COMMISSION DE DÉLIMITATION DES CIRCONSCRIPTIONS
ÉLECTORALES FÉDÉRALES POUR LE QUÉBEC
2003
DÉCISIONS RENDUES PAR LA COMMISSION,
CONFORMÉMENT AU PARAGRAPHE 23(1) DE LA
LOI SUR LA RÉVISION DES LIMITES DES
CIRCONSCRIPTIONS ÉLECTORALES,
À L'ÉGARD DES OPPOSITIONS DÉPOSÉES
PAR LES DÉPUTÉS
CONCERNANT LE RAPPORT DU 14 MARS 2003
DE LA COMMISSION
Introduction
[1] À la suite des propositions qu'elle a publiées dans le Supplément,
Gazette du Canada, Partie I, le 31 août 2002 (ci-après
parfois « les propositions »), diffusées à l'échelle du
Québec, et des audiences publiques qu'elle a tenues à 14 endroits
différents de la province, la Commission de délimitation des circonscriptions
électorales fédérales pour le Québec (ci-après « la Commission »)
a établi après délibérations, selon le paragraphe 20(1) de la
Loi sur la révision des limites des circonscriptions électorales,
L.R.C. 1985, ch. E-3 (ci-après
« la Loi »), pour présentation à la Chambre des communes,
un rapport, portant la date du 14 mars 2003 (ci-après parfois
« le rapport »), dans lequel elle exposait ses réflexions
et propositions concernant le partage de la province en circonscriptions
électorales fédérales, les limites et les populations respectives de
celles-ci, ainsi que le nom à leur attribuer.
[2] Ce rapport présentait, explications à l'appui, de nombreuses
modifications aux propositions.
[3] La Commission a reçu le 18 juillet 2003 une copie des
oppositions à son rapport, détaillées dans le Quarante-troisième rapport
du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (ci-après
« le Comité »), les extraits des procès-verbaux du
Sous-comité de la révision des limites des circonscriptions électorales
(ci-après « le Sous-comité ») et les témoignages
afférents.
[4] Cette date est le point de départ de la période allouée pour l'étude
des oppositions, tel que prévu par le paragraphe 23(1) de
la Loi, et pour statuer en l'espèce.
[5] Tel qu'invitée par le Comité, qu'elle remercie de son précieux apport
à la poursuite de ses délibérations tout en soulignant qu'elle n'est pas
liée par les recommandations du Comité, la Commission, qui est un organisme
indépendant et dont les membres ont lu tous les témoignages disponibles,
ainsi que de nombreux autres documents, a étudié attentivement les oppositions,
de même que les observations et recommandations formulées dans le
Quarante-troisième rapport et, conformément à la Loi, statue en l'espèce,
en tentant ci-après de répondre aux souhaits exprimés, sous réserve des
règles et critères applicables ainsi que du fait que la Loi ne lui impose
pas de se conformer aux points de vue des députés.
[6] Au cours de son étude, la Commission s'est arrêtée à réexaminer les
éléments pertinents de son rapport, les commentaires, vues, opinions et vœux
antérieurement entendus.
[7] Cette nouvelle réflexion, qui a été faite à la lumière du rapport du
Comité et des oppositions, n'a pas conduit la Commission à estimer qu'elle
devait modifier les principes généraux qu'elle avait retenus dans son rapport
(le lecteur est invité à s'en remettre au rapport complet de la Commission en
date du 14 mars 2003), et dit de façon générale et non limitative,
entre autres :
- les principes de l'article 15 de la Loi, ainsi
qu'interprétée;
- le quotient électoral de la province établi à 96 500 habitants, tant pour les circonscriptions
urbaines que rurales;
- une représentation effective tenant compte de l'isonomie,
soit en l'instance le principe hautement démocratique de
« une personne un vote »;
- une parité individuelle, juste et équitable étudiée à
l'échelle du Québec dans son intégralité pour tous les citoyens
de la province, urbains et ruraux, et ce, dans une saine recherche
d'un objectif de représentation intraprovinciale ne s'éloignant
qu'occasionnellement d'un écart tolérable de 10 %, ce qui,
selon le Comité, n'est « ordinairement pas d'une politique
déraisonnable. » (paragr. 10 du
texte anglais/paragr. 9 du texte français);
- une hésitation par souci de justice et d'équité pour l'entière
population du Québec à faire des déterminations emportant des écarts
élevés par rapport au quotient provincial, en n'oubliant pas cependant
les différences pouvant exister entre des circonscriptions urbaines
et des circonscriptions rurales, septentrionales ou peu peuplées;
- le respect des communautés d'intérêts et de la spécificité
des circonscriptions électorales et/ou de leur évolution historique,
et ainsi le respect des municipalités régionales de comté
(ci-après « MRC »), des entités géographiques
où plusieurs témoins ont dit en premier lieu se retrouver ainsi que
subsidiairement dans leur région administrative. La Commission a
toujours cherché à apporter une haute considération aux préoccupations
des citoyens;
- la nécessité d'ajustements découlant non seulement de
mouvements de population mais aussi très souvent inéluctablement
causés par des anomalies résultant de répartitions antérieures,
par exemple des circonscriptions urbaines à quotient élevé non
souhaitable ou des circonscriptions rurales à quotient faible
inacceptable, ainsi que détaillé dans les propositions, le tout
entraînant par effet dominos des modifications non arbitraires
mais requises par les principes retenus;
- le maintien, en autant que possible, de la continuité historique
tant relativement aux limites qu'aux noms, soit ce que 37 des
54 députés fédéraux qui se sont manifestés ont requis sous le
vocable de statu quo;
- l'acceptation de ces demandes, le cas échéant malgré les
écarts notés dans les propositions, aurait pu constituer une
solution facile pour la Commission de se décharger du mandat,
des obligations et des responsabilités qui lui sont imposés
par la Loi;
- l'attribution de noms se limitant à deux volets et se
voulant aussi représentatifs que possible choisis en vertu
de critères toponymiques, sans faire référence à tous les
éléments géographiques, historiques ou autres que certains
aimeraient y retrouver;
- une écoute attentive, respectueuse de la Loi et des principes
retenus, à l'égard des vœux exprimés par les premiers intéressés.
[8] Ainsi, la Commission, sensible aux préoccupations exprimées,
a-t-elle étudié attentivement chacune des oppositions, dont les
motifs avaient parfois été antérieurement soumis et examinés, et
s'est-elle efforcée de prendre ses décisions dans un esprit d'ouverture
et d'équité.
[9] Lors de ses décisions, la Commission a tenu compte des
30 oppositions qui ont suivi son rapport du 14 mars 2003,
ainsi que des 312 observations écrites, des 199 mémoires et des
214 présentations lors des audiences publiques postérieures aux
propositions du 31 août 2002.
Montréal
[10] L'île, et donc la ville de Montréal compte
18 circonscriptions électorales fédérales.
