English Contactez-nous Aide Accueil Carte du site
Carte de Canada

Décisions de la commission à l'égard des oppositions des députés
 

COMMISSION DE DÉLIMITATION DES CIRCONSCRIPTIONS

ÉLECTORALES FÉDÉRALES POUR L'ALBERTA

2003

 


 

DÉCISIONS RENDUES PAR LA COMMISSION,

CONFORMÉMENT AU PARAGRAPHE 23(1) DE LA

LOI SUR LA RÉVISION DES LIMITES DES

CIRCONSCRIPTIONS ÉLECTORALES,

À L'ÉGARD DES OPPOSITIONS DÉPOSÉES

PAR LES DÉPUTÉS

CONCERNANT LE RAPPORT DU 15 JANVIER 2003

DE LA COMMISSION

 

Décisions à l'égard des oppositions – Commission de l'Alberta

Introduction

La Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour l'Alberta (« la commission ») a étudié les oppositions soumises par M. Peter Goldring, l'honorable Anne McLellan, M. Bob Mills, M. Kevin Sorenson et M. John Williams concernant le rapport du 15 janvier 2003 (« le rapport ») de la commission et a pris ses décisions à leur égard. Elle a ainsi réexaminé son rapport à la lumière du texte des oppositions, des procès-verbaux du Sous-comité de la révision des limites des circonscriptions électorales du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (« le comité permanent ») et du Trente-troisième rapport du comité permanent.

Il est à noter que trois des cinq députés qui ont soumis une opposition ont comparu à nos audiences publiques pour y présenter des observations détaillées. La commission reconnaît l'expertise apportée par les élus dans le cadre du processus et apprécie les efforts à cet égard. Cependant, à titre de commission indépendante, elle n'est pas tenue de se conformer aux points de vue des élus.

M. Peter Goldring : Edmonton-Centre-Est

M. Goldring souhaite échanger une partie de la nouvelle circonscription d'EDMONTON-EST avec la nouvelle circonscription d'EDMONTON–SHERWOOD PARK, affirmant que cette mesure :

1)
réduira la population d'EDMONTON-EST de 119 160 à 106 667 habitants;
 
2)
redonnera à la nouvelle circonscription d'EDMONTON-EST ses limites actuelles, c'est-à-dire maintiendra le statu quo;
 
3)
favorisera la diversité économique d'EDMONTON-EST.

Le comité permanent appuie :

[…] l'opposition de M. Goldring et il est d'accord avec les principes sur lesquels elle repose – dans la mesure du possible, délimiter la circonscription en fonction des divisions historiques ainsi que des limites communautaires et naturelles. Il est également approprié d'assurer une continuité, dans la mesure du possible, avec la circonscription existante, dont la population correspond au quotient provincial, au lieu de donner la préférence à une circonscription nouvelle.

Le Comité recommande donc que la partie d'Edmonton-Sherwood Park comprenant Harisine [sic], Farase [sic], Bannerman, South Clariview [sic] et Homesteader soit rattachée à Edmonton-Est. De plus, comme il s'agit de deux circonscriptions urbaines, nous proposons de placer la limite parallèlement à la 167e avenue [sic] entre la 97e rue [sic] et Stand [sic] Manning Road, ou [sic] le chemin de fer – tout en respectant si possible les limites de la ligue communautaire – ce qui permettrait d'équilibrer les populations de ces deux circonscriptions par rapport au quotient provincial.

D'abord, la commission rappelle que M. Goldring a présenté aux audiences publiques des recommandations détaillées sur la proposition de la commission concernant EDMONTON-EST. Par ailleurs, comme l'a reconnu M. Goldring dans son témoignage devant le sous-comité le 5 mai 2003, « environ 75 p. 100 de ces recommandations ont été accueillies ». La partie rejetée constitue la base de son opposition.

