de vote, y compris des lieux de vote.

1.8 Différence entre les sous-groupes

Un des principaux objectifs de la présente recherche est de comprendre comment l'expérience ou le comportement d'électeur diffèrent par sous-groupes d'électeurs canadiens. Selon les résultats, un handicap, le lieu de naissance et le sexe n'ont pas eu d'effet notable sur l'expérience ou le comportement d'électeur. Les sous-groupes qui diffèrent par leur expérience de vote sont les électeurs qui s'identifient comme Autochtones, les jeunes adultes (18 à 34 ans), les électeurs de différentes catégories de revenu de ménage et ceux de différentes régions du Canada.

Tendances pour les électeurs autochtones : Une augmentation de la participation des Autochtones au processus électoral a été constatée. La participation électorale autodéclarée des électeurs autochtones a atteint son plus haut niveau depuis 2008. La même tendance vaut pour d'autres indicateurs d'engagement à l'égard du processus électoral. Par exemple, les électeurs autochtones sont mieux renseignés sur le processus électoral qu'ils ne l'étaient en 2008 et 2011. Toutefois, les électeurs autochtones restent généralement moins engagés dans le processus électoral, comparativement aux autres citoyens. Malgré l'amélioration du taux de participation, les électeurs autochtones restent moins susceptibles d'avoir voté à l'élection générale de 2015. Ils sont généralement moins au courant du processus électoral et sont moins enclins à faire confiance à Élections Canada ou aux résultats électoraux, comparativement aux électeurs non autochtones. Les électeurs autochtones sont moins susceptibles de consulter les médias traditionnels ou la CIE pour obtenir de l'information sur les élections.

Tendances pour les jeunes adultes : Le niveau d'engagement des jeunes adultes (18 à 34 ans) dans le processus électoral est moins élevé que celui des adultes de 35 ans et plus. Les jeunes adultes montrent moins d'intérêt envers la politique et moins de confiance envers le processus d'élection, comparativement à l'ensemble de la population. Le fait qu'une plus petite proportion de jeunes adultes ont voté à la dernière élection pourrait être le reflet de ce manque d'intérêt envers la politique. Cependant, plutôt que d'indiquer qu'ils ne s'intéressaient pas à la politique comme raison principale de ne pas être allés voter, les jeunes adultes ont été deux fois plus susceptibles de dire qu'ils ne sont pas allés voter parce qu'ils étaient trop occupés. Les résultats ont aussi montré plusieurs différences entre les jeunes adultes et l'ensemble de la population en matière de consommation de médias. Les jeunes adultes ont été moins susceptibles de se servir des médias traditionnels (télévision, journaux et radios) comme source d'information, et ont eu tendance à favoriser le bouche-à-oreille pour se renseigner. Cette différence relative aux modes de communication utilisés pour se renseigner sur l'élection est constatée tout au long du sondage.

Tendances selon la situation socio-économique : Les résultats montrent que les ménages à revenu plus modeste (moins de 40 000 $) peuvent être caractérisés comme étant moins engagés dans le processus électoral. Les électeurs de ménages à revenu plus modeste ont indiqué avoir des niveaux d'intérêt moins élevés envers la politique, être moins renseignés sur l'élection et avoir moins de confiance à l'égard du système électoral.

Tendances selon les régions : Dans l'ensemble, les régions se sont différenciées les unes des autres selon l'expérience ou le comportement d'électeur. Le Québec et les territoires se distinguaient le plus des autres régions du pays. Les électeurs vivant dans les territoires ont indiqué avoir eu plus de problèmes à montrer des preuves d'identité et d'adresse, et ils étaient moins susceptibles d'avoir reçu leur CIE. Ils se sont davantage servis des médias sociaux comme source d'information et se sont sentis moins bien renseignés sur l'élection que les autres Canadiens. De plus, les électeurs des territoires étaient plus susceptibles de découvrir s'ils étaient inscrits le jour de l'élection, au bureau de scrutin. Les Québécois se sont aussi différenciés quant à la façon qu'ils se sont renseignés sur le processus électoral, mais aussi quant à leur niveau global de confiance à l'égard d'Élections Canada. Les électeurs du Québec ont plus fréquemment consulté leur CIE pour obtenir des renseignements sur l'élection. Finalement, les électeurs vivant dans les territoires et au Québec ont montré des niveaux de confiance moins élevés par rapport à l'exactitude de l'élection, et les électeurs handicapés de ces régions du pays étaient moins susceptibles de dire que le personnel d'Élections Canada s'était montré sensible à leurs besoins.