[11] Deux députés ont déposé des oppositions relatives aux
limites de ces 18 circonscriptions, soit Mme Marlene
Jennings, députée de Notre-Dame-de-GrâceLachine et
Mme Eleni Bakopanos, députée d'Ahunstic, lesquelles,
de l'avis de la Commission, demandent des modifications territoriales
relativement peu élaborées.
[12] Le Comité écrit :
« c) Recommandations pour Montréal
29. Comme nous l'avons indiqué précédemment, il est impossible
d'ignorer le fait que les 14 [sic] députés de
l'île de Montréal avaient tous signé une lettre demandant le
maintien du statu quo. Nous reconnaissons qu'une revue des limites
électorales suggère généralement qu'il y aura des modifications
et que les gens doivent être disposés à accepter des compromis.
Nous avons entendu des oppositions de tout le pays et nous savons
fort bien qu'il est impossible de plaire à tous. Cette évidence
étant établie, nous ne pouvons admettre que des changements soient
apportés pour l'amour du changement.
30. Toutes les circonscriptions actuelles de l'île de
Montréal affichent un écart acceptable relativement au
quotient provincial, et la loi n'exige donc aucune modification.
Pour cette région en particulier, nous sommes d'avis que la
Commission devrait se prévaloir pleinement de l'écart qu'autorise
la loi par rapport au quotient provincial.
31. De plus, la Commission doit demeurer consciente du fait que
dans les circonscriptions urbaines, le territoire est beaucoup
plus petit et qu'il y a ordinairement plus de cohésion parce que
les collectivités sont plus rapprochées. Ce n'est donc généralement
pas un problème que d'avoir des circonscriptions plus populeuses.
32. Il faut savoir que l'on nous avait dit que la Commission,
en réponse aux consultations publiques de décembre 2002, avait
accepté de rétablir les démarcations et noms existants (les assortissant
dans certains cas de légers changements) de plusieurs de ces
circonscriptions. Il semble inhabituel que la Commission accepte le
statu quo dans certains cas mais pas dans d'autres, quand les mêmes
facteurs sont en jeu.
33. Nous recommandons donc avec insistance que les circonscriptions
actuelles de l'île de Montréal demeurent intactes. Même si notre
recommandation est rejetée, les oppositions soulevées relativement
à Notre-Dame-de-Grâce et à Ahuntsic devront entrer en compte. La
Commission devrait se concentrer plus intensément sur la question
de la communauté d'intérêts et, à tout le moins, les circonscriptions
de Notre-Dame-de-Grâce et d'Ahuntsic devraient être modifiées en
fonction des préoccupations exprimées par les députées. »
Commentaires
[13] Même si, lors du recensement 2001, la province comptait
au-delà de 21 % de circonscriptions extraordinaires et 29 %
de circonscriptions présentant un écart variant d'environ 10 à
25 %, la Commission a réussi à présenter 18 circonscriptions
rencontrant une configuration identique ou quasi identique à celle
attribuée lors du décret de 1996.
[14] Cinq de ces circonscriptions étaient situées sur l'île de Montréal.
[15] Et cinq autres circonscriptions montréalaises ont subi des
modifications territoriales mineures, affectant moins de 7 % de
leur population.
[16] La Commission a écrit à la page 105 de son rapport :
« La recherche de la continuité configurationnelle historique
très fréquemment demandée et le souci d'équilibrer la population urbaine
montréalaise avec l'effet dominos sont la source principale des
modifications apportées. »
[17] Les circonscriptions voisines PierrefondsDollard et
Lac-Saint-Louis présentaient des écarts positifs excédant 14 %.
[18] Une juste parité établie selon les principes retenus ne
permettait donc pas de conserver le statu quo réclamé.
[19] Les changements apportaient un effet dominos sur d'autres
circonscriptions.
[20] Seize des députés de Montréal, soit près de 90 %,
n'ont pas présenté d'oppositions et peuvent être présumés
satisfaits des configurations.
Décision
[21] La Commission rejette la recommandation du Comité pour Montréal.
Notre-Dame-de-GrâceLachine
[22] Mme Marlene Jennings, députée de Notre-Dame-de-GrâceLachine,
a déposé une opposition demandant le statu quo qui se lit en partie comme suit :
« …
D'après la recommandation de la Commission, la population
de la nouvelle circonscription serait presque identique à celle
de la circonscription actuelle. J'avoue que l'inclusion de Dorval
est acceptable car cette ville a des intérêts communs avec
l'ancienne ville de Lachine. En fait, avant 1997, une bonne
partie de l'ouest de Lachine faisait partie de la circonscription
fédérale de Lac Saint-Louis avec l'ancienne ville de
Dorval. Par conséquent, la recommandation de la Commission d'englober
l'ancienne ville de Dorval avec celle de Lachine peut se justifier
en ce sens qu'elle respecte les critères législatifs de la communauté
d'intérêts d'après les données historiques. Anciennement, les deux
faisaient partie de la même circonscription fédérale et les résidents
des deux anciennes municipalités ont créé bien des associations et
groupes communautaires qui desservent tous leurs résidents.
Ce qui est contestable, c'est la division de NDG en deux et
l'idée de garder la partie ouest de NDGLachine tout en
déplaçant la partie est vers une autre circonscription fédérale,
à savoir WestmountVille-Marie.
Voyons si cette proposition de la Commission respecte la deuxième
série de critères, à savoir la communauté des intérêts, de l'identité
culturelle ou l'évolution historique comme le veut la Loi
électorale du Canada.
…
Voilà pourquoi je propose une des deux options suivantes
par ordre de préférence :
. La première option consisterait à préserver les limites actuelles,
soit Décarie à l'est.
. La deuxième option consisterait à accepter la recommandation de
la Commission à savoir qu'on ajoute Dorval à la circonscription de
NDGLachine mais que la partie NDG de la circonscription demeure
intacte selon la communauté d'intérêts et les autres arguments exposés
ci-dessus. Cette deuxième option porte le nombre total d'électeurs
à environ 115 000 ou 116 000 (8 ou 9 %
au-dessus de la moyenne provinciale) mais on est encore loin du plafond
de 25 % de plus que la moyenne provinciale.
... »
[23] Le Comité a conclu selon les termes présentés aux
paragraphes 32 et 33 de son rapport.
Commentaires
[24] Aucune opposition n'a été présentée par les députés des
circonscriptions limitrophes, ce qui laisse présumer qu'ils sont
satisfaits de la configuration.
[25] Selon la Commission, il y avait nécessité d'équilibrer les
circonscriptions de l'île de Montréal, en particulier celles de la
partie ouest, puisque celles-ci dépassaient largement les normes
retenues. La Commission a donc reconfiguré la circonscription
Notre-Dame-de-GrâceLachine à l'ouest en y ajoutant les anciennes
municipalités de Dorval et de L'Île-Dorval.