Après examen de l'opposition, la commission remarque que :

1)
La population d'EDMONTON-EST, quoique supérieure au quotient électoral (12,16 pour cent), se situe bien dans le cadre des lignes directrices législatives et présente un écart similaire à celui des autres circonscriptions du noyau central de Calgary et d'Edmonton. Tel que mentionné dans notre rapport, la ville d'Edmonton ne laisse « présager aucune augmentation marquée de la population du noyau central à court ou à moyen terme ». Par contre, il est prévu que les régions suburbaines croîtront plus rapidement. L'opposition de M. Goldring et son témoignage devant le sous-comité ne modifient en rien ces observations.
 
2)
La commission a reconnu une communauté d'intérêts historique en maintenant le statu quo et a tenté de garder intactes les principales circonscriptions. Cependant, elle a également reconnu une communauté d'intérêts entre les électeurs de zones urbaines comme celles d'Edmonton et de Sherwood Park.
 
3)
La commission n'a pas délimité les circonscriptions en fonction de la diversité économique. Sa position à cet égard était que la diversité économique n'est pas nécessairement à éviter. De toute façon, elle ne voit pas en quoi cette diversité économique a diminué.

Évidemment, plusieurs configurations auraient pu servir à satisfaire l'égalité numérique relative. À notre avis, les limites que nous avons établies atteignent ce but, regroupent des populations urbaines compatibles et sont entièrement justifiées pour les raisons exposées dans notre rapport.

Décision

L'opposition est rejetée.

L'honorable Anne McLellan : Edmonton-Ouest

Mme McLellan souhaite que la commission modifie les limites de la circonscription d'EDMONTON-CENTRE pour englober les collectivités de Riverdale, Boyle Street et McCauley, et pour rattacher les collectivités de Spruce Avenue et Westwood à EDMONTON-EST. Elle estime que la commission, en délimitant EDMONTON-CENTRE, n'a pas pris en compte l'importance des communautés liées par des intérêts communs constituées par les structures des ligues communautaires d'Edmonton (ligues et districts) et les zones de revitalisation d'entreprises.

Le comité permanent est d'accord avec Mme McLellan que « Cette nouvelle limite morcelle l'actuelle communauté adjacente et ne reflète nullement les nouveaux intérêts de la communauté. » Il soutient sa proposition « de laisser dans la circonscription d'Edmonton-Ouest les collectivités de McCauley, Boyle (Street) et Riverdale mais de rattacher Westwood et Spruce Avenue à la nouvelle circonscription d'Edmonton-Est ». Ainsi, « la population d'Edmonton-Centre dépasserait le quotient provincial d'environ 14 p. 100. Comme il s'agit d'une petite circonscription urbaine densément peuplée et géographiquement facile à desservir, le Comité est d'avis que cet écart serait acceptable. »

Mme McLellan n'a pas présenté d'observations verbales lors de nos audiences publiques mais par la suite, l'Association libérale d'Edmonton-Ouest a déposé une soumission écrite approuvant les circonscriptions proposées dans la région d'Edmonton. L'association s'est également déclarée d'accord avec la circonscription proposée d'EDMONTON-CENTRE, à condition que celle-ci comprenne les collectivités de Lynwood et Elmwood.

La commission a consenti à inclure Lynwood et Elmwood dans EDMONTON-CENTRE, mais a déplacé par la même occasion la limite nord-est d'EDMONTON-CENTRE vers l'est jusqu'à la 97e Rue, équilibrant ainsi les chiffres de population et répondant aux nombreuses demandes d'établir la limite ouest d'EDMONTON-EST à la 97e Rue. Dans son rapport final, la commission a rattaché les collectivités de Spruce Avenue et de Westwood à EDMONTON-CENTRE pour compenser la perte de Riverdale, Boyle Street et McCauley et parce que la 97e Rue devenait la limite entre EDMONTON-CENTRE et EDMONTON-EST.

