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Enquête nationale auprès des jeunes

SECTION 6 : MESURES SUSCEPTIBLES D'AMÉLIORER LA PARTICIPATION ÉLECTORALE

Les sections 4 et 5 ont décrit les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès liés à la non-participation à l'élection générale de mai 2011 et à la non-participation au processus électoral en général. La présente section utilise les résultats de l'Enquête nationale auprès des jeunes pour examiner les mesures que pourrait prendre Élections Canada en vue d'accroître la participation électorale des jeunes Canadiens.

L'analyse de régression effectuée au moyen des données de l'échantillon national aléatoire suggère que les mesures les plus susceptibles d'améliorer la participation électorale des jeunes à court et à moyen terme sont celles visant à réduire ou éliminer les obstacles d'accès. À ce chapitre, il importe d'améliorer la connaissance qu'ont les jeunes du processus, de réduire les difficultés se rapportant à leur situation personnelle et d'éliminer les obstacles administratifs à la participation au scrutin. Parallèlement, des mesures à long terme visant à réduire ou éliminer les obstacles motivationnels pourraient améliorer la participation électorale des jeunes, en particulier ceux de certains sous-groupes.

Pour guider les efforts de communication, cette section présente le profil sociodémographique et le nombre estimé de jeunes qui pourraient être touchés ou influencés par des mesures visant à accroître la motivation ou à éliminer les obstacles d'accès au scrutin.

6.1 Facteurs motivationnels et obstacles d'accès au scrutin

Un index de motivation et un index d'accès ont été calculés à partir des variables les plus déterminantes de la participation au scrutin, selon le modèle de régression. L'annexe A offre des précisions sur le calcul de ces index.

Les facteurs motivationnels les plus déterminants de la participation au scrutin sont les suivants :

Les variables mesurant les obstacles d'accès les plus déterminants de la participation au scrutin selon le modèle de régression logistique étaient les suivants :

6.2 Appartenance des jeunes aux quadrants de motivation et d'accès

On a étudié les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès au moyen d'un cadre conceptuel25 segmentant les votants et les non-votants (figure 6‑1). Ce cadre présente une façon de concevoir l'interrelation entre la motivation et les obstacles d'accès. Ces deux dimensions ont permis de catégoriser les répondants selon l'un ou l'autre des quatre groupes ou quadrants ci-dessous26. Les index de motivation et d'accès décrits plus haut ont servi à catégoriser les répondants de l'échantillon national aléatoire.

Figure 6-1 : Vue d'ensemble des obstacles à la participation électorale

Grande motivation et peu d'obstacles d'accès

56 % des répondants
95 % ayant voté lors de l'élection générale de 2011

Il y a peu de place à l'amélioration de la participation des jeunes de ce quadrant.


La grande motivation des jeunes leur permettra de surmonter les obstacles d'accès.

Grande motivation, mais plusieurs obstacles d'accès

18 % des répondants
67 % ayant voté lors de l'élection générale de 2011

On peut grandement améliorer la participation électorale de ces jeunes en éliminant les obstacles d'accès.

Les obstacles d'accès ont une influence considérable. Avoir une meilleure connaissance du processus aidera à surmonter ces obstacles
.

Peu de motivation et peu d'obstacles d'accès

8 % des répondants
60 % ayant voté lors de l'élection générale de 2011

Accroître la participation des jeunes dans ce quadrant nécessite une approche à long terme.

Peu de motivation et plusieurs obstacles d'accès

18 % des répondants
19 % ayant voté lors de l'élection générale de 2011

On peut grandement améliorer la participation électorale en éliminant les obstacles d'accès. Cependant, même si les obstacles d'accès sont éliminés, il faudra accroître la motivation des jeunes dans ce quadrant avant de voir une plus grande participation électorale.


6.2.1 Jeunes de l'échantillon national aléatoire

Puisque les répondants de l'Enquête nationale auprès des jeunes ont rapporté un taux de participation plus élevé que le taux de participation considéré probable chez les jeunes Canadiens, il est possible que les réponses aux questions sur la motivation et l'accès présentent aussi un profil plus optimiste que celui de l'ensemble des jeunes Canadiens. Par conséquent, la prudence est de mise dans la généralisation des résultats de la figure 6‑1 à l'ensemble de la population.