[26] Si la Commission a pu conserver les limites nord du décret
de 1996, les populations existantes ont forcé le retrait d'un secteur.
Celui-ci est allé rejoindre une autre partie de l'ancienne municipalité de
Notre-Dame-de-Grâce dans la circonscription WestmountVille-Marie
avec laquelle il possède une affinité.
[27] Les données de Statistique Canada révèlent que l'ajout du
secteur mentionné par l'opposante ferait que cette circonscription
compterait 120 969 personnes, soit un écart positif
de 25,4 %.
Décision
[28] L'opposition est rejetée.
Ahuntsic
[29] Mme Eleni Bakopanos, députée d'Ahuntsic, a présenté
une opposition demandant le statu quo qui se lit en partie comme suit :
« …
Nous demandons que les bornes actuelles de la circonscription
électorale d'Ahuntsic soit1 maintenues.
…
D'autre part, nous croyons fermement que la recommandation de
la Commission de modifier la borne « Est »
de la circonscription d'Ahuntsic aura pour effet de mettre en péril
la communauté d'intérêts et d'identité existantes, ce qui est
contraire aux préceptes de la Loi.
…
Subsidiairement, si le Comité venait à conclure qu'il faut
absolument modifier l'actuellement carte électorale de la
circonscription d'Ahuntsic, nous suggérons qu'elle retire plutôt
la section de la circonscription située dans le quartier
St-Michel qui ne partage actuellement aucune communauté d'intérêt
avec le reste du comté… »
1 La Commission a choisi de ne pas noter les
erreurs retrouvées dans les textes ici cités verbatim.
[30] Le Comité écrit :
« 25. Mme Bakopanos a fait valoir que la
Commission s'était montrée beaucoup trop restrictive dans ses
efforts d'établir sur l'île de Montréal la correspondance avec le
quotient provincial. Elle a souligné que la loi permettait des
écarts pouvant atteindre 25 p. 100, mais que
la Commission avait apporté à plusieurs circonscriptions de l'île
des modifications alors que l'écart ne s'approchait pas du tout de
la limite. Dans le cas d'Ahuntsic, la conservation des limites
actuelles résulterait en un écart de +9,7 p. 100.
26. Mme Bakopanos a indiqué au Sous-comité que l'opposition
qu'elle soulevait jouissait d'un ferme appui local, incluant celui
du conseil d'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Elle a expliqué
avec beaucoup de clarté que la modification proposée mettrait en péril
la communauté d'intérêts et la communauté d'identité du secteur. Bon
nombre des électeurs qui changeraient de circonscription sont desservis
par les mêmes institutions locales que ceux qui y resteront.
27. Selon Mme Bakopanos, les changements ont résulté
en des modifications sans justification qui, ne servant en rien
l'intérêt public, ne reposent que sur des règles mathématiques. Elle
a démontré en quoi les limites existantes sont dictées par la
géographie, les grands axes routiers et la division municipale.
28. Mme Bakopanos a également indiqué que s'il
fallait absolument apporter des modifications, il serait
beaucoup plus logique de retrancher la partie de la circonscription
qui se situe dans le quartier Saint-Michel et qui, à l'heure
actuelle, n'a rien en commun avec le reste de la circonscription. »
Commentaires
[31] Aucune opposition n'a été présentée par les députés des
circonscriptions limitrophes, ce qui laisse présumer qu'ils sont
satisfaits de la configuration.
[32] Les limites sud de la circonscription n'ont pas été
touchées en raison de l'effet dominos que cela aurait pu
entraîner pour les autres circonscriptions.
[33] Les modifications mineures ont affecté moins de 6 %
de la population par rapport au statu quo.
[34] La démographie des secteurs que l'on veut échanger est similaire.
[35] Les 27 arrondissements de la nouvelle ville de Montréal doivent
être répartis dans 18 circonscriptions électorales fédérales.
[36] La Commission estime toujours que dans les circonstances la
configuration décrite au rapport rencontre bien les critères applicables.
Décision
[37 ] L'opposition est rejetée.
Laval
[38] Les deux oppositions déposées par des députés de Laval
se rapportaient uniquement aux noms proposés.
[39] Aucune n'avait trait au partage de cette ville en
circonscriptions électorales ni aux limites des circonscriptions
proposées.
[40] Le Comité écrit :
« 34. Deux des députés de Laval ont témoigné devant
le Sous-Comité de leur opposition aux noms proposés pour leurs
circonscriptions. Dans le contexte de ces discussions et d'autres
échanges moins officiels, nous concluons que des changements
importants s'imposent dans les circonscriptions de Laval. Les
oppositions qui nous ont été soumises sont exposées ci-après,
et nos recommandations pour la région viennent ensuite. »
[41] Les deux oppositions ayant trait aux noms suggérés faites par
Mme Raymonde Folco, députée de Laval-Ouest et
Mme Carole-Marie Allard, députée de Laval-Est, seront
étudiées et commentées plus loin, et ce, pour s'en tenir pour le moment
à la reconfiguration majeure suggérée par le Comité.
[42] Le tout requiert de citer en entier les commentaires du Comité :
« 44. Surtout, nous recommandons que la région de Laval
compte seulement trois circonscriptions. De toute évidence, la Commission
a jugé que la croissance de la région nécessitait l'ajout d'une quatrième
circonscription. Nous ne sommes pas de cet avis et constatons que la nouvelle
circonscription proposée réunirait deux secteurs distincts qui n'ont que
peu de caractéristiques communes. Avec la création de cette circonscription,
les critères de communauté d'intérêts, d'identité culturelle et d'évolution
historique sont tout simplement ignorés. Il s'agit à nos yeux d'une solution
inacceptable.
45. Notre solution consiste à conserver les trois circonscriptions
actuelles en se contentant d'apporter des changements mineurs à leurs
limites pour mieux répartir la population. Nous proposons les limites
suivantes :
- Laval-Ouest : commençant à la rivière des Prairies vers
le nord suivant l'autoroute des Laurentides jusqu'au boulevard
Notre-Dame; de là vers l'est suivant ledit boulevard
jusqu'au boulevard du Curé-Labelle; de là vers le nord suivant
ledit boulevard jusqu'à la ligne de transport d'énergie hydroélectrique
située au sud de la rue Édith; de là vers l'est suivant ladite ligne
jusqu'à la ligne de transport d'énergie hydroélectrique nord-sud;
de là vers le nord suivant ladite ligne nord-sud jusqu'à
son intersection avec la rivière des Milles Îles.