La commission reconnaissait que les ligues communautaires constituaient une communauté d'intérêts facilement identifiable et, dans la rédaction de nos circonscriptions proposées, nous avons tenté de maintenir des ligues communautaires entières dans la même circonscription fédérale, mais cela n'a pas toujours été possible en raison de la géographie, de la densité de la population et d'autres facteurs. Il est à noter que les modifications que nous avons apportées n'ont pas « divisé » les ligues communautaires, mais plutôt les districts de ligues communautaires qui constituent la base de représentation de la Edmonton Federation of Community Leagues.

Ce que Mme McLellan nous demande maintenant, c'est de raffiner encore davantage la structure de la circonscription fédérale de manière à ce qu'elle respecte non seulement les limites des ligues communautaires, mais aussi des districts de ligues communautaires et des zones de revitalisation d'entreprises. Comme elle l'a mentionné au sous-comité, les propositions pour la province de l'Alberta (« les propositions ») « respectaient » pour la plupart les limites des districts de ligues communautaires et des zones de revitalisation d'entreprises. Nous avons en effet tenu compte des districts de ligues communautaires, bien qu'à notre avis, ces districts comprennent des blocs de population urbaine souvent trop grands pour être utiles et reflètent des besoins de commodité administrative plutôt que de communauté d'intérêts.

Aux audiences publiques d'Edmonton, plusieurs ont critiqué la limite entre EDMONTON-CENTRE et EDMONTON-EST contenue dans les propositions. En plus de M. Goldring, dont la critique était fondée sur la communauté d'intérêts historique, plusieurs intervenants ont soutenu que cette limite particulière portait à confusion. Ils ont avancé qu'il était préférable d'établir des limites physiques claires pour aider les électeurs à déterminer dans quelle circonscription ils habitent. Certains membres de la collectivité se fondent sur les ligues communautaires, mais les limites ne sont pas toujours évidentes pour tous les membres de la collectivité.

Nous avons accueilli avec plaisir le soutien de l'Association libérale d'Edmonton-Ouest pour la circonscription proposée d'EDMONTON-CENTRE, mais nous avons été convaincus par les critiques concernant le besoin de délimiter les circonscriptions par des repères géographiques clairs. C'est pourquoi nous avons décidé de fixer la limite est d'EDMONTON-CENTRE à la 97e Rue et que nous maintenons cette décision.

Décision

L'opposition est rejetée.

M. Bob Mills : Red Deer

M. Mills soutient que la décision de la commission d'exclure Rocky Mountain House, Eckville, Blackfalds et Caroline de la circonscription de RED DEER va à l'encontre des souhaits exprimés par l'électorat dans ces collectivités et de la communauté d'intérêts naturelle qui les relie.

Le comité permanent trouve que :

[…] les arguments présentés par M. Mills sont convaincants et il recommande que Rocky Mountain House, Eckville, Blackfalds et Caroline soient réintégrés à la communauté de Red Deer. Ces villes ont des intérêts communs avec Red Deer et non avec les circonscriptions rurales et agricoles des environs.

L'opposition de M. Mills reprend les observations que lui et ses partisans ont présentées lors des audiences publiques. La commission a réagi par des modifications importantes à ses propositions, mais ne pouvait souscrire à l'idée que la région de Rocky Mountain House devait rester dans la circonscription. Notre position a été exposée en détail dans notre rapport et n'a pas changé.

Décision

L'opposition est rejetée.

M. Kevin Sorenson : Crowfoot

M. Sorenson souhaite réunir la ville de Camrose et le comté de Flagstaff dans la même circonscription fédérale, celle de CROWFOOT.

Le comité permanent soutient la proposition de M. Sorenson visant à rattacher le comté de Flagstaff à la circonscription de CROWFOOT « en raison de l'existence d'une communauté d'intérêts ». Il observe que :

Si la proposition de M. Sorenson était acceptée, la population de Vegreville-Wainright serait inférieure au quotient provincial d'environ 7 p. 100 et celle de Crowfoot le dépasserait d'environ 6 p. 100. Ces deux chiffres sont bien en deçà de la limite tolérable. Vegreville-Wainright est une grande circonscription rurale et, en général, le Comité appuie le principe que les grandes circonscriptions rurales peuvent se situer sous le quotient puisque les déplacements requis pour desservir la population y sont plus nombreux. En ce qui concerne la répartition de la population de Crowfoot, il ne servirait à rien d'y ajouter Flagstaff puisque ce comté est desservi par Camrose, qui se trouve dans la circonscription de Crowfoot.