6.2.2 Jeunes des sous-groupes

Exception faite, possiblement, des jeunes peu motivés et ayant connu peu d'obstacles d'accès (orange), la proportion des répondants dans chaque quadrant change lorsqu'on étudie les données des cinq sous-groupes (graphique 6‑1).

Graphique 6‑1 : Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants

Moyenne nationale
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Moyenne nationale
Jeunes Autochtones
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Jeunes Autochtones
Jeunes des groupes ethnoculturels
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Jeunes des groupes ethnoculturels

Jeunes sans emploi
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Jeunes sans emploi
Jeunes handicapés
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Jeunes handicapés
Jeunes des régions rurales
Appartenance des sous-groupes aux divers quadrants - Jeunes des régions rurales

Description en texte du graphique 6-1

Légende

 Grande motivation et peu d'obstacles d'accès
 Grande motivation, mais plusieurs obstacles d'accès
 Peu de motivation et peu d'obstacles d'accès
 Peu de motivation et plusieurs obstacles d'accès

La différence entre les sous-groupes et la moyenne nationale est claire : on constate une diminution dans la proportion des jeunes des sous-groupes appartenant au quadrant caractérisé par une grande motivation et peu d'obstacles d'accès (vert) et une augmentation dans la proportion des jeunes appartenant au quadrant caractérisé par une faible motivation et plusieurs obstacles d'accès (rouge). Près de la moitié (46 %) des jeunes Autochtones appartenaient à ce dernier quadrant associé à la plus faible participation électorale (versus 18 % de l'échantillon national aléatoire). Les jeunes appartenant au quadrant caractérisé par une grande motivation et plusieurs obstacles d'accès (jaune) représentaient environ 20 % de la plupart des groupes, bien qu'une proportion légèrement plus élevée de jeunes des groupes ethnoculturels et de jeunes handicapés s'inscrivait dans ce quadrant.

6.3 Nombre de jeunes dans chacun des quadrants de motivation et d'accès

On a estimé la taille des quatre quadrants chez l'ensemble des jeunes Canadiens et chez l'ensemble des jeunes des sous-groupes au moyen des proportions de jeunes dans chaque quadrant et des données de Statistique Canada (tableau 6‑1). Les résultats sont présentés sous forme de fourchettes pour les raisons suivantes :

6‑1 : Estimation des quadrants et des sous-groupes au sein de la population canadienne
Groupe Moyenne nationale Jeunes Autochtones Jeunes de groupes ethnoculturels Jeunes sans emploi Jeunes handicapés Jeunes des régions rurales
Estimation du nombre total de jeunes 8 100 000 310 000 1 300 000 540 000 500 000 1 600 000
Grande motivation et peu d'obstacles d'accès 3 900 000 à
5 200 000
63 000 à
86 000
410 000 à
550 000
120 000 à
170 000
110 000 à
140 000
650 000 à
880 000
Grande motivation, mais plusieurs obstacles d'accès 1 200 000 à
1 700 000
55 000 à
75 000
290 000 à
390 000
92 000 à
124 000
120 000 à
160 000
230 000 à
310 000
Peu de motivation et plusieurs obstacles d'accès 1 200 000 à
1 700 000
120 000 à
160 000
300 000 à
400 000
200 000 à
270 000
160 000 à
220 000
350 000 à
480 000
Peu de motivation et peu d'obstacles d'accès 550 000 à
750 000
24 000 à
32 000
120 000 à
160 000
37 000 à
50 000
34 000 à
46 000
140 000 à
180 000

Source : Estimations démographiques de Statistique Canada du 1er juillet 2011, Recensement de 2006 de Statistique Canada, Enquête sur la participation et les limitations d'activités de 2006, Information sur la population active, août 2011.

6.4 Analyse par grappes de jeunes

On a eu recours à l'analyse par grappes pour explorer le degré d'homogénéité dans les quadrants de motivation et d'accès. L'analyse par grappes est une méthode statistique qui réunit dans un groupe les répondants ayant des scores semblables. Dans le cadre de cette enquête, on a eu recours à l'analyse par grappes pour regrouper les jeunes répondants (de l'échantillon national aléatoire et de l'échantillon par choix raisonné) selon leurs scores dans les index de motivation et d'accès28. Dans cette analyse, l'utilisation de cinq grappes offrait la meilleure segmentation. Le graphique 6‑2 présente les cinq grappes sur les deux axes représentant les deux index. Une analyse plus poussée a été réalisée pour cerner les caractéristiques de chaque grappe29.