- Laval-Est : commençant à la rivière des Prairies vers le
nord suivant le boulevard des Laurentides jusqu'au boulevard Saint-Martin;
de là vers l'ouest suivant le boulevard Saint-Martin jusqu'à la voie
ferrée du Canadien Pacifique; de là vers le nord suivant ladite voie
ferrée jusqu'à la ligne de transport d'énergie hydroélectrique
est-ouest située au nord de la rue Papillon; de là vers
l'est suivant ladite ligne jusqu'au boulevard René-Laenneck; de là vers
le nord suivant le prolongement dudit boulevard (selon les plans de
la ville de Laval) jusqu'à la rue Riopelle; de là suivant ladite rue
jusqu'au boulevard des Laurentides; de là vers le nord suivant ledit
boulevard jusqu'à l'avenue Papineau, de là vers le nord-ouest
suivant ladite avenue jusqu'au pont Athanase-David.
46. Cette recommandation entraînerait les populations et écarts suivants :
| |
Laval-Ouest :
|
112 000 et +16,7 p. 100; |
| |
Laval Centre :
|
116 216 et +20,4 p. 100; |
| |
Laval-Est :
|
114 196 et +18,3 p. 100. |
47. Il convient de signaler que cette recommandation nous permettrait
d'ajouter une circonscription ailleurs au Québec, une option extrêmement
précieuse pour calmer les préoccupations relatives à la sous-représentation
du Québec rural. »
[43] Quant à l'emplacement de la circonscription créée par le
Comité, celui-ci ne peut faire consensus :
« 51. M. Gagnon craint par ailleurs que les changements
proposés n'entraînent, pour la région de la Mauricie, la perte d'un
député, ce qui réduirait du tiers sa représentation. Selon
M. Gagnon, cela est inacceptable. Il a donc recommandé
le statu quo (1997) pour la circonscription actuelle
de Champlain.
52. Selon nous, M. Gagnon a présenté des arguments convaincants
qui ne peuvent être ignorés. En raison des changements que nous
avons apportés dans la région de Laval, il y a maintenant une
circonscription électorale inutilisée au Québec. Comme nous l'avons
indiqué précédemment, certains membres du Sous-comité
considéraient que la région de la Mauricie était celle qui profiterait
le plus d'un tel ajout. D'autres, par contre croyaient que la
circonscription excédentaire devrait être accordée à la région du
SaguenayLac-Saint-Jean.
53. Il est clair que si la circonscription était accordée à
la Mauricie, la décision aurait des répercussions dans toute la
région. Nous préférons donc recommander le maintien du statu quo,
avec de légères modifications là où cela est absolument
nécessaire. »
[44] Et plus loin, le Comité ajoute :
« 74. Nous sympathisons au plus haut point avec
les oppositions de ces quatre députés (M. Sébastien
Gagnon, député de Lac-Saint-JeanSaguenay; Mme Jocelyne
Girard-Bujold, députée de Jonquière; M. André
Harvey, député de ChicoutimiLe Fjord; et M. Michel
Gauthier, député de Roberval) et jugeons leurs arguments
convaincants. Il est évident que la perte d'une circonscription
dans une région est extrêmement difficile à accepter et ce
problème est aggravé dans le cas des régions où il y a des
difficultés économiques et d'autres problèmes connexes. Comme
cela a été mentionné plus haut, les membres du sous-comité ont
discuté longuement pour déterminer s'il fallait ajouter une
circonscription dans cette région. Le Sous-comité n'a pu parvenir
à un consensus quant à l'endroit où il pourrait ajouter une
circonscription rurale au Québec. »
Commentaires
[45] Aucune opposition n'a été présentée à cet égard par les
députés des circonscriptions limitrophes, ce qui laisse présumer
que ces derniers sont satisfaits de la configuration.
[46] Le Comité ne cite aucune demande précise ni aucun support de
la part de la population de la région et de celle des autorités
lavalloises ni la source de ses « autres échanges moins
officiels » pour réduire la représentativité des
populations de la ville de Laval et de la région nord immédiate.
[47] La Commission a reçu de nombreuses informations démontrant
les liens étroits qui unissent les populations de Laval et de la
région nord immédiate.
[48] Le profil socio-démographique est homogène sur les deux
rives de la rivière des Mille Îles.
[49] Les activités sont souvent partagées dans bon nombre
d'organismes sportifs, culturels et communautaires.
[50] Les liens de transport sont faciles et plusieurs services
du gouvernement du Canada sont regroupés dans le secteur
Laval/Rive-Nord.
[51] Les autorités municipales de Laval et certains organismes
de la région nord immédiate ont indiqué leur appui.
[52 ] La nouvelle configuration assure le respect équitable de
la parité intraprovinciale, laquelle ne pourrait se retrouver
par ailleurs.
Décision
[53] La Commission maintient la configuration de la ville de Laval
et de la région nord immédiate.
Mauricie
[54] M. Marcel Gagnon, député de Champlain, a déposé une opposition
visant à demander le statu quo dans les termes suivants :
| |
« A- |
Champlain actuel est trop grand pour qu'un
député puisse couvrir le territoire efficacement et
donner satisfaction à la population. |
| |
B- |
Le territoire reste sensiblement le même en rajoutant
la ville de Shawinigan et retranchant Cap-de-la-Madeleine,
Sainte-Marthe et St-Louis-de-France, mais
le nombre d'électeurs augmente de 11 000 (onze
mille) environ, et une population de (97 893). |
| |
C- |
Les gens de la MRC Les Chenaux n'ont aucune
appartenance avec la ville de Shawinigan, les habitudes et le
centre d'affaires sont Trois-Rivières. |
| |
D- |
Les nouvelles délimitations électorales font
perdre un député à la région Mauricie. La région a besoin de
toutes ses voix et de tout son pouvoir, il n'est pas question
de perdre le tiers de sa représentation à Ottawa. |
| |
E- |
Je recommande que le comté de Champlain reste
tel qu'il est présentement. » |
[55] Le Comité écrit :
« 50. M. Gagnon a en outre signalé que la MRC des
Chenaux n'avait pas de communauté d'intérêts avec la municipalité
de Shawinigan. Elle est plutôt liée sur les plans social et
économique avec la ville de Trois-Rivières.
51. M. Gagnon craint par ailleurs que les changements proposés
n'entraînent, pour la région de la Mauricie, la perte d'un député,
ce qui réduirait du tiers sa représentation. Selon M. Gagnon,
cela est inacceptable. Il a donc recommandé le statu quo (1997)
pour la circonscription actuelle de Champlain.
52. Selon nous, M. Gagnon a présenté des arguments convaincants
qui ne peuvent être ignorés. En raison des changements que nous
avons apportés dans la région de Laval, il y a maintenant une
circonscription électorale inutilisée au Québec. Comme nous l'avons
indiqué précédemment, certains membres du Sous-comité considéraient
que la région de la Mauricie était celle qui profiterait le plus
d'un tel ajout. D'autres, par contre, croyaient que la circonscription
excédentaire devrait être accordée à la région du
SaguenayLac-Saint-Jean.