Selon les propositions, le comté de Flagstaff chevauchait VEGREVILLE–WAINWRIGHT et CROWFOOT. Le village de Forestburg, situé dans le comté de Flagstaff, s'est fortement opposé à être inclus dans la circonscription de CROWFOOT. Afin de placer le comté en entier dans la même circonscription et de respecter la limite naturelle de la rivière Battle, la commission a choisi d'apporter la modification indiquée dans son rapport.

La commission est d'avis, même si la suggestion de M. Sorenson n'est pas déraisonnable sur le plan numérique, qu'une nouvelle modification aux limites ne ferait que plaire à certains et déplaire à d'autres. Nous ne sommes pas convaincus que les relations du comté de Flagstaff avec la ville de Camrose seront modifiées de quelque façon que ce soit par le rattachement des deux municipalités à deux circonscriptions fédérales distinctes.

Décision

L'opposition est rejetée.

M. John Williams : St. Albert

M. Williams s'oppose à la circonscription proposée d'EDMONTON–ST. ALBERT et souhaite le retour aux limites actuelles de la circonscription pour les raisons suivantes :

1)
Pour la délimitation des circonscriptions de la région d'Edmonton, la commission s'est « fondée » sur l'avis de M. Roger Gibbins, un « Calgarien », « sans tenir compte » des observations des autorités locales, des députés et des citoyens. Les intérêts des collectivités urbaines et suburbaines, dit-il, ne sont pas nécessairement compatibles.
 
2)
La commission n'a pas tenu compte des liens existants, y compris la zone commerciale, entre St. Albert et les régions rurales avoisinantes.
 
3)
La commission a divisé la collectivité francophone au nord d'Edmonton, entravant ainsi l'expression culturelle et linguistique de celle-ci.
 
4)
La commission a accordé plus d'importance à l'égalité historique du nombre de circonscriptions de Calgary et de la région métropolitaine d'Edmonton qu'aux intérêts de leurs populations.
 
5)
Les limites de la circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT compliqueront le choix d'un emplacement pour un bureau de député.
 
6)
Les réponses à un questionnaire distribué par le bureau de M. Williams indiquent que la vaste majorité de la population de la circonscription actuelle de St. Albert s'oppose fortement à la nouvelle circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT.

Le comité permanent convient avec M. Williams de « l'existence d'une communauté d'intérêts historique distincte et d'une importante spécificité au sein de la circonscription actuelle de St. Albert », ainsi que de la nécessité d'apporter des modifications majeures à EDMONTON–ST. ALBERT. Le comité permanent affirme :

Il existe sûrement un moyen de préserver l'essence de la circonscription de St. Albert grâce à un examen complet et judicieux de la nature et des limites des circonscriptions rurales adjacentes et des circonscriptions qui représentent l'agglomération urbaine d'Edmonton. À notre avis, l'essentiel de la circonscription de St. Albert peut être maintenue [sic] car les collectivités des circonscriptions rurales adjacentes au nord et à l'est sont plus compatibles avec celles touchées d'Edmonton-St. Albert, quitte à apporter si nécessaire des corrections stratégiques mineures aux limites actuelles des circonscriptions. Les circonscriptions urbaines populeuses d'Edmonton pourraient être modifiées de façon à comprendre le reste d'Edmonton qui se trouve actuellement dans la circonscription proposée d'Edmonton-St. Albert. Les circonscriptions urbaines, bien servies et faciles d'accès sur le plan électoral, peuvent facilement tolérer des écarts au-delà du quotient provincial.

