
Représentation fédérale 2004
Conférence pour les présidents,
les membres et les secrétaires
des commissions de délimitation
des circonscriptions électorales fédérales
Notes pour une allocution de
Jean-Pierre Kingsley
directeur général des élections
Ottawa, le mercredi 13 mars 2002
Monsieur le Président de la Chambre des communes,
Mesdames et messieurs les présidents, membres et secrétaires des
commissions, Distingués invités, Mesdames, Messieurs,
Encore une fois, j’aimerais vous dire qu’il me fait grand plaisir de vous
souhaiter la bienvenue à cette conférence qui, d’ici à vendredi, nous permettra
d’aborder les différents aspects liés à la révision des limites des
circonscriptions électorales fédérales.
En commençant, j’aimerais mentionner qu’il s’agit de la plus importante
conférence de ce genre jamais organisée. Auparavant, les présidents
participaient, peut-être aussi certains membres du personnel administratif, mais
réunir les présidents, les membres et les secrétaires des commissions est une
première. Une première dont je suis très fier parce que je crois – et vous le
verrez au fil de mes remarques – qu’elle nous donnera l’occasion à tout le moins
de saisir ce que le législateur avait en tête lorsqu’il a adopté la loi et, vu
les modifications qui y ont été apportées, ce que devrait être le redécoupage de
notre pays, ce grand et merveilleux pays.
Pour chacun d’entre nous, cette démarche représente une occasion privilégiée
de contribuer à l’un des piliers de notre démocratie parlementaire.
Conformément à la Loi constitutionnelle et à la Loi sur la révision
des limites des circonscriptions électorales, la représentation à la Chambre
des communes est rajustée après chaque recensement décennal pour tenir compte de
la variation et des mouvements de population au Canada. Le travail que vous vous
apprêtez à amorcer au sein de chacune de vos commissions s’inscrit au cœur de ce
processus.
Hier, le statisticien en chef, Yvan Fellegi, m’a remis les résultats
du recensement de 2001. Il les a aussi remis au ministre Goodale.
Depuis 1991, la population du Canada est passée de 27 296 859 à
30 007 094 millions d’habitants.
La publication de ces chiffres marque le début du travail de révision des
limites des circonscriptions. Avec ces données et selon les formules prescrites
par la Loi constitutionnelle, ce matin, je suis en mesure de
vous dévoiler le nombre de sièges que comptera la Chambre des communes et le nombre qui sera
attribué à chaque province une fois que seront complétés les travaux de
révision.
Le nombre de sièges à la Chambre passera alors de 301 à 308. Évidemment, cela
signifie qu’il y aura sept sièges additionnels.
Trois provinces verront leur représentation à la Chambre augmenter : la
Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario. Toutes les autres provinces, pour
leur part, se voient allouer le même nombre de députés qu’elles ont en ce
moment.
De plus, les Territoires du Nord-Ouest, le Territoire du Yukon et le Nunavut
garderont un siège chacun. Cette répartition est d’ailleurs prévue dans la
Constitution. Et puisque les territoires n’ont qu’un seul siège chacun, il n’y a
aucune raison d’y former des commissions de délimitation des circonscriptions.
Comme je l’ai mentionné, nous arrivons à cette répartition des sièges en
vertu d’une formule prescrite par la Constitution. Ce calcul s’effectue en
quatre étapes.
Premièrement, des 282 sièges que la Chambre comptait en 1985, au moment des
amendements apportés à la législation, un est attribué aux Territoires du
Nord-Ouest, un au Territoire du Yukon et un au Nunavut, qui fut établi le
1er avril 1999, ce qui laisse 279 sièges pour les dix provinces.
Deuxièmement, le chiffre total de la population des 10 provinces, ce qui
exclut les territoires, est alors divisé par ce chiffre de 279. Ce résultat
donne le quotient électoral national qui sert à déterminer le nombre de sièges
attribué à chaque province à cette étape-ci.
Ce nombre théorique – et voilà la troisième – se calcule en divisant
le chiffre de la population totale de chacune d’elles, des provinces, par le
quotient électoral national obtenu à l’étape 2; si le résultat donne une
fraction supérieure à 0,50, le nombre de sièges est arrondi au nombre entier qui
suit.