53. Il est clair que si la circonscription était accordée
à la Mauricie, la décision aurait des répercussions dans toute
la région. Nous préférons donc recommander le maintien du statu
quo, avec de légères modifications là où cela est absolument
nécessaire. »
Commentaires
[56] Aucune opposition n'a été présentée par les députés
des circonscriptions limitrophes, ce qui laisse présumer
qu'ils sont satisfaits de la configuration.
[57] La nécessité de reconfigurer la région en raison de son
déficit démographique, de la réalité de la nouvelle ville de
Trois-Rivières et du respect de l'intégralité des MRC a fait en
sorte que le statu quo ne pouvait être maintenu en respectant
l'équité intraprovinciale.
[58] La nouvelle ville de Shawinigan se situe au centre de
la circonscription ainsi que la route no 155 qui
mène à La Tuque.
[59] La Mauricie, qui conserve les circonscriptions
Trois-Rivières et Saint-MauriceChamplain,
occupe aussi une place prépondérante dans la circonscription
BerthierMaskinongé.
Décision
[60] L'opposition est rejetée.
Région de Québec et Côte-Nord
[61] M. Ghislain Fournier, député de Manicouagan, a déposé
une opposition qui se lit en partie comme suit :
| |
« … |
| |
|
Considérant le manque d'infrastructures en
transport et qui fait en sorte que plusieurs régions de la
circonscription ne peuvent être rejointes qu'en avion, bateau
ou hélicoptère en été ou en motoneige l'hiver; |
| |
|
Considérant le manque d'infrastructures en
communications dans certains secteurs, qui rend difficile les
communications selon les nouvelles technologies; |
| |
|
Considérant que la population de Manicouagan qui
se chiffrait à 52 561 au recensement de 2001 est
dispersée sur 268 000 km2, soit 22 fois la
superficie moyenne des circonscriptions; |
| |
|
Considérant qu'en vertu de la Loi sur la révision
des limites des circonscriptions électorales, chaque citoyen a le
droit à un député présent et non pas constamment en déplacement dans
la circonscription; |
| |
|
Considérant la grande disparité et la diversité des
besoins entre les résidents de la Basse-Côte-Nord, versus les résidents
du secteur Baie-Comeau; |
| |
|
Considérant le fait que la Commission n'a tenu à
rencontrer qu'un seul aspect de la loi soi le 10% d'écart, sans
tenir compte de l'autre aspect important de cette même loi, soit la
superficie à couvrir pour rencontrer les objectifs; |
| |
|
Considérant l'unanimité des mémoires et présentations
faites lors des audiences tenues à Sept-Îles et qui
convergeaient toutes vers le maintien des limites actuelles; |
| |
Que le Comité permanent de la procédure et des
affaires de la Chambre s'oppose aux limites des circonscriptions
électorales proposées pour la circonscription de Manicouagan par
la Commission de délimitation des circonscriptions électorales
fédérales pour le Québec et qu'il exige le maintien des limites
d'avant la proposition du 31 août 2002. » |
[62] Le Comité écrit :
« 65. Le Comité accepte les oppositions qui ont été
soulevées au sujet de ces régions. Il ne fait aucun doute que la
circonscription de Manicouagan est une circonscription extraordinaire
et que la Commission devrait avoir invoqué la latitude que lui donne
la loi pour lui accorder un écart inférieur à -25 p. 100,
en l'occurrence -45 p. 100, par rapport au
quotient provincial. Nous sommes bien conscients qu'il ne faut pas
faire un usage excessif d'une telle solution. Cependant, si la
circonscription de Manicouagan n'est pas considérée comme justifiant
l'exercice de cette discrétion prévue dans la loi, nous ne savons pas
dans quelles circonstances ce pouvoir pourrait être utilisé et pour
quelles raisons il aurait été inscrit dans la loi.
66. Nous constatons également que les changements apportés aux
autres circonscriptions dans cette région viennent de ce que la
Commission a refusé de reconnaître le statut de circonscription
extraordinaire à Manicouagan. Cela signifie que nous avons la
possibilité de recommander le statu quo pour la région, une option
qui est tout à fait appropriée. Notre Comité ne peut pas accepter
des changements qui seraient effectués simplement pour le plaisir.
Les autres circonscriptions actuelles qui sont touchées sont Charlevoix,
BeauportMontmorencyCôte-de-BeaupréÎle-d'Orléans,
CharlesbourgJacques-Cartier, Louis-Hébert, Québec, Québec-Est
et Portneuf.
67. Notre recommandation est appuyée par tous les témoins
qui se sont présentés devant le Sous-comité ainsi que par
d'autres députés qui ont indiqué leur soutien dans le cadre
de conversations avec les membres du Sous-comité. De fait,
une lettre ouverte publiée dans Le Soleil indiquait
que tous les députés de cette région étaient en faveur du
statu quo. À notre avis, notre recommandation donnerait lieu
à une représentation plus efficace et plus économique, en
particulier dans la circonscription de Manicouagan. »
Commentaires
[63] La circonscription présentait un écart négatif de
45,5 % au recensement de 2001.
[64] L'étendue du territoire, à environ 90 % inhabité, ne
justifie pas une situation d'exception en comparaison avec les
circonscriptions Baie-JamesNunavik et GaspésieÎles-de-la-Madeleine.
[65] La ville de Baie-Comeau, ajoutée à la circonscription, est
voisine de Franquelin, dernière localité de la circonscription actuelle
de Manicouagan. Elle constitue le centre névralgique de la MRC Manicouagan,
qui se retrouve entièrement dans la même circonscription.
[66] Si les besoins de la population de la région de Baie-Comeau
sont différents de ceux de la Basse-Côte-Nord, ils s'apparentent
toutefois à ceux de la région de Sept-Îles.
[67] Aucune opposition n'a été transmise pour les circonscriptions
Beauport, Charlesbourg, Louis-Hébert, Québec et Louis-Saint-Laurent qui,
situées entièrement dans la nouvelle ville de Québec, risqueraient d'être
soumises à un effet d'entraînement par un retour au statu quo de la
circonscription Manicouagan.
Décision
[68] L'opposition est rejetée.
[69] M. Gérard Asselin, député de Charlevoix, circonscription
adjacente Manicouagan, a appuyé l'opposition de son collègue de
Manicouagan en concluant ainsi :
« En conséquence :
Nous demandons au Comité permanent de la procédure et des affaires
de la Chambre de s'opposer à la modification de la limite proposée entre
les circonscriptions électorales de Charlevoix et de Manicouagan par
la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales
pour le Québec. Nous demandons que le Comité exige le statut quo en
ce qui concerne la délimitation entre les comtés de Charlevoix et de
Manicouagan, et ce en attribuant un statut particulier à Manicouagan,
tel qu'autorisé par la Loi sur la révision des limites des circonscriptions
électorales en ce qui concerne la superficie des territoires. »
[70] Les recommandations du Comité concernant cette opposition
ont été citées précédemment (voir Manicouagan).