La réponse de la commission

1)
Bien que la commission ait trouvé valables les opinions de M. Gibbins, il est erroné d'affirmer qu'elle s'est « fondée » sur ces opinions ou qu'elle a « rejeté » les observations de la part d'autres intervenants. De plus, les autres intervenants n'étaient pas tous du même avis. Par exemple, trois conseillers de la ville de St. Albert ont fortement appuyé notre proposition. Leurs arguments, à nos yeux, étaient plus convaincants que les arguments adverses.

Il est vrai que les villes d'Edmonton et de St. Albert, ainsi que certains députés qui ont présenté des observations aux audiences publiques d'Edmonton, se sont officiellement prononcés contre la création de circonscriptions chevauchant la ville d'Edmonton et les villes ou municipalités environnantes. Mais le motif de leur opposition était qu'un député ne pouvait pas représenter les intérêts des deux entités. La commission croit cependant que le travail, le mode de vie, les habitudes de consommation et les activités sociales, pour reprendre les termes de M. Williams, transcendent les limites municipales de la région d'Edmonton à un point tel que les intérêts de la plus grande collectivité représentée par cette région méritent l'attention de députés dont les horizons seraient plus larges qu'ils ne le sont aujourd'hui.

En outre, les politiques fédérales ne sont pas bornées par les limites municipales et, bien que les collectivités urbaines et suburbaines puissent ne pas s'entendre sur des questions locales, elles partagent un intérêt commun manifeste en matière de politiques fédérales et leurs effets. La commission croit que les électeurs de la région d'Edmonton seront représentés plus efficacement par des députés qui favoriseront et protégeront les intérêts globaux des collectivités urbaines-suburbaines que par des députés se disputant les mêmes ressources limitées provenant du gouvernement fédéral.
 
2)
M. Williams s'oppose à ce que la commission retire de la circonscription actuelle de St. Albert les villes de Morinville et Legal, situées au nord de la ville de St. Albert, et les déplace dans la nouvelle circonscription de WESTLOCK–ST. PAUL. Par cette mesure, nous reconnaissions une communauté d'intérêts agricoles et linguistiques liée à la forte présence francophone dans les parties ouest et est de la circonscription de WESTLOCK–ST. PAUL.

Notre position a reçu des appuis à l'audience publique de St. Paul. Ainsi, Mme Maryanne Finley, présidente de la Chambre de commerce de St. Paul, a déclaré :
Nous reconnaissons que la nouvelle circonscription réunit plusieurs communautés qui sont surtout reliées et appuyées par l'agriculture. Ce facteur jouera un rôle important dans la mise sur pied de bonnes relations de travail au sein de la circonscription à cause des similarités […] Le député représentant Westlock - St. Paul parlerait vraiment au nom de la majorité de l'électorat.
Contrairement à l'argument de M. Williams selon lequel la création de la circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT séparerait St. Albert de sa zone commerciale naturelle au nord, Mme Finley affirme que « les modèles naturels d'échanges commerciaux ont été soutenus et mis en valeur au sein de cette Proposition ».

Nous demeurons convaincus que les limites fixées dans notre rapport séparent une importante communauté d'intérêts agricoles regroupée dans la circonscription de WESTLOCK–ST. PAUL des résidents urbains de la circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT, et que ce facteur l'emporte.
 
