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Enquête nationale auprès des jeunes

SOMMAIRE

Contexte

En 2008, Élections Canada a mis en œuvre un plan stratégique quinquennal (2008‑2013) qui plaçait l'engagement des jeunes parmi ses trois grandes priorités. L'Enquête nationale auprès des jeunes avait pour mandat de produire des données permettant à Élections Canada de mieux cibler les jeunes Canadiens de 18 à 34 ans dans ses activités de communication et ses initiatives d'éducation et de mieux adapter celles-ci à ce segment de la population. L'enquête a généré des renseignements sur la participation électorale des jeunes en général et a servi à élaborer le profil des jeunes appartenant à divers sous-groupes, notamment les jeunes Autochtones, les jeunes des groupes ethnoculturels, les jeunes sans emploi n'étant pas aux études, les jeunes handicapés et les jeunes des régions rurales. Grâce à son important échantillon représentatif et au nombre significatif de répondants des divers sous-groupes, l'Enquête nationale auprès des jeunes trace un portrait unique de la participation électorale des jeunes électeurs canadiens.

Méthodologie

Il s'agissait d'une enquête téléphonique auprès d'un échantillon national aléatoire de 1 372 jeunes, comportant un taux de réponse estimé à 34 %note 1 et une marge d'erreur de plus ou moins 2,6 % (à un niveau de confiance de 95 %). De plus, 1 293 entrevues ont été réalisées auprès de jeunes appartenant à divers sous-groupes, jeunes recrutés au moyen de diverses méthodes d'échantillonnage par choix raisonné (non aléatoires). L'échantillon par choix raisonné a permis d'obtenir des renseignements descriptifs riches au sujet de jeunes traditionnellement difficiles à joindre, mais il est possible que les résultats ne soient pas représentatifs sur le plan national.

Faits saillants

Participation électorale

Lorsqu'on a interrogé les jeunes au sujet de toutes les élections ayant eu lieu depuis qu'ils étaient habilités à voter, environ 46 % des jeunes de l'échantillon national aléatoire se sont décrits comme des votants assidus, 20 % comme des votants fréquents, 21 % comme des votants occasionnels et 13 % comme des non-votants récurrents. Un peu moins des trois quarts des répondants (74 %) ont dit avoir voté lors de l'élection générale de mai 2011. Il convient toutefois d'apporter une précision sur ce taux de participation : les sondages surestiment toujours la participation électorale, lorsqu'on compare les données des sondages à la participation électorale réelle. Toutefois, les études démontrent que la surdéclaration est généralement présente jusqu'à un certain point dans tous les échantillons (quel que soit le sous-groupe) et que les enquêtes demeurent utiles pour cerner les facteurs liés à la participation électorale et à l'abstention. L'étude comportait aussi un sous-échantillon considérable de jeunes disant ne pas avoir voté, autant dans l'échantillon national aléatoire (n=366) que dans celui des sous-groupes (n=731).

La scolarité était liée à la participation à l'élection générale, les répondants plus scolarisés étant plus nombreux à rapporter avoir voté lors de cette élection. Toutefois, il existe une forte corrélation entre la scolarité et les autres facteurs associés à une plus grande participation électorale, comme l'âge plus avancé, une plus grande motivation, des connaissances politiques plus poussées et une plus grande exposition aux influenceurs. On a aussi observé une corrélation entre un niveau de revenu inférieur et une faible participation électorale.

Les obstacles à la participation à l'élection générale de 2011 s'inscrivaient dans deux catégories : la motivation (attitudes, intérêt et connaissances politiques) et l'accès au scrutin (connaissance du processus électoral, situation personnelle et obstacles administratifs). Les obstacles motivationnels concernent les personnes habilitées à voter, mais ne voulant pas le faire, tandis que les obstacles d'accès concernent les personnes qui souhaitent voter, mais ne peuvent pas le faire.

