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Participation électorale des Autochtones au Canada

4.  Résultats de l'analyse multidimensionnelle : facteurs influant sur la participation électorale des Autochtones

Afin de déterminer les effets relatifs et particuliers de chaque facteur influant sur la participation électorale, nous avons procédé à des analyses de régression logistique.note 11 Nous avons ensuite créé deux ensembles de modèles de données combinés. Le premier ensemble comprend toutes les variables évaluées dans le cadre des quatre premiers sondages (2004-2011), exception faite de celle liée au devoir civique, qui n'a pas été évaluée dans le cadre du sondage mené en 2011. Par conséquent, nous présentons un deuxième ensemble d'analyses incluant toutes les variables des trois premiers sondages (2004-2008), y compris le sens du devoir civique.

Les modèles tiennent compte du nombre le plus élevé jamais vu de répondants autochtones (plus de 1 900 répondants dans le premier ensemble de données et près de 1 500 dans le deuxième), ce qui nous permet d'estimer assez précisément l'effet de chaque variable sur la décision des Autochtones de voter ou non. Les ensembles comprennent aussi des données concernant les non-Autochtones pour nous permettre de comparer l'effet des différents facteurs sur le taux de participation des Autochtones et des non-Autochtones.

4.1 Modèles de régression combinés

Le tableau 1 présente les résultats de l'analyse de régression liée aux facteurs influant sur la participation électorale des Autochtones et des non-Autochtones. Les deux premières colonnes se limitent aux sondages menés en 2004, en 2006 et en 2008, alors que les deux dernières tiennent aussi compte des résultats obtenus dans le cadre du sondage mené en 2011. Il fallait créer deux ensembles de données, car le sondage de 2011 ne comprenait aucune question sur le sens de devoir civique.

Si nous commençons par les résultats pour 2004-2008, le tableau indique que le fait d'être inscrit sur la liste électorale est un facteur important influant sur le taux de participation des Autochtones. Cependant, ce sont les facteurs d'attitude liés aux ressources politiques et au sens du devoir civique qui influencent le plus les électeurs autochtones. Les électeurs autochtones qui s'intéressent aux questions politiques, qui les suivent de près et qui connaissent le programme électoral des partis sont plus susceptibles de voter par une marge de 39 points de pourcentage, même lorsque toutes les autres variables sont contrôlées. En ce qui concerne la question du devoir civique, il y a un écart de 27 points de pourcentage entre ceux qui croient fortement que voter est un devoir civique et ceux qui ne partagent pas cette croyance. Le seul facteur sociodémographique qui a un poids semblable aux facteurs d'attitude est l'âge : les Autochtones plus âgés sont plus portés à se rendre aux urnes que les jeunes Autochtones.

Deux facteurs sociodémographiques typiques ressortent, même si leur effet n'est pas tout à fait aussi important : il s'agit du revenu et du niveau de scolarité. Les électeurs autochtones gagnant moins de 20 000 $ par année sont moins susceptibles de voter que les électeurs autochtones gagnant plus de 100 000 $ par année, par une marge de 11 points de pourcentage. La probabilité de voter est plus élevée de 7 points de pourcentage chez les électeurs autochtones diplômés d'une université que chez les électeurs autochtones n'ayant pas terminé leurs études secondaires. Un facteur géographique a également un certain poids : le fait de vivre dans une réserve est lié à un plus faible taux de participation (écart de 7 points de pourcentage). Les deux études empiriques précédentes sur la participation électorale des Autochtones au Canada n'ont pas relevé ce point (Harell et al., 2009, Howe et Bedford, 2009).