3)
M. Williams reprend son argument que la création de la circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT diviserait l'unité linguistique et culturelle des collectivités francophones de St. Albert, Morinville et Legal. M. Williams n'explique pas comment la délimitation d'une circonscription fédérale peut fragmenter une collectivité linguistique et culturelle, et il n'offre aucune preuve que les francophones dans les trois collectivités sont actuellement « morcelées et marginalisées ». Le seul exemple qu'il donne de la collaboration des francophones est celui de la commission scolaire catholique romaine qui gère les écoles de St. Albert, Morinville et Legal. Il convient toutefois de noter que l'éducation est une responsabilité provinciale, et non fédérale. Aucun membre de la collectivité francophone n'a fait savoir à la commission, avant ou pendant les audiences publiques, qu'il s'opposait à la création de la circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT. De fait, à l'audience publique de St. Paul – l'un des grands centres de la nouvelle circonscription de WESTLOCK–ST. PAUL – M. Paul Pelletier, un francophone qui est président du Parti progressiste-conservateur de Lakeland, a observé que :
La commission a démontré une opportunité d'avoir une circonscription qui représente une culture francophone reconnue d'un coin à l'autre. Des communautés comme Bonnyville, St. Paul, Legal, Morinville et beaucoup d'autres. Félicitations à tous et toutes les membres de la commission.
Sur le plan numérique, signalons que selon les données d'Élections Canada, 2,53 pour cent de la population de la nouvelle circonscription d'EDMONTON–ST. ALBERT se disent de langue maternelle française, par rapport à 2,91 pour cent dans la circonscription existante de St. Albert. Quelque 6,70 pour cent de la population de WESTLOCK–ST. PAUL aura le français comme langue maternelle. Ces chiffres révèlent certainement une importante communauté d'intérêts, mais à nos yeux, elle en est une qui dépasse les limites de circonscriptions et continuera de s'épanouir malgré la nouvelle délimitation.
 
4)
La commission rejette l'affirmation de M. Williams qu'elle a ignoré son mandat légal et constitutionnel. Comme nous l'avons expliqué dans nos propositions et notre rapport, le fondement de notre approche concernant la région d'Edmonton est « d'assurer à la population urbaine d'Edmonton et des environs une représentation plus adéquate ». Le retour à l'égalité historique entre le nombre de circonscriptions d'Edmonton et de Calgary est le résultat, et non le mobile, de cette approche.
 
5)
L'emplacement potentiel d'un bureau de député n'est pas un facteur pertinent dans la délimitation des circonscriptions fédérales. La commission rappelle qu'en raison de la vaste étendue de ces circonscriptions, des choix comme celui de l'emplacement du bureau du député peuvent prêter à controverse dans toute circonscription. De plus, nous ne voyons pas en quoi un tel choix affecterait la capacité d'un député de représenter ses électeurs.
 
6)
À une audience du sous-comité, M. Williams a affirmé qu'environ 175 répondants à un sondage écrit se sont opposés aux propositions. Cependant, à la même audience, il a déclaré que « près de 200 objections » avaient été reçues dans sa circonscription, puis enfin qu'il y avait eu 151 répondants. À une audience publique tenue par la commission à Edmonton, il a affirmé que des « 151 réponses des foyers dans ces régions […] 149 s'opposaient aux recommandations de la Commission ».

En fait, 116 réponses ont été transmises à la commission lors de l'audience publique. De ce nombre, la commission estime que 13 étaient non valides (parce qu'incomplètes ou illisibles), 101 affirmaient rejeter les propositions et deux les acceptaient. Mais, de façon plus fondamentale, la commission n'était pas certaine de la validité du questionnaire puisqu'il demandait aux répondants s'ils préféraient être dans la circonscription proposée de Westlock–St. Paul ou demeurer dans la Capital Region. Le questionnaire ne faisait pas de comparaison entre la circonscription proposée et la circonscription actuelle, mais faisait plutôt référence à la Capital Region. Cependant, si nous avons bien compris, M. Williams ne voit pas la circonscription actuelle de St. Albert comme faisant partie de la Capital Region, mais prétend plutôt que St. Albert forme une entité très distincte d'Edmonton. En outre, le questionnaire ne traite pas des communautés d'intérêts qui préoccupent les répondants.

La commission n'est pas certaine du message qu'elle doit tirer du questionnaire de M. Williams, bien qu'il soit évident qu'environ 100 répondants de la région de Morinville ne veulent pas être inclus dans la circonscription de WESTLOCK–ST. PAUL. Toutefois, en raison de la population concernée, la commission ne peut accéder à leur souhait.

Décision

L'opposition est rejetée.