On a demandé aux répondants quelle était la principale raison pour laquelle ils avaient voté ou non lors de la dernière élection générale. Plus des deux tiers (64 %) des jeunes n'ayant pas voté ont parlé d'obstacles d'accès et 33 %, d'obstacles motivationnels. Près de la moitié de ceux ayant cité des obstacles d'accès (30 % de tous les non-votants) ont parlé de leur situation personnelle, disant avoir eu des cours ou avoir été au travail toute la journée, avoir dû s'occuper des enfants ou d'un membre de la famille ou avoir été trop occupés. Ces autodéclarations expliquant pourquoi ils avaient voté ou non sont compatibles avec les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès révélés par les données quantitatives de l'enquête.

L'exploration des obstacles motivationnels à la participation électorale a permis de dégager les principaux obstacles suivants :

En ce qui concerne les obstacles d'accès, le manque de connaissance du processus électoral (notamment le fait d'ignorer les différentes façons de voter, ainsi qu'où et quand voter) était étroitement lié à l'abstention. Environ le quart des non-votants avaient été influencés par le fait de ne pas savoir où voter (25 %) ou quand voter (26 %), comparativement à seulement 3 % et 2 % respectivement de ceux qui ont dit avoir voté lors de la dernière élection générale. La situation personnelle a aussi joué un rôle important, 46 % des non-votants rapportant qu'une difficulté à se rendre au bureau de scrutin avait influencé leur décision. Précisons que 15 % des non-votants (versus 2 % des jeunes ayant voté) ont mentionné des obstacles administratifs, incluant la difficulté à produire une pièce d'identité, et que 18 % des non-votants (versus 2 % des jeunes ayant voté) ne trouvaient pas facile ou commode de voter lors d'élections fédérales.

Les jeunes ayant voté ont indiqué avoir été influencés par les politiciens (ayant été contactés par un parti ou un candidat), les médias et leur famille. Ils étaient aussi plus nombreux à affirmer parler de politique à la maison, présentement et lorsqu'ils étaient enfants.

Participation électorale chez les membres des sous-groupes

Le taux de participation à l'élection générale de mai 2011 chez les jeunes Autochtones (incluant les Premières Nations et les Inuits, mais non les Métis) et chez les jeunes sans emploi était considérablement moins élevé (42 % chacun) que celui de l'ensemble des répondants faisant partie de l'échantillon national aléatoire (74 %). Il en va de même du taux de participation des jeunes handicapés (55 %), des jeunes des groupes ethnoculturels (61 %) et de ceux des régions rurales.

Les jeunes des sous-groupes étaient différents de ceux de l'échantillon national aléatoire. Ils étaient confrontés à des obstacles motivationnels comme le manque de connaissances politiques et le manque d'intérêt à l'égard de la politique canadienne. Les obstacles motivationnels liés aux attitudes étaient aussi importants, notamment le fait de ne pas croire que le gouvernement joue un rôle important dans leur vie, que leur vote contribuera à changer les choses ou qu'au moins un parti politique s'intéresse aux enjeux importants pour eux.

Les obstacles d'accès étaient aussi plus présents. Les jeunes des sous-groupes étaient moins informés du processus électoral, moins nombreux à dire avoir reçu une carte d'information de l'électeur et moins nombreux à affirmer qu'ils se sentiraient bien accueillis à un bureau de scrutin.

En comparant les votants et les non-votants de chaque sous-groupe, on constate que les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès avaient tous deux grandement influencé leur participation. Dans tous les sous-groupes, l'indifférence des non-votants à l'égard de l'élection constituait un prédicteur important de leur comportement.