Graphique 6‑2 : Segmentation des grappes de jeunes Canadiens

Segmentation des grappes de jeunes Canadiens

Description en texte du graphique 6-2

Le lecteur trouvera dans le tableau 6‑2 une description et une synthèse des grappes de jeunes.

Tableau 6‑2 : Grappes de jeunes
Groupe 1 :
Grande motivation et peu d'obstacles d'accès
Groupe 2 :
Motivation moyenne et peu d'obstacles d'accès
Groupe 3 :
Motivation moyenne et plusieurs obstacles d'accès
Groupe 4 :
Faible motivation et quelques obstacles d'accès
Groupe 5 :
Faible motivation et plusieurs obstacles d'accès
30‑50 % des jeunes Canadiens
95 % ayant voté
20‑40 % des jeunes Canadiens
79 % ayant voté
8‑12 % des jeunes Canadiens
26 % ayant voté
10‑20 % des jeunes Canadiens
22 % ayant voté
3‑6 % des jeunes Canadiens
9 % ayant voté
Principales différences entre les groupes
Plus susceptibles d'être :
  • plus âgés
  • plus scolarisés
  • plus fortunés
  • 86 % étaient entièrement d'accord que le vote constitue un devoir civique
Plus susceptibles d'être :
  • plus scolarisés
  • plus fortunés
  • 55 % étaient entièrement d'accord que le vote constitue un devoir civique
Plus susceptibles d'être :
  • plus jeunes
  • des jeunes Autochtones, des jeunes de groupes ethnoculturels ou des jeunes handicapés
  • seulement 14 % trouvaient facile et commode de voter
Plus susceptibles d'être :
  • moins scolarisés
  • moins fortunés
  • des jeunes Autochtones ou des jeunes de régions rurales
  • 40 % ne considéraient pas le vote comme un devoir civique
Plus susceptibles d'être :
  • moins scolarisés et moins fortunés
  • des jeunes Autochtones ou des jeunes handicapés
  • seulement 34 % trouvaient facile et commode de voter
Raisons pour lesquelles les jeunes ont voté ou non
Les jeunes de ce groupe croyaient fermement que le vote constitue un devoir civique et disaient que celui-ci occupait une place importante dans leur vie.

« Parce que les programmes sociaux sont importants pour moi, de même que les lois et les politiques qui concernent ma famille et les gens avec qui je travaille. »

« Exercer mon droit démocratique. »

« J'ai 20 ans; les jeunes de mon âge doivent montrer l'exemple en allant voter, parce qu'il est important de le faire! »

« Je considérais qu'il était mon devoir en tant que citoyen canadien d'exprimer mon opinion. »

Les quelques répondants n'ayant pas voté ont expliqué, le plus souvent, avoir été en déplacement ou à l'extérieur de leur circonscription.

« En raison d'une erreur, on ne m'a pas permis de voter au bureau de scrutin. »
La principale raison pour laquelle ces jeunes avaient voté : ils considéraient le vote comme un devoir civique. Plusieurs avaient aussi voté pour appuyer un parti politique ou s'opposer à un parti ou encore, pour exprimer leur opinion.

« L'accessibilité. Cette fois, j'ai pu obtenir une carte d'information de l'électeur et je voulais voter. »

« En tant que citoyen canadien, il est important d'exprimer mon opinion. »

« J'étais mieux informé lors de cette élection, ce qui m'a donné la confiance nécessaire pour voter. »

Les répondants dans ce groupe disant ne pas avoir voté étaient trop occupés pour le faire (travail ou cours toute la journée).

« J'avais un cours et je ne connaissais pas les critères d'admissibilité pour voter. »

« Je n'avais pas fait assez de recherche... »"

« J'ai complètement oublié. »
Ces jeunes ont voté malgré les obstacles auxquels ils étaient confrontés parce qu'ils voulaient appuyer un parti ou un candidat ou s'opposer à un parti ou un candidat.

« Les heures me convenaient et j'ai pu me rendre au bureau de scrutin. »

« J'en avais assez du gouvernement conservateur qui ne respecte pas les droits des Autochtones! »

Les répondants n'ayant pas voté étaient trop occupés ou ne savaient pas comment le faire, où se rendre ou quand le faire ou encore, ont simplement dit qu'il n'était pas commode pour eux de voter.

