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Enquête nationale auprès des jeunes

SECTION 5 : PROFILS DES JEUNES SELON LEURS HABITUDES EN MATIÈRE DE PARTICIPATION ÉLECTORALE

Cette section présente le profil des votants assidus (ayant voté à toutes les élections), des votants fréquents (ayant voté à la plupart des élections), des votants occasionnels (ayant voté à quelques élections) et des non-votants récurrents (n'ayant jamais voté)23. Les données utilisées dans cette section sont tirées des deux échantillons, aléatoire et par choix raisonné.

5.1 Habitudes générales en matière de participation électorale

Lorsqu'on a interrogé les jeunes de l'échantillon aléatoire sur leur participation électorale depuis qu'ils étaient habilités à voter, 13 % se sont décrits comme des non-votants récurrents, 21 % comme des votants occasionnels, 20 % comme des votants fréquents et 46 % comme des votants assidus.

Pour ce qui est des jeunes des sous-groupes (échantillons aléatoire et par choix raisonné), on a observé que les habitudes en matière de participation électorale chez les jeunes des régions rurales étaient similaires à celles des jeunes de l'échantillon national aléatoire. Certains sous-groupes comptaient un plus grand nombre de non-votants récurrents, en particulier chez les jeunes Autochtones et les jeunes sans emploi (tableau 5‑1).

Tableau 5‑1 : Habitudes générales en matière de participation électorale
Votants assidus Votants fréquents Votants occasionnels Non-votants récurrents
Jeunes Autochtones 17 % 16 % 30 % 37 %
Jeunes de groupes ethnoculturels 30 % 22 % 26 % 22 %
Jeunes sans emploi 22 % 14 % 24 % 39 %
Jeunes handicapés 20 % 20 % 32 % 29 %
Jeunes des régions rurales 41 % 22 % 22 % 14 %
Échantillon national aléatoire 46 % 20 % 21 % 13 %

Source : Échantillons aléatoire et par choix raisonné de l'Enquête nationale auprès des jeunes.

On a eu recours à la régression logistique multinomiale pour explorer les caractéristiques des non-votants récurrents, des votants occasionnels et des votants fréquents comparativement à celles des jeunes disant avoir voté lors de toutes les élections depuis qu'ils étaient habilités à voter (votants assidus). Le modèle multinomial a vérifié la corrélation entre les habitudes en matière de participation électorale et les variables liées à la participation à l'élection générale de 2011 (relevées au moyen de la régression logistique décrite à la section 3). Le modèle comprenait aussi les variables représentant les sous-groupes (jeunes Autochtones, jeunes handicapés, jeunes des groupes ethnoculturels, jeunes des régions rurales et jeunes sans emploi).

Les résultats de l'analyse révèlent plusieurs différences importantes entre les quatre groupes et un écart croissant en passant des votants fréquents aux votants occasionnels, puis aux non-votants récurrents (tableau 5‑2). Les principales différences entre les votants assidus et les trois autres groupes se trouvent dans les obstacles motivationnels (ces jeunes étant moins enclins, par exemple, à considérer le vote comme un devoir civique) et les obstacles d'accès (comme le fait de savoir quand voter et la difficulté de se rendre au bureau de scrutin). On a aussi observé quelques différences dans les influenceurs, les jeunes des trois groupes étant moins nombreux, notamment, à parler de politique avec leur famille ou à l'avoir fait quand ils étaient enfants.