Commentaires
[71] La circonscription regroupe intégralement quatre MRC
de la région de la Capitale-Nationale ainsi que la MRC La
Haute-Côte-Nord qui en faisait déjà partie et qui partage la
même vocation touristique. Elle regroupe de plus une section
de l'arrondissement de Beauport servant de lien avec l'île
d'Orléans.
[72] Elle tient davantage compte de la parité intraprovinciale
que le statu quo ne l'aurait fait.
[73] Le retour au statu quo aurait un effet dominos sur des
circonscriptions voisines de la nouvelle ville de Québec pour
lesquelles aucune opposition n'a été transmise.
Décision
[74] L'opposition est rejetée.
[75] M. Claude Duplain, député de Portneuf, a déposé une opposition
qui demande aussi le statu quo et qui se lit comme suit :
« Que le Comité permanent de la procédure et des
affaires de la Chambre étudie l'objet de l'opposition suivante :
Attendu que; un important déséquilibre découlant de la nouvelle
répartition de la population, nous amènerait à voir le comté de
Portneuf amputé de 4 471 électeurs.
Attendu que; l'importante disparité entre les secteurs.
Attendu que; un important secteur se trouverait enclavé par la
nouvelle proposition. »
[76] Les recommandations du Comité concernant cette opposition ont
été citées précédemment (voir Manicouagan).
Commentaires
[77] À la suite des représentations, une partie de la MRC
La Jacques-Cartier a été retournée à Portneuf pour en respecter
l'intégralité.
[78] La nouvelle configuration présente une meilleure parité pour
l'entière région Québec et Côte-Nord; de plus, elle tient davantage
compte de la réalité de la nouvelle ville de Québec.
[79] Elle a pu retenir de nombreuses recommandations formulées dans
les mémoires ou lors des audiences publiques.
[80] Aucune opposition n'a été transmise pour les circonscriptions
Beauport, Charlesbourg, Louis-Hébert, Québec et Louis-Saint-Laurent,
situées entièrement dans la nouvelle ville de Québec.
Décision
[81] L'opposition est rejetée.
SaguenayLac-Saint-Jean
[82] M. Sébastien Gagnon, député de Lac-Saint-JeanSaguenay,
demande dans son opposition :
« Que le Comité permanent de la procédure et des
affaires de la Chambre s'oppose aux limites des circonscriptions
électorales proposées au Saguenay-Lac-Saint-Jean par la
Commission de délimitation des circonscriptions électorales
fédérales pour le Québec et qu'il exige le maintien de quatre (4)
circonscriptions électorales de la région. »
[83] Mme Jocelyne Girard-Bujold, députée de Jonquière,
présente sensiblement la même demande.
[84] M. Michel Gauthier, député de Roberval, a déposé l'opposition
suivante :
« …
La réforme prévoit l'élimination d'une circonscription de la
région du Saguenay-Lac-Saint-Jean faisant ainsi passer le
nombre de circonscription de quatre à trois. Cette élimination
aura pour effet de diminuer le poids politique de la région au
sein de la députation du Québec. De plus, les villes de Chibougamau
et de Chapais en passant de la circonscription de Roberval à
celle de Baie-JamesNunavik sont transférées de la région du
Saguenay à celle de l'Abitibi ce qui est difficilement justifiable
tant du point de vue de la géographie que de l'économie régionale. »
[85] M. André Harvey, député de ChicoutimiLe Fjord, a
déposé une opposition alléguant des motifs similaires et concluant
ainsi :
| |
« JE PROPOSE QUE : |
| |
1. |
la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean continue
d'être représentée par quatre (4) députés et conserve ses quatre comtés; |
| |
2. |
les limites de la circonscriptions Chicoutimi-Le Fjord
demeurent les mêmes sauf pour l'ajout du territoire des municipalités de
St-Fulgence, Ste-Rose-du-Nord et du sud des rangs
St-Paul et St-Pierre; |
| |
3. |
la circonscription conserve l'appellation
ChicoutimiLe Fjord. » |
[86] Le Comité écrit :
« 74. Nous sympathisons au plus haut point avec les
oppositions de ces quatre députés et jugeons leurs arguments
convaincants. Il est évident que la perte d'une circonscription
dans une région est extrêmement difficile à accepter et ce problème
est aggravé dans le cas des régions où il y a des difficultés
économiques et d'autres problèmes connexes. Comme cela a été
mentionné plus haut, les membres du sous-comité ont discuté
longuement pour déterminer s'il fallait ajouter une circonscription
dans cette région. Le Sous-comité n'a pu parvenir à un consensus
quant à l'endroit où il pourrait ajouter une circonscription rurale
au Québec. »
Commentaires
[87] La Commission était en présence de trois circonscriptions
de cette région qui présentaient un écart négatif excédant 25 %.
[88] La parité intraprovinciale ne permettait donc pas de conserver le statu quo.
[89] Le transfert des villes de Chibougamau et Chapais et de la
réserve indienne Oujé-Bougoumou vers la circonscription Baie-JamesNunavik
n'a aucune influence sur le nombre de circonscriptions du SaguenayLac-Saint-Jean.
[90] La Commission, dans sa reconfiguration des circonscriptions,
a tenu compte des arrondissements de la nouvelle ville de Saguenay
et des demandes spécifiques qui lui avaient été adressées.
Décision
[91] L'opposition des députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean est rejetée.
Baie-JamesNunavik
[92] M. Guy St-Julien, député d'AbitibiBaie-JamesNunavik a
présenté une opposition visant, entre autres, à ce que :
« …
La ville d'Amos, et ses environs soient inclus dans la
circonscription « Baie-James Nunavik » …
…
Le territoire de l'administration régionale Kativik, incluant les
municipalités des villages nordiques …, soient inclus dans une
circonscription électorale extraordinaire …
… »
[93] Le Comité écrit :
« 77. L'une de ses propositions est une demande pour
que la ville d'Amos et sa périphérie soient incluses dans cette
circonscription proposée. Nous acceptons cette suggestion et notons
qu'elle est non seulement appuyée par M. St-Julien
mais, plus important encore, par la population d'Amos elle-même. Par
conséquent, nous jugeons qu'il est difficile de la rejeter. Nous
savons parfaitement que cela impliquera la division d'une MRC, ce
que nous tentons généralement d'éviter. Nous croyons cependant que
le désir de la population doit être respecté.
78. Il a également suggéré la création d'une circonscription
extraordinaire qui inclurait l'Administration régionale Kativik.
Nous sympathisons avec cette demande, mais nous reconnaissons que
nous ne pouvons y souscrire en ce moment. L'ajout d'une circonscription
dans la province de Québec obligerait à remanier fondamentalement
toutes les circonscriptions de cette province et cette suggestion
n'est pas pratique.