« J'étais occupé cette journée-là à aider ma mère handicapée. »

« Je ne connaissais pas la date de l'élection. »

« Je suis trop nerveux. »

« Je ne comprends pas bien le processus. »

 
En raison de leur faible motivation à voter, les jeunes de ce groupe qui avaient l'habitude de voter le faisaient lorsqu'ils étaient encouragés à le faire.

« Voter ne m'avait jamais intéressé, mais j'ai eu le goût d'essayer, j'étais curieux. »

« C'était là, donc je l'ai fait. »

« Ma mère m'a encouragé à voter. »
Les répondants n'ayant pas voté n'étaient pas intéressés, avaient une attitude négative ou ne connaissaient pas assez bien les candidats.


« Parce que c'est un gaspillage des fonds publics. On ne connaît pas les intentions réelles des candidats. »

« Les deux partis disent la même chose; la qualité de la campagne laissait à désirer. »

« Je travaillais; de toute façon, mon vote n'aurait rien changé. »

« Pas intéressé et pas assez informé. »
Les jeunes de ce groupe ont parlé d'une difficulté à se rendre au bureau de scrutin. Ils ont dit ne pas avoir voté parce qu'ils étaient trop occupés ou qu'ils n'avaient pas les connaissances nécessaires pour le faire.

« Je n'ai pas l'habitude de le faire et je ne saurais pas pour qui voter! »

« J'avais égaré ma carte d'information de l'électeur et on m'avait dit qu'il fallait celle-ci pour voter. »
Pour joindre ces groupes
  • Mieux faire connaître les différentes façons de voter afin d'améliorer l'accès des personnes en déplacement le jour de l'élection.
  • Internet constitue leur principale source de renseignements sur le gouvernement et la politique.
  • Souligner l'importance de voter.
  • Mieux faire connaître les différentes façons de voter.
  • La radio et les journaux constituent leurs principales sources de renseignements.
  • Éliminer les obstacles d'accès liés à la connaissance du processus, aux facteurs administratifs et à la situation personnelle.
  • Mieux renseigner ce groupe sur le « où, quand, comment » voter. Faciliter l'inscription des électeurs en élargissant la définition d'une pièce d'identité acceptable et en veillant à ce que les électeurs reçoivent bien la carte d'information de l'électeur.
  • Des renseignements sur les partis et les candidats pourraient aussi encourager les jeunes de ce groupe à voter.
  • Les jeunes de ce groupe ne s'intéressent pas au processus électoral et ne chercheront pas à se renseigner. Par conséquent, il faudra aller vers eux pour espérer augmenter leur participation électorale.
  • Les messages les plus prometteurs : ceux soulignant l'importance de voter et expliquant que voter donne une voix aux jeunes.
  • S'adresser aux jeunes qui ont pour habitude de voter et les inciter à encourager les jeunes de ce groupe à voter.
  • La radio constitue leur principale source d'information.
  • Une approche à long terme est requise, approche visant à faciliter la participation au scrutin et à accroître celle-ci.
  • La famille et les amis constituent leurs principales sources de renseignements.
  • Les messages destinés aux pairs pourraient aider un peu à court et moyen terme. Les communications devraient s'adresser à l'ensemble de la famille.

6.5 Mesures

Le tableau 6‑3 présente une synthèse des mesures susceptibles de réduire ou d'éliminer les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès des jeunes non votants.

Tableau 6‑3 : Mesures susceptibles de réduire ou d'éliminer les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès
Obstacles motivationnels Interventions possibles
Attitudes générales à l'égard de la politique et de la démocratie : intervenir à l'égard des attitudes négatives Communiquer aux jeunes en général et à ceux des groupes cibles des messages démontrant la pertinence de la politique, de la démocratie et du processus électoral, en utilisant des moyens de communication efficaces auprès des jeunes.
Ce genre de mesure peut être efficace auprès des groupes cibles comptant un plus grand nombre de jeunes disant avoir voté pour faire avancer les choses.
Puisque la famille a une influence sur la participation des jeunes au scrutin, en particulier ceux des sous-groupes, élaborer des mesures ciblant la famille.
Intérêt pour la politique : accroître l'intérêt Développer du matériel pour stimuler les discussions sur la politique afin d'accroître la participation électorale chez la prochaine génération d'électeurs puisque les jeunes votants étaient plus susceptibles d'avoir discuté de politique avec leur famille étant enfants. Il est important de s'assurer que le matériel produit convient aux jeunes peu scolarisés.
Connaissances politiques : améliorer les connaissances politiques Le changement des attitudes et l'amélioration de la motivation devront faire l'objet de stratégies visant à accroître les connaissances sur la démocratie et la politique.