Les observations générales du comité permanent

Selon le comité permanent, la commission « semble avoir adopté une interprétation étroite et plutôt singulière fondée sur l'égalité de la représentation ». Par le fait même, elle « s'est écartée de l'esprit et de la lettre de la Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales ». Il ajoute :

Par ailleurs, la Commission s'oppose philosophiquement à la disposition de la loi qui l'oblige à tenir compte de la spécificité et des intérêts des communautés, affirmant que la représentation électorale doit s'appuyer sur le critère « une personne, un vote ». D'autre part, elle appuie ses décisions sur le principe de l'égalité de la représentation entre les grandes communautés d'intérêts de deux grandes villes – Edmonton et Calgary – et non sur la représentation individuelle. Ce principe – l'égalité des villes au sein d'une province – n'est mentionné nulle part dans la loi. En appliquant ce facteur de l'égalité entre les villes, la Commission a fait en sorte qu'Edmonton n'est pas représentée adéquatement et elle a peut-être provoqué un effet domino et des problèmes de représentation ailleurs dans la province.

Les exigences législatives de la commission sont établies en vertu de l'article 15 de la Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales :

(1)
Pour leur rapport, les commissions suivent les principes suivants :
a)
le partage de la province en circonscriptions électorales se fait de telle manière que le chiffre de la population de chacune des circonscriptions corresponde dans la mesure du possible au quotient résultant de la division du chiffre de la population de la province que donne le recensement par le nombre de sièges de député à pourvoir pour cette dernière d'après le calcul visé au paragraphe 14(1);
b)
sont à prendre en considération les éléments suivants dans la détermination de limites satisfaisantes pour les circonscriptions électorales :
 
(i)
la communauté d'intérêts ou la spécificité d'une circonscription électorale d'une province ou son évolution historique,
  (ii) le souci de faire en sorte que la superficie des circonscriptions dans les régions peu peuplées, rurales ou septentrionales de la province ne soit pas trop vaste.
 
(2)
Les commissions peuvent déroger au principe énoncé par l'alinéa (1)a) chaque fois que cela leur paraît souhaitable pour l'application des sous-alinéas (1)b)(i) et (ii). Le cas échéant, elles doivent toutefois veiller à ce que, sauf dans les circonstances qu'elles considèrent comme extraordinaires, l'écart entre la population de la circonscription électorale et le quotient mentionné à l'alinéa (1)a) n'excède pas vingt-cinq pour cent.

Dès le départ, la commission a jugé que son obligation consistait à appliquer le principe de l'égalité de la représentation en tenant compte des communautés d'intérêts en jeu. La communauté d'intérêts historique (les limites historiques) n'est qu'un facteur parmi d'autres.

Selon la commission, il peut arriver que les modes de croissance de population justifient non seulement une modification aux limites pour respecter les quotients électoraux, mais aussi une révision de la logique qui sous-tend les circonscriptions. La commission estime qu'une telle situation existe dans la région d'Edmonton, où la population urbaine a fortement augmenté à l'extérieur des limites municipales d'Edmonton. Les circonscriptions actuelles ceinturant la ville d'Edmonton étaient essentiellement rurales, mais contiennent maintenant d'importantes populations urbaines. L'approche de la commission concernant la région d'Edmonton a consisté à réexaminer la structure des circonscriptions et à les modifier pour qu'elles reflètent dans la mesure du possible le principe de l'égalité de la représentation ainsi que la communauté d'intérêts urbains d'Edmonton et de ses environs. De plus, comme nous l'avons précédemment mentionné, le fait qu'Edmonton obtienne ainsi le même nombre de sièges que Calgary est une conséquence de cette approche plutôt que sa motivation.

 

Edmonton (Alberta), ce 4e jour de juillet 2003.

 

signature

L'honorable Edward P. MacCallum
Président

 

 

signature

Mme Ritu Khullar
Membre

 

 

signature

M. Donald Barry
Membre

 

Exemplaire CERTIFIÉ conforme des décisions à l'égard des oppositions au Rapport de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour l'Alberta.

 

signature

Mme Miranda Petryshyn
Secrétaire de la commission

 


Élections Canada

 Protection des renseignements personnels, avis importants, désistements