Vous avez sûrement noté que j’ai dit théorique car une fois déterminé
le nombre de sièges par province, j’ai dû procéder – et c’est la quatrième étape
–, aux rajustements nécessaires en appliquant ce qui s’appelle la « clause
sénatoriale » et ce qui s’appelle la « clause des droits acquis ».
Depuis 1915, la clause sénatoriale garantit qu’aucune province ne peut avoir
moins de sièges à la Chambre des communes qu’elle n’a au Sénat. En vertu de la
clause des droits acquis – la deuxième clause – inscrite dans la Loi de 1985
sur la représentation électorale, aucune province ne peut avoir moins de
sièges qu’elle n’en a obtenu en 1976 ou qu’elle n’en comptait au cours de la
33e législature.
Donc, après avoir fait les rajustements nécessaires, nous en arrivons à la
répartition que je viens de vous présenter. Voilà donc comment sont répartis
entre les 10 provinces et les 3 territoires les 308 sièges de la Chambre des
communes.
Mais l’application du principe de la représentation, qui est au cœur de la
révision des limites des circonscriptions électorales, ne s’arrête pas là.
En passant, je crois que vous avez reçu une trousse qui explique en détail
comment s’applique la formule. Cela fait bien sûr partie de l’information qui
sera partagée lors de la conférence de presse que je donnerai ce matin, en
sortant d’ici.
Il faut aussi découper chaque province du pays en zones territoriales,
communément appelées circonscriptions, représentées chacune par
un député élu à la Chambre des communes. Cet exercice constitue
essentiellement la révision des limites des circonscriptions électorales.
La Loi édicte les règles à suivre pour mener à bien cette tâche
énorme et j’y reviendrai à quelques reprises dans ma présentation.
Mais avant d’aborder ces étapes, j’aimerais rappeler certains des principes
qui sous-tendent toute notre démarche et la réalisation des travaux de vos
commissions.
En 1964, le Parlement a décidé de confier à des commissions indépendantes,
soit une pour chaque province, la tâche de réviser les limites des
circonscriptions électorales. Votre indépendance comme commissaires est un
élément fondamental du processus de révision. C’est l’un des éléments qui
distinguent le Canada comme leader mondial en matière de démocratie
électorale.
D’ailleurs, l’interdiction, en vertu de la Loi, à tout sénateur, tout député
fédéral et tout membre d’une assemblée législative ou d’un conseil législatif
d’une province ou d’un territoire de faire partie d’une commission, témoigne de
cette ferme volonté de soustraire le processus à toute ingérence politique
indue.
En tant que commissaires, vous devrez élaborer des propositions pour la
nouvelle délimitation des circonscriptions électorales en tenant compte des plus
récentes données du recensement et de diverses considérations. Vous devrez
préparer la description de ces nouvelles limites avec des cartes illustrant les
tracés proposés, déterminer le nom des circonscriptions et indiquer le nombre
d’habitants pour chacune d’entre elles.
De nombreux observateurs ont déjà affirmé que l’histoire du Canada repose sur
des compromis. La représentation des provinces à la Chambre des communes en est
très certainement un exemple concret. Comme je l’ai dit précédemment, le
principe de la représentation territoriale, où chaque citoyen et résident du
Canada est représenté à la Chambre selon une division géographique appelée
circonscription électorale, demeure un des fondements de notre système
uninominal à un tour.
La démocratie canadienne accorde à tous les citoyens le droit de participer
au choix de leur représentant au Parlement. Le droit de vote est un droit
fondamental fondé sur la valeur intrinsèque de l’être humain.
En 1991, un jugement de la Cour suprême a clarifié l’application de ce
principe. Ainsi, la véritable signification du droit de vote ne réside pas dans
l’égalité absolue du pouvoir électoral, mais dans le droit à une représentation
effective. Ce sont ces principes qui guident l’établissement des
circonscriptions électorales. En soi, ils constituent aussi un compromis.
En tant que directeur général des élections, j’ai le devoir d’informer le
public sur notre système politique, sur ses droits en matière électorale, et de
lever tous les obstacles qui pourraient entraver leur exercice.
La participation populaire au processus de révision des limites des
circonscriptions est sans contredit une des pierres angulaires de cet exercice
démocratique et il nous incombe, à vous et à moi, de nous assurer que tous
puissent y participer de manière juste et équitable.
En tant que Canadiens, nous avons le privilège de vivre dans une démocratie
de représentation. Les citoyens y ont non seulement le droit de vote mais ils
ont aussi le droit de participer aux décisions qui touchent à leur vie
personnelle et collective.
