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Portrait de la conscience juridique des électeurs des Premières nations : comprendre l'exercice du droit de vote

L'électeur sans droit de vote

Pour certains membres des Premières nations, surtout ceux qui ont obtenu le droit de vote aux élections fédérales en vertu de la Loi électorale du Canada de 1960, l'accession à ce droit n'a pas eu d'effet important sur la représentation parlementaire ni sur les politiques publiques relatives aux Affaires indiennes. Dans cette optique, voter aux élections fédérales est un geste futile ou une forme de complicité. Geste futile, parce que le vote des membres des Premières nations n'aurait pas d'influence réelle sur les résultats d'une élection fédérale. Seulement deux circonscriptions fédérales comptent une majorité d'électeurs des Premières nations, et moins d'une douzaine de candidats des Premières nations ont été élus au Parlement. Complicité, parce que, comme on le soutient souvent au nom de l'équité, si une personne participe à un processus électoral en votant, elle doit accepter la légitimité du résultat.

Comme pour le nouvel électeur, l'électeur indien sans droit de vote peut avoir de sérieux motifs de ne pas participer aux élections fédérales, bien que pour des raisons très différentes. Le droit de voter pour l'électeur indien sans droit de vote revêt une signification particulière qui le dissuade d'exercer ce droit. Cette interprétation ne s'appuie pas sur les retombées historiques de la Loi sur les Indiens, mais plutôt sur un pronostic concernant la portée actuelle et future de l'acte de vote.