79. Il y a lieu de signaler que M. St-Julien
était satisfait de l'ajout de la région de Chibougamau-Chapais à
la circonscription proposée. Il s'opposerait à toute décision
visant à replacer cette région dans sa circonscription actuelle.
Ce point est très litigieux, compte tenu des arguments contraires
de MM. St-Julien et Gauthier. Même à l'échelle
locale, on ne s'entend pas sur la circonscription à laquelle cette
région devrait être rattachée. Nous connaissons les désirs
contradictoires du maire de Chibougamau et de ses conseillers
municipaux. Nous remarquons cependant que cette région est
actuellement dans la circonscription de Roberval. De plus l'ajout
des habitants d'Amos et de sa périphérie à la circonscription de
Baie-James ferait en sorte qu'il serait très difficile de représenter
efficacement les électeurs, compte tenu de l'immensité du territoire
et de l'augmentation de sa population. »
Commentaires
[94] Le respect des MRC a été une préoccupation constante de la
Commission lorsque cela a été possible.
[95] La ville d'Amos, n'étant pas limitrophe à la circonscription
Baie-JamesNunavik, devrait entraîner certains territoires avec elle.
[96] Détacher Amos et ses environs de sa MRC et procéder à son démembrement
pour augmenter la population de la plus grande circonscription fédérale du
Québec et l'une des plus grandes circonscriptions du Canada n'est pas admissible.
[97] Malgré toute la sympathie qu'elle éprouve pour la population
de l'Administration régionale Kativik, la Commission qui s'est déjà
prononcée à l'égard de l'ajout d'une nouvelle circonscription ne peut
encore ici se rendre à cette demande par souci de parité intraprovinciale.
[98] La volonté unanime de joindre Oujé-Bougoumou à la circonscription
Baie-JamesNunavik a permis de regrouper la communauté crie, ce
qui a un effet d'entraînement sur les villes voisines de Chibougamau et
Chapais, qui font partie de la Jamésie et au sujet desquelles les propos
étaient partagés.
Décision
[99] L'opposition est rejetée.
ComptonStanstead
[100] M. David Price, député de ComptonStanstead, a déposé une
opposition où l'on peut lire :
« …
Je m'oppose, pour des raisons d'affinités, à la décision de la
Commission d'ajouter l'ancienne municipalité de Bromptonville à
la circonscription de Compton-Stanstead au lieu d'y ajouter
l'ancienne municipalité de Lennoxville (que l'on se propose pour
l'instant d'intégrer à la circonscription de Sherbrooke).
L'ancienne municipalité de Lennoxville, avec ses 4952 habitants,
a des caractéristiques semblables à celles de la circonscription
semi-rurale de Compton-Stanstead, avec laquelle elle entretient
une solide relation. Les citoyens de Lennoxville se considèrent déjà
comme faisant partie de la circonscription de Compton-Stanstead,
et ils utilisent souvent les services du bureau de ce comté.
Tandis que l'ancienne municipalité de Bromptonville, avec ses
6 013 habitants, est surtout une ville industrielle, sans
liens directs avec la circonscription semi-rurale de Compton-Stanstead.
Par contre, elle entretient des rapports soutenus avec la circonscription
de Sherbrooke, ainsi qu'avec la ville de Sherbrooke, dont elle partage
les limites.
Je propose par conséquent que l'ancienne municipalité de Lennoxville
fasse partie de la circonscription de Compton-Stanstead et que
l'ancienne municipalité de Bromptonville fasse partie de la circonscription
de Sherbrooke.
Les deux députés directement touchés (Compton-Stanstead et
Sherbrooke) appuient cette proposition, de même que les trois députés
des circonscriptions voisines (Richmond-Arthabaska, Brome-Missisquoi
et Frontenac-Mégantic), ainsi que les présidents des arrondissements
de Lennoxville et de Bromptonville à la ville de Sherbrooke. »
[101] Le Comité a accueilli l'opposition du député en ces termes :
« 82. Nous convenons avec M. Price
que la proposition actuelle est illogique à cet égard et recommandons
que la Commission effectue la réajustement approprié. Nous constatons
que cela n'aurait pas d'incidences réelles sur la population des
circonscriptions touchées. »
Commentaires
[102] L'ancienne ville de Lennoxville fait partie de l'actuelle
circonscription urbaine de Sherbrooke en vertu du décret de 1996,
et ce, depuis 1966.
[103] L'ancienne ville de Bromptonville fait partie de l'actuelle
circonscription urbaine-rurale de RichmondArthabaska, en vertu
du décret de 1996 et, depuis 1947, d'un territoire
similaire qui portait, entre autres, le nom Richmond.
[104] La Commission avait ici aussi tenté de toucher le moins
possible aux limites existantes en recherchant le statu quo autant
que faire se pouvait.
[105] Quoiqu'il en soit, la recommandation du Comité est acceptée.
Ce réajustement, qui a l'accord de tous les intéressés et des autorités
des arrondissements concernés, ne contrevient pas aux principes retenus.
Décision
[106] L'opposition est accueillie.
Outaouais et Laurentides
[107] M. Mark Assad, député de Gatineau, a déposé une opposition où
l'on peut lire :
« Que le Comité permanent de la procédure et des affaires
de la Chambre étudie l'objet de l'opposition suivante :
« l'intégration des anciennes villes de Buckingham et
Masson-Angers au sein du nouveau comté de Pontiac ». J'invoque les motifs suivants.
À part le fait de s'en tenir le plus près possible au quotient établi
et de considérer, s'il y a lieu, certaines circonstances extraordinaires
au niveau de la population pour délimiter de nouveaux comtés, la Commission
se doit également de tenir compte dans ses propositions :
| |
- |
de la communauté d'intérêts ou de la spécificité d'une
circonscription électorale ou son évolution historique; |
| |
- |
d'avoir le souci que la superficie des circonscriptions
dans les régions peu peuplées, rurales ou septentrionales ne soit pas
trop vaste. |
Dans le rapport soumis par la Commission à la Chambre des Communes
[sic], le 28 mars 2003, ces deux derniers principes n'ont
pas été considérés. En effet, la Commission n'a pas tenu compte du
fait qu'il n'y a aucune communauté d'intérêts ou spécificité ou encore
d'évolution historique entre Buckingham et Masson-Angers avec le Pontiac.