Tout gouvernement dans une démocratie de représentation tire sa légitimité de
la légalité du processus électoral, du consentement populaire et de la
possibilité pour la population de participer au processus démocratique. La
révision des limites des circonscriptions électorales fédérales en fait partie
et c’est pourquoi les résidents de chaque province devront pouvoir exprimer
leurs opinions sur les propositions que vous allez élaborer. J’y reviendrai.
Comme le prescrit la Loi, le partage de chacune des provinces en
circonscriptions électorales se fera de telle manière que le chiffre de la
population de chacune des circonscriptions corresponde, dans la mesure du
possible, au quotient résultant de la division du chiffre de la population de la
province que donne le recensement par le nombre de sièges de député à pourvoir
pour cette dernière.
Par exemple, au Nouveau-Brunswick, chaque circonscription devrait compter
environ 72 950 personnes alors qu’en Alberta, ce chiffre représenterait
environ 106 243 personnes.
Mais la révision ne se réduit pas simplement à un calcul automatique. Cela
est pratiquement impossible. Il s’agit aussi d’un geste qui commande un
équilibre délicat qui tienne compte tout autant des intérêts humains que des
caractéristiques géographiques des circonscriptions en cause.
C’est pourquoi la Loi prévoit que certains éléments devront être pris en
considération dans la détermination des limites des circonscriptions – que l’on
pense à la communauté d’intérêts, sa spécificité ou encore son évolution
historique.
Afin de tenir compte des facteurs humains et géographiques, le législateur
autorise les commissions à s’éloigner du quotient électoral lorsqu’elles fixent
les frontières des circonscriptions.
Toutefois, sauf dans les circonstances qu’elles considèrent exceptionnelles,
les commissions ne peuvent s’éloigner de plus de 25 %, en plus ou en moins, du
quotient fixé pour la province. Les commissions devront déterminer ces
circonstances qui sont plus courantes dans les régions septentrionales et peu
peuplées.
Par ailleurs, pour tenir compte de ce concept de communauté d’intérêts, la
Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales
n’interdit pas de fixer les limites d’une circonscription sans tenir compte
de critères géographiques.
Au niveau provincial, en Nouvelle-Écosse plus exactement, le dernier
redécoupage a intégré le concept de circonscriptions désignées pour les
Autochtones qui n’étaient pas nécessairement fondées sur la contiguïté
territoriale d’une circonscription. Cet élément pourrait faire partie de votre
réflexion au moment de déterminer les nouvelles limites pour votre province.
Bref, nous ne parlons pas ici d’un processus qui soit nécessairement uniforme
à la grandeur du pays. À l’image de la diversité qui anime le Canada, les
particularités géographiques, historiques, linguistiques, sociales et
culturelles devront être au centre de vos préoccupations au moment de définir la
communauté d’intérêts justifiant le tracé des limites des circonscriptions.
Jeudi après-midi, nous tiendrons d’ailleurs une séance de travail
spécifiquement dédiée à l’exploration de ce concept de communauté
d’intérêts.
Chaque commission aura un an pour formuler des propositions, tenir des
audiences publiques et produire un rapport. Vous devrez tenir une audience
publique au cours de laquelle les particuliers, les groupes et les députés
fédéraux pourront s’exprimer sur vos propositions, après vous en avoir avisé par
écrit. Vous me remettrez ensuite votre rapport que je transmettrai au président
de la Chambre des communes qui, lui, procédera à son dépôt en Chambre.
Les députés fédéraux ont alors 30 jours pour faire connaître leurs
oppositions.
Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre – si la
tradition est maintenue – examinera celles-ci et retournera un rapport au
président de la Chambre des communes.
Ces rapports vous seront transmis par mon entremise et vous devrez alors
examiner les oppositions soulevées. Vous seuls devrez déterminer si vous
apporterez des changements. À titre de commissaires, vous aurez la
responsabilité ultime de décider du tracé des limites des circonscriptions pour
votre province. La Chambre des communes n’a aucunement à approuver vos
décisions. Vous avez le dernier mot.
J’aurai ensuite à rédiger le décret de représentation électorale, où je
devrai identifier et décrire les circonscriptions que vous aurez établies, et
transmettre le tout au Cabinet.
Au plus tard 10 jours après, le décret sera publié dans la Gazette du
Canada.