Tableau 5‑2 : Comparaison entre les votants assidus et les autres profils de participation électorale

Ayant voté à chaque élection
(Votants assidus)

Groupe de référence

Ayant voté à la plupart des élections
(Votants fréquents)


Facteurs motivationnels

Attitudes

  • Moins susceptibles de considérer le vote comme un devoir civique

Intérêt

  • Moins intéressé(e)s par la politique

Connaissances politiques

  • Moins capables de répondre à des questions sur la politique

Obstacles d'accès

Connaissance du processus

  • Moins susceptibles de savoir quand voter

Situation personnelle

  • Plus susceptibles d'être Autochtones ou sans emploi
  • Plus susceptibles d'avoir de la difficulté à se rendre au bureau de scrutin

Influenceurs

  • Moins susceptibles de discuter de politique avec sa famille ou d'avoir parlé de politique avec sa famille étant enfant
  • Moins susceptibles d'avoir utilisé la télévision comme source principale d'information sur les élections

Ayant voté à quelques élections
(Votants occasionnels)


Facteurs motivationnels


Attitudes

  • Moins susceptibles de considérer le vote comme un devoir civique
  • Plus susceptibles de croire que tous les partis sont identiques

Intérêt

  • Moins intéressé(e)s par la politique

Connaissances politiques

  • Moins capables de répondre à des questions sur la politique
  • Moins de connaissances sur les candidats

Obstacles d'accès

Connaissance du processus

  • Moins susceptibles de savoir quand voter ou de connaître les différentes façons de voter

Situation personnelle

  • Plus susceptibles d'être Autochtones, d'appartenir à des groupes ethnoculturels ou d'avoir un handicap
  • Plus susceptibles d'avoir de la difficulté à se rendre au bureau de scrutin
  • Moins susceptibles de vivre dans un milieu rural

Obstacles administratifs

  • Moins susceptibles de trouver facile et commode de voter

Influenceurs

  • Moins susceptibles de discuter de politique avec sa famille ou d'avoir parlé de politique avec sa famille étant enfant

N'ayant jamais voté
(Non-votants récurrents)


Facteurs motivationnels


Attitudes

  • Moins susceptibles de considérer le vote comme un devoir civique
  • Plus susceptibles de croire que tous les partis sont identiques

Intérêt

  • Moins intéressé(e)s par la politique

Connaissances politiques

  • Moins capables de répondre à des questions sur la politique
  • Moins de connaissances sur les candidats

Obstacles d'accès

Connaissance du processus

  • Moins susceptibles de savoir quand voter ou de connaître les différentes façons de voter

Situation personnelle

  • Plus susceptibles d'être Autochtones ou d'avoir de la difficulté à se rendre au bureau de scrutin
  • Moins susceptibles d'avoir un diplôme universitaire ou de vivre dans un milieu rural

Obstacles administratifs

  • Moins susceptibles d'avoir reçu une carte d'information de l'électeur ou de considérer que voter est facile

Influenceurs

  • Moins susceptibles de discuter de politique avec sa famille ou des politiciens en général
  • Moins susceptibles d'utiliser la télévision comme source principale d'information sur les élections


5.2 Des votants en plus, des votants en moins

En tout, 85 % des votants ont fait comme à l'habitude lors de l'élection générale de mai 2011 : la plupart des votants assidus et des votants fréquents sont allés voter, tandis que la plupart des votants occasionnels et des non-votants récurrents ne l'ont pas fait. Toutefois, 15 % des votants n'ont pas agi selon leur habitude : 11 % des jeunes de l'échantillon national aléatoire ont rapporté avoir voté lors de l'élection générale de 2011, malgré leur appartenance à la catégorie des non-votants récurrents ou des votants occasionnels. Par contre, seulement 4 % de la population des votants assidus ou fréquents ont rapporté ne pas avoir voté.

Le fait que le nombre de votants « gagnés » soit plus grand que le nombre de votants « perdus » est possiblement attribuable à l'âge plus avancé des jeunes et non l'indication d'un changement vers la hausse de la participation électorale des jeunes en général, étant donné que les jeunes sont généralement plus enclins à voter en vieillissant (exception faite des jeunes de 18 et 19 ans). Toutefois, la participation électorale chez les jeunes de certains sous-groupes semble connaître une croissance plus rapide que celle de l'ensemble des jeunes (rattrapant le taux de participation de l'ensemble des jeunes). Par exemple, 18 % des jeunes des groupes ethnoculturels ont rapporté avoir voté lors de la dernière élection générale, malgré le fait qu'ils n'avaient pas voté lors de la plupart des autres élections depuis qu'ils étaient habilités à voter.