Tableau 1 – Modèles de régression combinés, participation électorale
  Autochtones
(2004-2008)
Non-Autochtones
(2004-2008)
Autochtones
(2004-2011)
Non-Autochtones
(2004-2011)
Inscrit sur la liste électorale ,20**h
(,02)
,13**
(,01)
,22**
(,02)
,14**
(,01)
Vit dans une réserve -,07**
(,02)
-,08**
(,02)
Femme -,02
(,02)
-,01
(,01)
-,03
(,02)
,01
(,01)
Âge ,26**
(,03)
,09**
(,01)
,25**
(,03)
,11**
(,01)
Niveau de scolarité ,07**
( ,03)
,03*
(,01)
,08**
(,03)
,03**
(,01)
Revenu ,11**
(,04)
,02
(,01)
,09**
(,03)
,04**
(,01)
Vit en milieu rural -,03
(,02)
,02**
(,01)
-,02
(,02)
,02**
(,01)
Région : Colombie-Britannique ,03
(,03)
,01
(,02)
,05*
(,03)
-,01
(,01)
Région : Ontario ,04
(,03)
,00
(,01)
,05*
(,03)
,00
(,01)
Région : Québec -,06*
(,03)
,01
(,01)
-,03
(,03)
,03**
(,01)
Région : Atlantique -,05
(,04)
,01
(,02)
-,03
(,04)
,01
(,01)
Région : Nord ,06
(,04)
,07**
(,03)
,10**
(,04)
,06*
(,03)
Ressources politiques ,39**
(,04)
,33**
(,02)
,46**
(,03)
,39**
(,01)
Croit que voter est un devoir civique ,27**
(,03)
,26**
(,02)
Croit que les partis abordent des enjeux importants ,03
(,03)
,03**
(,01)
A vu la publicité générale d'EC -,02
(,02)
,00
(,01)
-,01
(,02)
,00
(,01)
A vu la publicité autochtone d'EC ,02
(,02)
,02
(,02)
Nombre de cas 1 473 6 043 1 918 8 596
Pseudo R-carré ,30 ,25 ,28 ,21

Les cellules font état de l'effet marginal des coefficients de régression logistique, et l'écart-type de la population est indiqué entre parenthèses. La valeur des variables se situe entre 0 et 1. **significatif à partir de ,05; *significatif à partir de ,10.

Selon l'analyse multidimensionnelle, de nombreuses variables ne sont pas pertinentes. Par exemple, le taux de participation des femmes et des hommes est semblable, ce qui est aussi vrai pour les résidents des milieux ruraux et urbains. Les Autochtones affichent un taux de participation comparable dans toutes les régions, sauf au Québec, où le taux semble être légèrement moins élevé. Les électeurs qui croient que les partis abordent des enjeux qui leur sont personnellement importants ne sont pas nécessairement plus susceptibles de voter. En dernier lieu, ni la publicité générale d'Élections Canada, ni sa publicité visant à encourager les Autochtones à voter, n'a influencé le taux de participation électorale des Autochtones. Le taux de participation était le même, que les répondants aient vu les publicités ou non.

Comme le montre la deuxième colonne du tableau 1, les facteurs influant sur le taux de participation des électeurs non autochtones sont généralement les mêmes. Les ressources politiques et le sens du devoir civique sont les facteurs les plus importants. Certains facteurs sociodémographiques, comme le niveau de scolarité par exemple, sont aussi importants. Nous observons cependant une différence notable en ce qui concerne l'âge : ce facteur influe beaucoup plus sur la participation des Autochtones que sur celle des non-Autochtones. Compte tenu de la difficulté déjà notée de motiver les jeunes non-Autochtones à voter, cet écart laisse entendre qu'il sera peut-être encore plus difficile d'accroître le taux de participation des jeunes Autochtones.

Lorsque nous examinons les données incluant les résultats du sondage de 2011 (les troisième et quatrième colonnes), nous ne remarquons pas de grandes différences. L'effet des ressources politiques est un peu plus grand, ce qui s'explique sans doute par le fait que ce facteur tient compte, en partie, de l'effet du sens du devoir civique (facteur non mesuré en 2011), car ces deux facteurs sont liés dans une faible mesure. Encore une fois, l'âge joue un rôle important, particulièrement chez les Autochtones. L'inscription sur la liste électorale exerce aussi une grande influence, et les facteurs liés au niveau de scolarité et au revenu sont pertinents. En dernier lieu, nous signalons qu'il y a des différences en ce qui a trait aux facteurs géographiques, mais les différences ne sont pas très marquées.