À moins d’un contretemps ou d’un délai – et il n’y en a eu aucun lors du
dernier processus, ni du côté des commissions, ni du côté de la Chambre des
communes –, la proclamation du nouveau décret devrait avoir lieu en juin 2003 et
l’entrée en vigueur des nouvelles limites, un an plus tard.
En effet, il y a un délai d’une année pour laisser le temps aux partis
politiques, aux candidats et aux députés de s’ajuster et de régler leur machine
électorale en conséquence.
Si la Législature était dissoute à la fin de juin 2004, les limites actuelles
des circonscriptions seraient alors utilisées pour la tenue des élections. Après
cette date, ce sont les limites que vous aurez tracées qui s’appliqueront.
Pendant toute la durée de vos travaux, vous pourrez compter sur le soutien de
mon Bureau et de son personnel. Élections Canada possède une grande expérience
en la matière et j’étais en poste lors de la dernière révision des limites des
circonscriptions électorales qui s’est tenue de 1993 à 1996, alors que la
Chambre des communes a adopté diverses modifications législatives qui, comme l’a
souligné avec justesse le président de la Chambre des communes, sont
éventuellement mortes au Sénat.
Le soutien aux commissions indépendantes fait partie du mandat d’Élections
Canada. Il inclut une assistance professionnelle, financière, technique et
administrative, dont des services de liaison avec des organismes ou des
ministères fédéraux comme Statistique Canada, Ressources naturelles Canada –
oui, les Ressources naturelles ont un rôle à jouer – et, comme je l’ai mentionné
plus tôt, le président de la Chambre des communes, qui a un rôle très important
à jouer.
Vous aurez accès à un tout nouveau logiciel à la fine pointe de la
technologie, conçu par Élections Canada, qui permet aux cartographes de simuler
rapidement des scénarios de délimitation des circonscriptions. Ce logiciel
intègre les chiffres de population du recensement de 2001 et de multiples
variables, incluant des données sociodémographiques adaptées au recensement de
2001.
Nous irons dans plus de détails à ce sujet lors de la session sur la
géographie vendredi. Cet outil vous sera particulièrement utile pour élaborer
vos propositions de redécoupage. Une démonstration vous en sera faite vendredi
matin, tel que je l’ai mentionné.
Une section a été ajoutée au site Web d’Élections Canada. Intitulée
Représentation fédérale 2004, elle regroupera de nombreux renseignements
permettant de tenir les électeurs canadiens régulièrement informés.
On y retrouvera entre autres 10 sous-sections, chacune spécifique à chaque
province, incluant les propositions de délimitation qui seront soumises à la
population lors des audiences publiques.
Nous vous ferons une présentation du site Web demain matin.
Autre point concernant la diffusion de l’information : chaque commission
devra publier son projet de carte électorale, incluant les tracés proposés, dans
les quotidiens, les journaux communautaires, certaines revues spécialisées ainsi
que dans la Gazette du Canada.
Les services de communication d’Élections Canada seront mis à votre
disposition à cette fin.
Le public sera invité à participer à des audiences. Les dates et les lieux où
se tiendront ces audiences seront également indiqués dans les divers espaces
publicitaires, et ce, au moins 60 jours précédant leur tenue.
De plus, le choix des lieux devra être fait de façon à favoriser la
participation du plus grand nombre possible de citoyens.
Lors de la dernière révision, des audiences publiques se sont tenues en 65
endroits différents à travers le pays. On doit s’attendre à ce que ce nombre
soit plus grand cette fois-ci parce qu’on aura peut-être réussi à ne pas
confondre les gens avec des projets de loi, tel que fut le cas précédemment.
Tout comme la population en général, les députés pourront y participer, tel
que le mentionnait Monsieur le Président précédemment. La révision des limites
des circonscriptions électorales fait partie du processus démocratique canadien,
comme je le disais, et nous devons faire en sorte que tous et chacun puissent y
faire pleinement valoir leurs droits et soient parties prenantes à cette
démarche.
Enfin, je tiens à souligner qu’il est possible qu’un découpage électoral
provincial se tienne dans cinq provinces, dans cinq provinces en parallèle au
processus que nous amorçons au niveau fédéral. Il faudra donc s’assurer que la
campagne publicitaire évite toute possibilité de confusion dans l’esprit du
public, ce qui ne sera pas tâche mince.