Éduquer les jeunes sur la façon de s'informer sur le programme politique des partis. Fournir ces renseignements par les voies de communication appropriées (section 6.6). Produire du matériel d'information ciblé, comme des produits d'éducation, pour accroître les connaissances politiques
Obstacles d'accès Interventions possibles
Connaissances des modalités : améliorer les connaissances Revoir les stratégies de communication afin de s'assurer qu'ils joignent les jeunes non votants pour les informer quand et où voter, ainsi que des différentes façons de voter.

Revoir le processus de distribution des cartes d'information de l'électeur afin de mieux joindre les jeunes, particulièrement les jeunes qui sont très mobiles.

Envisager de nouvelles façons de communiquer l'information aux jeunes afin de joindre les non-votants (voir section 6.6).

Développer des stratégies visant à mieux faire connaître les différents modes de scrutin et ainsi réduire la proportion de jeunes qui ne votent pas en raison de leurs déplacements ou d'un horaire chargé ou parce qu'ils sont à l'extérieur de leur circonscription le jour de l'élection.
Situation personnelle : réduire l'influence des obstacles posés par la situation personnelle en rendant le processus électoral plus souple et pratique Adapter les bureaux de scrutin aux besoins des parents ayant de jeunes enfants.
Pour certains, se rendre au bureau de scrutin était un défi, notamment pour les jeunes des régions rurales. Élaborer des stratégies pour mieux faire connaître les différentes façons de voter.
Envisager de placer des bureaux de scrutin dans des lieux susceptibles d'être fréquentés par des jeunes des sous-groupes. Par exemple, dans les centres de services d'emploi.
Obstacles administratifs : réduire les obstacles, perçus ou réels, liés à l'administration du processus électoral, comme l'accessibilité du lieu de scrutin ou les perceptions concernant le bureau de scrutin Revoir la politique exigeant une pièce d'identité. Le fait de ne pas avoir une pièce d'identité constituait un obstacle important pour beaucoup de non-votants; la possibilité d'utiliser la carte d'information de l'électeur en guise de pièce d'identité devrait être offerte à tous les électeurs30.
Les jeunes très mobiles ne reçoivent pas toujours la carte d'information de l'électeur. Le fait de ne pas recevoir cette carte est associé à une participation plus faible. Envisager d'autres méthodes de distribution de cette carte, notamment les méthodes de distribution électroniques.

6.6 Joindre les jeunes

L'Enquête nationale auprès des jeunes s'est penchée sur les influenceurs, les sources d'information et l'utilisation des médias et d'Internet par les jeunes. Bien qu'une analyse approfondie des moyens les plus efficaces pour communiquer avec les jeunes dépasse les objectifs de l'Enquête nationale auprès des jeunes, celle-ci offre néanmoins des pistes permettant à Élections Canada d'esquisser des stratégies de communication ciblant les jeunes Canadiens, votants et non-votants.

6.6.1 Influenceurs

Les études antérieures sur la participation électorale ont cerné trois grands facteurs expliquant pourquoi les citoyens choisissent de ne pas être actifs sur le plan politique : parce qu'ils ne le peuvent pas, parce qu'ils ne le souhaitent pas, ou parce que personne ne les invite à le faire31. Les influenceurs sont susceptibles d'inciter les jeunes à voter en leur donnant une raison de voter, en leur « demandant » de voter et en leur expliquant comment faire.

Dans le cadre de cette enquête, les jeunes ayant voté lors de la dernière élection générale ont indiqué que les personnes et les groupes suivants avaient influencé leur décision de voter : les politiciens en général (27 %), leur famille (21 %), les médias (15 %), ainsi que leurs amis et leurs pairs (11 %). Les jeunes n'ayant pas voté lors de l'élection générale de mai 2011 étaient moins susceptibles que les autres de reconnaître les influences ayant guidé leur décision. Chez les sous-groupes, l'absence d'influence familiale est étroitement liée à l'abstention chez les jeunes Autochtones, les jeunes des groupes ethnoculturels, les jeunes handicapés et les jeunes des régions rurales. Autrement dit, il existe une corrélation entre l'absence d'influenceurs et l'abstention de vote. Le tableau 6‑4 présente les influenceurs ayant eu une moins grande influence sur certains sous-groupes.