Pour résumer ces constatations, nous avons créé la figure 1, laquelle dresse le profil des électeurs moyens autochtones et non autochtones ayant voté et n'ayant pas voté en fonction des principaux facteurs influant sur la participation aux élections fédéralesnote 12. Si nous nous penchons d'abord sur les électeurs autochtones, la figure indique que seulement la moitié des Autochtones n'ayant pas voté se souviennent d'avoir reçu une carte d'information de l'électeur, alors que 87 % des Autochtones ayant voté se souviennent de l'avoir reçue. Parmi les Autochtones n'ayant pas voté, environ la moitié vivent dans une réserve, alors que la plupart des Autochtones ayant voté vivent en dehors d'une réserve. En moyenne, les Autochtones ayant voté sont 10 ans plus vieux que ceux qui n'ont pas voté. Les Autochtones n'ayant pas voté n'ont généralement pas terminé leurs études secondaires, alors que ceux ayant voté ont habituellement obtenu leur diplôme d'études secondaires. Les Autochtones ayant voté gagnent environ 20 000 $ de plus que les Autochtones n'ayant pas voté. Seulement le quart des Autochtones n'ayant pas voté possède des ressources politiques supérieures à la valeur médiane, alors que près des deux tiers des Autochtones ayant voté possèdent de telles ressources. En dernier lieu, la proportion d'Autochtones ayant voté qui croit que voter est un devoir civique (90 %) est beaucoup plus élevée que les deux tiers d'Autochtones partageant cette croyance, mais s'étant abstenus de voter.

Figure 1 – Profil des électeurs moyens autochtones et non autochtones ayant voté et n'ayant pas voté (2004-2011)
  Non-Autochtones
n'ayant pas voté
Non-Autochtones
ayant voté
Autochtones
n'ayant pas voté
Autochtones
ayant voté
Inscrit sur la liste électorale 69 % 93 % 49 % 87 %
Vit dans une réserve 52 % 37 %
Âge De 35 à 44 De 45 à 54 De 35 à 44 De 45 à 54
Niveau de scolarité Collège Collège Études secondaires partielles Diplôme d'études secondaires
Revenu Entre 40K$ et 60K$ Entre 60K$ et 80K$ Entre 20K$ et 40K$ Entre 40K$ et 60K$
Ressources politiques(> valeur médiane) 33 % 73 % 24 % 64 %
Croit que voter est un devoir civique 74 % 96 % 68 % 90 %

Lorsque nous examinons les profils des non-Autochtones qui ont voté et qui n'ont pas voté, les mêmes tendances se dégagent. Comparativement aux non-Autochtones qui se sont abstenus de voter, ceux qui ont voté sont plus susceptibles d'être inscrits sur la liste électorale, d'être plus âgés, d'avoir un niveau de scolarité et de revenu plus élevés, d'avoir un sens plus aigu du devoir civique, de s'intéresser davantage aux questions politiques, de les suivre de plus près et de s'y connaître davantage en politiquenote 13. En gros, nous remarquons que les différences entre les répondants qui ont voté et ceux qui n'ont pas voté, qu'ils soient autochtones ou non autochtones, se manifestent dans chacun des facteurs clés.

Lorsque nous faisons des comparaisons entre les Autochtones et les non-Autochtones à partir du tableau de données agrégées (tableau A6, à l'annexe 2), nous remarquons que les non-Autochtones surpassent les Autochtones à l'égard de tous les facteurs. En moyenne, les non-Autochtones sont plus susceptibles d'être inscrits sur la liste électorale, d'être plus âgés, d'avoir un niveau de scolarité et un revenu plus élevés, de posséder davantage de ressources politiques et de croire que voter est un devoir civique.

En fait, l'écart sur le plan du taux de participation entre les Canadiens autochtones et non autochtones peut être entièrement expliqué par les différences observées dans le tableau regroupant toutes les données pour dresser les profils. Si nous supposions que le profil sociodémographique et les attitudes des Autochtones étaient les mêmes que ceux des non-Autochtones en moyenne (selon le tableau A6), nous trouverions que le taux de participation estimé pour les deux groupes est le même. Cette supposition laisse entendre que le taux de participation des Autochtones augmenterait de 20 points de pourcentage si leur profil correspondait à celui des non-Autochtones pour ce qui est des facteurs clés. Le cas échéant, l'écart entre les deux groupes serait complètement éliminé. Bref, l'écart sur le plan du taux de participation est attribuable aux différences marquées entre la situation socioéconomique moyenne des électeurs autochtones et celle des électeurs non autochtones.

4.2 Vivre dans une réserve par opposition à vivre en dehors d'une réserve

Il a été démontré que les Autochtones qui vivent dans les réserves sont moins portés à voter que ceux vivant en dehors de celles-ci. Mais les facteurs influant sur le taux de participation sont-ils différents d'un groupe à l'autre? Pour répondre à cette question, nous avons créé les tableaux A1a et A1b (annexe 2), lesquels présentent une analyse des échantillons fractionnés pour comparer les différences entre les Autochtones vivant dans les réserves et ceux vivant en dehors de celles-ci. Le tableau A1a se rapporte aux sondages menés en 2004, en 2006 et en 2008 seulement, alors que le tableau A1b comprend aussi les résultats du sondage mené en 2011.