Le personnel d’Élections Canada, incluant nos services juridiques, possède
une grande connaissance des questions auxquelles vous serez confrontés au cours
des prochaines semaines et des prochains mois. En tout temps, ils seront
disponibles pour vous aider et vous soutenir dans vos travaux, y compris la
production de vos rapports.
Les présidents et les membres des commissions pourront communiquer avec moi
en tout temps. La ligne est ouverte. Je pourrai également intervenir au besoin
pour faire le lien entre les commissions et le Parlement.
En vertu de la Loi sur la révision des limites des circonscriptions
électorales, je suis aussi responsable de déterminer les coûts afférents à
ce processus, lesquels seront ensuite payés par le Trésor public. Les procédures
administratives seront mises en place à cet égard. Elles vous faciliteront
grandement cette tâche, permettez-moi de vous en assurer.
Il est important d’exercer une saine vigilance sur les dépenses qu’il faudra
engager dans le cadre de cet exercice. Il s’agit pour nous tous d’assurer une
gestion efficace des deniers publics.
La délimitation des circonscriptions électorales est une composante
importante de notre système parlementaire, tel que je l’ai mentionné. Elle
détermine le territoire que représentera un député, une députée, et celui où
iront voter les électeurs.
Notre démocratie est fondée sur le principe de la représentation et la
délimitation des circonscriptions en constitue très certainement une des
expressions les plus manifestes.
Au cours des prochains jours, vous aurez l’occasion de rencontrer et
d’échanger avec le personnel d’Élections Canada et d’entendre des conférenciers
de marque.
Demain matin, Madame Dyane Adam, Commissaire aux langues officielles,
abordera la question de la communauté d’intérêts dans la perspective des deux
langues officielles du pays. Sans doute nous parlera-t-elle également des
mesures à prendre en ce qui touche toutes les communications avec le public par
l’entremise de votre bureau.
En après-midi, cette notion de communauté d’intérêts fera aussi l’objet des
discussions d’un panel d’universitaires possédant une grande expérience des
questions de découpage électoral. Animé par le professeur John Courtney de
l’Université de Saskatchewan, ce forum réunira également les professeurs
Jennifer Smith de l’Université Dalhousie et Réjean Pelletier de l’Université
Laval.
Le professeur Courtney est l’auteur du livre intitulé Commissioned Ridings
que nous vous avons remis dans le cadre de cette conférence.
Vendredi matin, Monsieur Phil Fontaine, Commissaire en chef de la Commission
de revendication des Indiens et l’ancien président de l’Association de
l’Assemblée des Premières nations, prononcera une allocution sur les moyens de
susciter une plus grande participation de ces communautés au processus de
révision.
Cette conférence représente l’occasion idéale d’obtenir une mine de
renseignements qui nous aidera dans la réalisation de vos travaux.
La tâche qui vous attend est complexe, mais les Canadiens, les Canadiennes
sont exigeants en matière électorale et démocratique et il est bon qu’il en soit
ainsi. Cette tâche constitue aussi pour vous, comme pour moi et mon personnel,
un véritable privilège.
La représentation au Parlement, ici-même à Ottawa, est le fondement même de
notre démocratie canadienne. Nos lois font en sorte d’assurer que cette
représentation soit la plus efficace et la plus équitable possible, selon les
choix que nous avons faits au cours de notre histoire.
Nous vivons dans un pays relativement jeune en comparaison de nombreux autres
sur la planète. J’ai déjà lu qu’un pays prenait 300 ans avant de s’établir
de façon irrévocable en tant que pays. Le poids de l’histoire étant peut-être
moins lourd ici qu’ailleurs, les Canadiens ont su démontrer une grande capacité
d’adaptation qui leur a permis de tirer profit des changements économiques, des
changements politiques et sociaux, des changements culturels et
technologiques.
La réalité canadienne est en constante évolution et les données du
recensement de 2001 viennent de nous le rappeler. Je suis convaincu que le
processus de révision des limites des circonscriptions électorales que nous
amorçons et les résultats auxquels il nous conduira en seront le juste
reflet.
Je suis tout aussi convaincu que vous saurez démontrer une détermination et
un engagement soutenus dans la réalisation de vos mandats respectifs.
Au nom de tous mes concitoyens et de toutes mes concitoyennes, je vous
remercie sincèrement d’avoir accepté de les servir à cette fin. Merci
beaucoup.
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