On a observé un lien entre, d'une part, l'abstention des jeunes de tous les sous-groupes (sauf celui des jeunes handicapés) et, d'autre part, le fait de ne pas savoir où se rendre pour voter et quand voter et le fait ne pas connaître les différentes façons de voter. Il existe aussi un lien étroit entre le fait de ne pas avoir reçu la carte d'information de l'électeur et l'abstention des jeunes des groupes ethnoculturels, des jeunes sans emploi et des jeunes handicapés. Enfin, un autre obstacle courant chez les jeunes des sous-groupes est la difficulté à se rendre au bureau de scrutin (tous les sous-groupes, sauf celui des jeunes handicapés, où possiblement autant les votants comme les non-votants étaient concernés par des problèmes de mobilité).

D'autres facteurs contribuant à une faible participation électorale étaient propres à certains sous-groupes :

Dans l'analyse bidimensionnelle, les jeunes des sous-groupes semblaient être influencés par un moins grand nombre de personnes ou de groupes. Selon l'analyse de régression, l'absence d'influence de la part de la famille constitue un obstacle important à la participation électorale chez les jeunes de tous les sous-groupes, à l'exception des jeunes sans emploi.

Mesures susceptibles d'améliorer la participation électorale

Une analyse de régression réalisée au moyen des données de l'échantillon national aléatoire a démontré clairement que les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès influencent tous deux la participation électorale. Les mesures les plus susceptibles d'améliorer la participation électorale des jeunes à court terme sont celles visant les obstacles d'accès. Améliorer leur connaissance du processus, réduire les difficultés liées à leur situation personnelle et éliminer les obstacles administratifs constituent toutes des mesures importantes.

Les jeunes qui avaient une attitude positive à l'égard de la politique et de la démocratie, qui étaient intéressés par la politique et qui avaient des connaissances à ce sujet étaient plus nombreux à dire avoir voté lors de la dernière élection générale que les jeunes moins motivés. Bien qu'il soit plus difficile d'accroître la motivation des jeunes que de réduire les obstacles d'accès, certaines mesures peuvent néanmoins être prises pour réduire les obstacles motivationnels à long terme.

Recommandations

Les études antérieures sur la participation électorale ont cerné trois grands facteurs expliquant pourquoi les citoyens choisissent de ne pas participer au processus : parce qu'ils ne le peuvent pas, parce qu'ils ne le souhaitent pas ou parce que personne ne les invite à le faire. Parmi les mesures susceptibles de réduire les obstacles d'accès, notons les suivantes :

Les mesures visant à réduire les obstacles motivationnels pourraient aussi améliorer la participation électorale des jeunes. Mentionnons les suivantes :

Dans l'élaboration de ces mesures, Élections Canada devra tenir compte des caractéristiques et de la situation des jeunes non votants, notamment le niveau de scolarité inférieur et les obstacles propres à chacun des sous-groupes. Par exemple, les mesures visant les circonscriptions ayant un faible taux de participation devront être élaborées en fonction du profil démographique des jeunes et des sous-groupes de jeunes de ces circonscriptions. À ce chapitre, le rapport fait des recommandations pour adapter les mesures visant à réduire les obstacles motivationnels et les obstacles d'accès des jeunes non votants en général et ceux de chaque sous-groupe. Le rapport formule aussi des recommandations concernant l'utilisation de certains sites Web fréquentés par les jeunes dans le cadre d'une stratégie de communication visant les jeunes moins scolarisés.

Les influenceurs sont susceptibles d'inciter un jeune à voter en lui donnant une raison de voter, en lui « demandant » de voter et en lui expliquant comment faire. L'Enquête nationale auprès des jeunes a révélé que certains acteurs jouent aussi un rôle dans la mobilisation des jeunes. Les grands acteurs à ce chapitre : la famille, les politiciens en général et les médias. D'autres données sont toutefois nécessaires pour mieux comprendre comment mettre à contribution ces influenceurs et ces acteurs en vue d'améliorer la participation électorale des jeunes.


Note 1 Un taux de réponse estimé comprend une estimation du nombre de personnes admissibles refusant de participer à l'enquête, puisque la plupart des refus se produisent avant qu'on puisse déterminer l'admissibilité.