Tableau 5‑3 : La participation au scrutin versus les habitudes générales en matière de participation électorale
Ont fait comme à l'habitude Votants gagnés Votants perdus
Jeunes Autochtones 77 % 16 % 7 %
Jeunes de groupes ethnoculturels 80 % 18 % 2 %
Jeunes sans emploi 79 % 15 % 6 %
Jeunes handicapés 84 % 10 % 6 %
Jeunes des régions rurales 89 % 9 % 2 %
Échantillon national aléatoire 85 % 11 % 4 %

Source : Échantillons aléatoire et par choix raisonné de l'Enquête nationale auprès des jeunes

5.2.1 Raisons expliquant le changement dans les habitudes en matière de participation électorale

Dans le but de connaître les raisons pour lesquelles les jeunes n'ayant pas l'habitude de voter avaient décidé de voter à l'élection générale de 2011 – et celles pour lesquelles ceux ayant l'habitude de voter ne l'avaient pas fait – on a exploré les principales raisons données pour expliquer pourquoi les jeunes avaient voté ou non24. Le plus souvent, les votants « gagnés » ont dit avoir voté pour exprimer leur opinion. Fait intéressant, l'ensemble des jeunes interrogés ont dit, le plus souvent, l'avoir fait par devoir civique. Seulement 8 % des votants « gagnés » ont parlé du devoir civique pour expliquer pourquoi ils avaient choisi de voter. Ces résultats suggèrent que le message véhiculé dans le cadre de toute mesure prise pour accroître la participation des non-votants devrait porter sur l'expression personnelle plutôt que sur le devoir civique.

Tableau 5‑4 : Principales raisons pour lesquelles les votants « gagnés » ont choisi de voter
Votants gagnés Total de la population générale
Cela m'a permis d'exprimer mon opinion 20 % 16 %
Je crois que voter c'est important 17 % 17 %
Appuyer un parti politique ou m'opposer à un parti politique 17 % 15 %
C'est un devoir civique pour un citoyen de voter lors d'élections 8 % 28 %
Appuyer un candidat ou m'opposer à un candidat 7 % 4 %
C'est mon droit 7 % 3 %

Source : Échantillons aléatoire et par choix raisonné de l'Enquête nationale auprès des jeunes.

Le plus souvent, les votants « perdus » ont dit ne pas avoir voté parce qu'ils étaient à l'extérieur de la circonscription au moment de l'élection. Cette réponse n'étonnera personne étant donné la mobilité des jeunes Canadiens. De nombreux jeunes ont aussi dit qu'ils étaient à l'école ou au travail toute la journée. D'autres raisons entendues couramment concernaient le processus, comme le transport et l'exigence de produire une pièce d'identité et un document portant l'adresse de l'électeur. Bien que certains votants « perdus » aient parlé d'un manque d'intérêt à l'égard des partis et des candidats, un plus grand nombre de votants ont été perdus pour des raisons liées à l'accès qu'à la motivation.

Tableau 5‑5 : Principales raisons pour lesquelles les votants « perdus » n'ont pas voté
Votants perdus Non-votants (population générale)
J'étais en voyage/hors de ma circonscription 24 % 14 %
J'étais à l'école/au travail toute la journée (ou trop occupé(e)) 24 % 30 %
Il m'était impossible de me rendre au bureau de scrutin (l'endroit n'était pas commode/problèmes de transport) 9 % 3 %
Je n'avais aucune pièce d'identité, preuve d'adresse ou carte d'information de l'électeur 6 % 3 %
Je n'aimais aucun parti/candidat (absence de choix intéressant) 6 % 3 %

Source : Échantillons aléatoire et par choix raisonné de l'Enquête nationale auprès des jeunes.


23 La terminologie anglaise est tirée de l'ouvrage de Howe : The electoral participation of Young Canadians, 2007.

24 En raison de la faible taille des échantillons, ce niveau d'analyse n'a pas été effectué dans les segments étudiés.