Nous portons notre attention sur les résultats des sondages de 2004, de 2006 et de 2008, car nous n'avons pas constaté de différence marquée lorsque les résultats du sondage de 2011 sont pris en compte. En gros, ce que nous remarquons, c'est la cohérence. Les quatre grands facteurs influant sur le taux de participation selon l'analyse à la section 4.1 l'inscription sur la liste électorale, le sens du devoir civique, les ressources politiques et l'âge – ont un effet semblable tant sur les Autochtones vivant dans les réserves que sur ceux vivant en dehors de celles-ci, quoi que le facteur lié au sens du devoir civique semble jouer un rôle un peu plus important chez les Autochtones vivant dans une réserve. Il y a quand même de petites différences entre les électeurs autochtones vivant dans les réserves et ceux vivant en dehors de celles-ci. Par exemple, le niveau de scolarité est plus important pour les Autochtones dans les réserves que pour ceux vivant ailleurs. En revanche, le revenu est plus important pour les Autochtones vivant ailleurs que pour ceux vivant dans les réserves. Le taux de participation au Québec varie selon le lieu de résidence : les Autochtones vivant dans les réserves participent en moins grand nombre que leurs homologues des autres régions, alors que les Autochtones vivant en dehors de celles-ci sont plus nombreux à participer que leurs compatriotes d'ailleurs. En dernier lieu, le fait d'avoir vu une publicité générale d'Élections Canada s'est traduit par un plus faible taux de participation chez les Autochtones vivant dans les réserves.

4.3 Vivre en milieu rural par opposition à vivre en milieu urbain

La densité de population et le développement économique pourraient-ils sous-tendre les facteurs déterminants de la participation électorale des Autochtones? Pour répondre à cette question, nous avons analysé dans le tableau un deuxième échantillon fractionné pour déterminer les différences entre les répondants vivant en milieu urbain et ceux vivant en milieu rural (troisième et quatrième colonnes des tableaux A1a et A1b).

Si nous nous penchons sur les sept facteurs influant le plus sur le taux de participation des Autochtones, le fait de vivre en milieu urbain ou rural ne joue pas un rôle déterminant. Dans les deux milieux, ce sont les facteurs liés aux ressources politiques, au sens du devoir civique, à l'âge, à l'inscription sur la liste électorale, au revenu, au niveau de scolarité et au fait de vivre dans une réserve ou non qui influencent dans une mesure égale le taux de participation aux élections fédérales. Il y a lieu de signaler cependant que l'effet du revenu dans les régions rurales n'est pas statistiquement significatif.

Nous signalons aussi que deux facteurs moins importants ne suivent pas les tendances : soit ceux liés à la région de résidence et aux publicités. Le taux de participation dans le Nord était plus élevé, mais seulement dans les milieux urbains. Les électeurs autochtones dans les régions rurales en Ontario et au Québec ne suivaient pas non plus les tendances. En dernier lieu, le fait d'avoir vu une publicité générale d'Élections Canada a eu un faible effet négatif, mais seulement dans les régions rurales.

Lorsque nous tenons compte des données de 2011, les effets observés sont sensiblement les mêmes (sauf en ce qui concerne le sens du devoir civique, qui n'a pas été évalué en 2011).

4.4 Quelles sont les différences d'une élection à l'autre?

Les modèles combinés du tableau 1 masquent peut-être des dynamiques particulières propres à chacune des élections. Pour déterminer si tel est le cas, nous avons créé des modèles distincts pour 2004, 2006, 2008 et 2011 afin d'évaluer les mêmes facteurs. Les résultats sont présentés dans le tableau A2 (annexe 2).

Selon les quatre modèles de données, les quatre principaux facteurs déterminants relevés dans l'analyse à la section 4.1 – l'inscription sur la liste électorale, les ressources politiques, le sens du devoir civique et l'âge – ont un effet important semblable (sauf en ce qui concerne le sens du devoir civique, qui n'a pas été évalué en 2011). Les facteurs liés au fait de vivre ou non dans une réserve, au niveau de scolarité et au revenu exercent eux aussi un effet semblable, mais cet effet n'est souvent pas significatif sur le plan statistique compte tenu du faible nombre de cas dans chaque modèle distinct de données.