Tableau 6‑4 : Influenceurs de la participation des jeunes au scrutin
Influenceurs politiques Moins grande influence sur les groupes suivants
Politiciens en général Jeunes Autochtones
Parler de politique ou du gouvernement avec leur famille Groupes ethnoculturels, jeunes handicapés, peu scolarisés, faible revenu, jeunes adultes
Parler de politique ou du gouvernement à la maison durant l'enfance Jeunes Autochtones, jeunes des régions rurales
Famille (excluant le partenaire/conjoint) Sans emploi, jeunes adultes
La télévision constituant la principale source d'information Jeunes des régions rurales, parents

Des campagnes menées sur des médias sociaux comme les vote mobs ont aussi servi, durant l'élection générale de mai 2011, à communiquer avec les jeunes électeurs et à les mobiliser32. Dans le cadre de cette enquête, 7 % des jeunes ayant voté et 5 % des non-votants ont dit que les vote mobs avaient eu au moins une certaine influence sur leur décision de voter ou non.

6.6.2 Sources d'information

Les principales sources d'information vers lesquelles se sont tournés les jeunes pour s'informer au sujet de l'élection sont la télévision, les sites Web des médias, les blogues et d'autres sources sur Internet.

6.6.3 Les médias et Internet

Pas moins de 59 % des jeunes faisant partie de l'échantillon national aléatoire ont dit utiliser Internet d'une heure à quatre heures par jour; 11 % ont dit le faire pendant plus de quatre heures par jour et 30 %, pendant moins d'une heure par jour. Cette utilisation d'Internet suggère qu'il s'agit probablement d'un moyen de communication à retenir. Il existe une corrélation entre une faible utilisation d'Internet et un taux de participation électorale légèrement plus faible (70 % comparativement à 76 %). Facebook constitue un site de réseautage personnel important, utilisé par 87 % des jeunes interrogés.

6.6.4 Stratégies pour rejoindre les jeunes

Le tableau 6‑5 présente une synthèse des stratégies proposées pour joindre les jeunes. Certaines stratégies concernent tous les groupes de jeunes et d'autres seront plus efficaces si elles ciblent certains groupes en particulier. Les sous-groupes de jeunes sont concentrés dans certaines régions. Les données du recensement pourraient servir à cerner les circonscriptions où les jeunes et les sous-groupes étudiés sont plus présents. On pourrait comparer ces renseignements avec les données administratives sur la participation électorale des jeunes pour connaître les circonscriptions où les jeunes sont moins portés à voter. On serait ainsi en mesure d'élaborer des approches ciblées s'appuyant sur le profil démographique des jeunes de ces circonscriptions.

Élections Canada pourrait non seulement utiliser certaines stratégies pour joindre les jeunes directement, mais l'organisme pourrait aussi informer les politiciens et les partis politiques de l'importance de joindre les jeunes et des moyens les plus utiles à cet égard.

Tableau 6‑5 : Stratégies pour joindre les jeunes
Groupes cibles Stratégies
Tous Les jeunes non votants sont plus susceptibles d'être moins scolarisés. Par conséquent, il est préférable que tous les documents soient offerts dans un format adapté à leur niveau d'éducation :
Recourir davantage aux moyens électroniques comme Facebook, les blogues, les courriels ou les textes envoyés à des Smartphones.
Organiser des campagnes dans les réseaux sociaux ou des concours vidéo sur YouTube 33.
Modèles à émuler : bien que cette étude n'ait pas permis de déterminer leur efficacité, les modèles à émuler font couramment partie des stratégies publicitaires ciblant les jeunes.
Encourager et favoriser le contact face à face entre les influenceurs importants, tels que les politiciens et les jeunes.
Jeunes sans emploi Rencontrer les jeunes sur le terrain.
Diriger les efforts de marketing et de communication vers les endroits fréquentés par les jeunes moins scolarisés, tels que :
- Les centres d'emploi comme les Centres Service Canada.
- Les programmes et les établissements offrant un enseignement correctif et/ou des programmes de formation de base aux adultes.
- Les centres jeunesse.
Jeunes Autochtones On a observé une baisse du taux de participation électorale chez les jeunes des réserves. L'explication réside probablement dans une combinaison de facteurs motivationnels et d'obstacles d'accès (comme le transport vers le bureau de scrutin). Il est nécessaire de continuer à collaborer avec les aînés des Premières Nations afin d'élaborer des stratégies visant à accroître la participation électorale des jeunes des Premières Nations.
Les jeunes Autochtones étaient plus susceptibles d'assister à des rencontres communautaires et à des rassemblements. Ces rencontres constituent probablement un moyen efficace à retenir pour communiquer avec les jeunes Autochtones.
Jeunes des groupes ethnoculturels Les non-votants appartenant à des groupes ethnoculturels font face à des obstacles issus de la méconnaissance des modalités, obstacles aggravés par le fait qu'ils sont moins susceptibles de recevoir une carte d'information de l'électeur. Il pourrait être utile de communiquer des renseignements aux jeunes de ce sous-groupe décrivant quand voter et les différentes façons de voter.