L'incidence des publicités d'Élections Canada sur le taux de participation a été faible dans chacune des quatre élections. Seulement cinq facteurs qui n'étaient pas aussi importants dans les modèles combinés sont importants lorsqu'ils sont analysés dans les modèles distincts : quatre facteurs géographiques (la Colombie-Britannique et l'Ontario, en 2004, et le Nord, en 2006 et en 2011) et un facteur d'attitude (celui lié à la croyance selon laquelle les partis abordent des enjeux importants, en 2008).

Les tendances observées dans les modèles combinés sont essentiellement les mêmes que celles observées dans les modèles distincts. Il y a donc cohérence au fil du temps.

4.5 Explications propres à la situation des Autochtones

Certaines personnes se demanderont peut-être si les modèles combinés perdent de vue les éléments concernant la participation électorale des Autochtones étant donné qu'ils ne retiennent que les facteurs communs qui revenaient dans les quatre ensembles de données. Les modèles distincts nous permettent de tenir compte des variables qui n'étaient pas communes. En réalité, ces facteurs ajoutent rarement un poids significatif aux autres facteurs importants influant déjà sur le taux de participation. Les résultats se trouvent dans le tableau A3 (annexe 2).

En 2004, seulement deux variables analysées dans l'analyse bidimensionnelle de la participation (graphique 1), mais non comprises dans les modèles combinés devenaient importantes lorsqu'elles étaient prises en compte dans les analyses multidimensionnelles : la croyance selon laquelle il devrait y avoir un nombre de sièges garantis à des Autochtones au Parlement et le sentiment d'appartenance au Canada. Ces facteurs avaient un effet négatif sur le taux de participation des Autochtones. Aucune autre des variables suivantes n'était pertinente : sentiment d'appartenance autochtone, souhait de voir un plus grand nombre de candidats ou de représentants autochtones, et croyance selon laquelle son vote n'a pas d'importance.

Pour 2006, des quelque 20 variables supplémentaires dont nous pouvons tenir compte, seulement quelques-uns des facteurs ont un effet significatif. Les répondants qui ont vu le slogan d'Élections Canada, qui ont un emploi, qui n'ont pas d'enfants de 18 ans ou moins, qui sont membres d'un parti politique, qui ne croient pas que les partis sont trop influencés par l'argent, qui croient que le faible taux de participation affaiblit la démocratie ou qui pensent qu'un plus grand nombre d'Autochtones devrait voter étaient plus susceptibles de voter le jour de l'électionnote 14. Les facteurs les plus importants demeurent cependant toujours l'âge, les ressources politiques et le sens du devoir civique.

Pour 2008, nous pouvons tenir compte de plus de 14 variables supplémentaires. Cette fois-ci, il n'y en a que deux qui importent. Les répondants autochtones sont plus susceptibles de voter si un autre membre de leur ménage a voté et s'ils ne sont pas handicapésnote 15.

Les autres facteurs en 2011 ayant un effet important sont les suivants : le fait d'être attaché à la communauté, d'être handicapé, d'avoir un emploi ou de faire du bénévolat dans la communauté.

Les résultats de ces analyses supplémentaires démontrent clairement que les modèles combinés permettent d'expliquer de façon fiable et valide la question de la participation électorale des Autochtones au Canada.


Note 11 Il convient d'utiliser un modèle logistique lorsque la variable dépendante est dichotomique, ce qui est le cas pour la participation électorale.

Note 12 En ce qui concerne l'âge, le niveau de scolarité et le revenu, la figure fait état de la moyenne pour chacun des quatre groupes.

Note 13 Le niveau de scolarité des non-Autochtones ayant voté et de ceux n'ayant pas voté n'est pas tout à fait pareil, même si le tableau sommaire indique que ces deux groupes ont, en moyenne, le même niveau de scolarité (diplôme collégial).

Note 14 La publicité générale d'Élections Canada dans les journaux a aussi eu un effet positif sur le taux de participation en 2006, mais cette variable n'était pas considérée comme une variable supplémentaire étant donné qu'elle était comprise dans le modèle combiné (les facteurs de 2006 et de 2008 portant sur les médias particuliers ont été combinés pour qu'ils correspondent au format des questions utilisées en 2004 et en 2011).

Note 15 La publicité générale d'Élections Canada diffusée à la télévision a eu un effet négatif sur le taux de participation en 2008, mais cette variable n'était pas considérée comme une variable supplémentaire (voir la note précédente).