Les stratégies proposées pour joindre les jeunes des groupes ethnoculturels sont les suivantes :
  • S'assurer que le matériel tient compte de la culture des jeunes ciblés.
  • Les problèmes de transport ayant constitué un autre obstacle important chez les jeunes des groupes ethnoculturels, il pourrait être utile d'installer des bureaux de scrutin à des endroits fréquentés par ces jeunes.
Jeunes handicapés On peut joindre les jeunes handicapés grâce à divers groupes et organisations voués à cette clientèle. Il importe de fournir l'information nécessaire de manière à ce que le handicap d'une personne ne l'empêche pas d'y accéder.
Jeunes des régions rurales Selon les résultats de l’enquête, les jeunes des régions rurales ressemblaient aux jeunes en général; aucune stratégie n’est donc proposée pour ce sous-groupe.

25 Tiré, en partie, d'une étude menée par la New Zealand Electoral Commission : www.elections.org.nz/study/researchers/participation/youth-non-voters-qualitative-research-summary.html.

26 On a utilisé des couleurs dans cette analyse à des fins d'illustration. Le vert rappelle le mot « partez » et le rouge, « arrêtez ». Le jaune et l'orange représentent une gradation entre ces deux extrêmes.

27 Tel qu'indiqué plus haut, la proportion des répondants aux sondages disant avoir voté lors d'une élection est généralement plus grande que la participation électorale observée au sein de la population.

28 L'analyse par grappes réunit les répondants ayant des scores semblables, mais le nombre de groupes ainsi créés qui serviront à l'analyse est établi par l'utilisateur. En mettant à l'essai différents nombres de grappes, l'utilisateur peut choisir le nombre de grappes qui semble permettre la meilleure segmentation de l'échantillon. Dans le cadre de cette enquête, une analyse par grappes a créé trois, quatre, cinq et six grappes. En étudiant les grappes obtenues et la nature des segments produits, on a déterminé que l'utilisation de cinq grappes offrait la meilleure segmentation.

29 Pour réaliser l'analyse par grappes, on a utilisé les données obtenues de l'échantillon complet (échantillon national aléatoire et échantillon par choix raisonné), comprenant des suréchantillons de groupes au sein desquels les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès étaient notoirement plus répandus. Par conséquent, on utilisera des fourchettes dans l'extrapolation des résultats de l'Enquête nationale auprès des jeunes à l'ensemble des jeunes Canadiens.

30 Élections Canada n'a pas le pouvoir de modifier les exigences de base de cette politique; il s'agit d'une politique législative ne pouvant être modifiée que par la législature.

31 Verba S., Schlozman, K. and Brady, H. Voice and equality: Civic Voluntarism in American Politics. 1995. Cambridge Mass.: Harvard University Press.

32 http://www.greenconduct.com/news/2011/04/30/social-media-is-mobilizing-the-youth-vote-in-the-canadian-general-election/

33 Aux États-Unis, des célébrités et des groupes jeunesse ont conjugué leurs efforts pour créer la campagne « Vote Again 2010 » ayant pour objectif d'accroître la participation aux élections de mi-mandat. La campagne a eu recours aux médias sociaux et a organisé un concours visant à produire la meilleure vidéo YouTube au sujet de la participation électorale.