En effet, Buckingham et Masson-Angers sont des localités importantes à
l'intérieur de la nouvelle ville de Gatineau et elles ont toujours été
considérées comme faisant partie intégrante de la Commission de la Capitale
Nationale. C'est pourquoi la communauté d'intérêts de ces deux localités
est beaucoup plus dirigée du côté de la Ville de Gatineau. Donc nous ne
voyons aucun lien d'affinité avec Fort-Coulonge et le Pontiac aussi bien
que Maniwaki et Rapid Lake. De plus, avec une superficie de 31,174 km2,
le nouveau comté de Pontiac a l'air beaucoup plus d'une province que d'un
comté raisonnablement constitué. »
[108] Le Comité écrit :
« 84. Il a dit qu'il n'y avait pas de communauté d'intérêts,
de communauté d'identité ou même de caractéristiques historiques communes
entre, d'une part, Buckingham et Masson-Angers et, d'autre part, la région
de Pontiac. Il prétendait qu'il n'y avait aucun lien historique ni affinité
linguistique entre ces régions. Elles sont d'importantes composantes de la
nouvelle ville de Gatineau et elles ont toujours été considérées comme une
partie intégrante de la région de la capitale nationale. M. Assad
a exprimé l'opinion que la nouvelle circonscription de Pontiac était trop
grande et ne devait pas inclure ces deux villes.
85. M. Assad a remis des renseignements supplémentaires au Sous-comité
après sa exposé. Il a proposé qu'une partie de l'ancienne ville d'Aylmer
soit rattachée à la circonscription de Pontiac plutôt qu'à celle [sic] de
BuckinghamMasson-Angers. Nous ne pouvons pas appuyer cette opposition.
Premièrement, le rattachement de BuckinghamMasson-Angers à la
circonscription de Gatineau signifierait que Gatineau se retrouverait avec
un écart de +29 p. 100 et Pontiac, avec un écart
de -29 p. 100. M. Assad suggère de
transférer une partie d'Aylmer à la circonscription de Pontiac, mais il ne
précise pas laquelle. Cette suggestion nécessiterait également le transfert
de certaines parties de Gatineau à la circonscription de Hull-Aylmer pour
compenser la perte de population. Finalement, rien n'indique que ce changement
est appuyé par d'autres députés de la région. »
Commentaires
[109] M. Assad demandait de retourner aux limites suggérées lors des
propositions alors qu'il y avait eu de nombreuses oppositions à un tel
scénario.
[110] Le Comité a adopté une bonne position en l'instance en reconnaissant
l'importance à apporter à la parité régionale.
Décision
[111] L'opposition est rejetée.
Trois-Seigneuries
[112] M. Mario Laframboise, député d'ArgenteuilPapineauMirabel,
a déposé une opposition où l'on peut lire :
« …
- Considérant que la Commission de délimitation des
circonscriptions électorales fédérales s'en est tenu uniquement
à des préoccupations démographiques et n'a pas tenu compte du
sentiment d'appartenance des populations locales envers les
circonscriptions;
- Considérant que la municipalité de Saint-Colomban est liée
tant géographiquement que socialement à la Ville de Mirabel avec
qui elle partage les services de police municipale;
- Considérant que les citoyens de Saint-Colomban ont fait
circuler une pétition en faveur de la fusion de leur municipalité
à la Ville de Mirabel;
- Considérant qu'il serait malsain de séparer Saint-Colomban
de Mirabel en l'envoyant dans la circonscription de Laurentides
(Rivière-du-Nord);
- Considérant que Saint-Colomban fait partie de la circonscription
d'Argenteuil-Papineau-Mirabel depuis 1933;
Que le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre
s'oppose au transfert de la municipalité de Saint-Colomban vers la
circonscription voisine de Laurentides (Rivière-du-Nord) tel que proposé
pour la circonscription d'Argenteuil-Papineau-Mirabel par la
Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales
pour le Québec et qu'il exige son maintien dans la circonscription
électorale d'Argenteuil-Papineau-Mirabel. »
[113] Le Comité écrit :
« 88. M. Laframboise a ajouté que la seule raison pouvant
justifier une telle décision devrait s'appuyer sur la population des
circonscriptions proposées. Il a indiqué que la population de la région
d'Argenteuil-Papineau n'augmentait pas tandis que celle de Mirabel
avait connu une certaine croissance, qui serait atténuée par la fermeture
de l'aéroport de Mirabel dans un proche avenir. Il a aussi précisé que
la circonscription proposée de Rivière-du-Nord s'inscrivait dans une
zone de très forte croissance démographique qui devrait lui permettre
de récupérer rapidement après un éventuel recul démographique.
…
90. Nous sommes en parfait accord avec M. Laframboise et
nous recommandons que Saint-Colomban soit replacé dans la circonscription
de Trois-Seigneuries, avec laquelle elle a une grande affinité naturelle.
91. Le Comité est conscient du fait que sa recommandation va à
l'encontre du principe général qu'il vaut mieux ne pas diviser les
MRC en plusieurs circonscriptions. En règle générale, le Comité
respecte la décision de la Commission d'aligner les limites des
circonscriptions et celles des MRC. En l'occurrence, toutefois,
compte tenu des liens étroits qui s'établissent entre Saint-Colomban
et la circonscription d'Argenteuil-Papineau-Mirabel, et
compte tenu du fort lien historique, nous croyons qu'il faut accorder
plus de poids aux préoccupations concernant la communauté d'intérêts
qu'au récent réaménagement des limites municipales dans la province.
…
95. En raison des caractéristiques de ces circonscriptions, en
particulier les circonscriptions urbaines densément peuplées de
Montréal, et compte tenu des témoignages que le Sous-comité a
entendus au sujet de ces circonscriptions notamment celui
concernant Trois-Seigneuries et Laval nous croyons que ces
modifications sont justifiables et assureraient une représentation
plus efficace dans l'ensemble du Québec.
96. Nous recommandons fermement à la Commission d'accepter les
suggestions présentées ici et nous recommandons que les limites
soient modifiées selon les descriptions qui précèdent. »
Commentaires
[114] Quatre circonscriptions des régions Laurentides et Lanaudière
avaient un écart positif excédant 25 %. Le souci de parité intraprovinciale
a imposé d'effectuer des changements.
[115] Saint-Colomban fait partie de la MRC La Rivière-du-Nord qui
constitue, dans son intégralité, la nouvelle circonscription fédérale
Rivière-du-Nord.
[116] La circonscription Trois-Seigneuries regroupe trois MRC complètes
et des composantes de deux autres.
[117] La proximité de la nouvelle ville de Saint-Jérôme, centre régional,
fait en sorte que la population de Saint-Colomban en utilise les services.
[118] La Commission n'a reçu aucune opposition pour les circonscriptions voisines.
Décision
[119] L'opposition est rejetée.
BeauharnoisSalaberry
[120] M. Serge Marcil, député de BeauharnoisSalaberry a déposé
une opposition où l'on peut lire :
« …
Que la circonscription de Beauharnois-Salaberry soit maintenue
intégralement telle qu'elle l'est actuellement, c'est-à-dire que sa
composition demeure telle qu'elle était le 27 novembre 2000.
La nouvelle proposition de la Commission de la délimitation des
circonscriptions électorales fédérales pour le Québec est basée
uniquement sur un calcul mathématique, sans tenir compte de la
superficie du territoire (près de 2 500 km2
actuellement), du nombre de municipalités et communautés qui la
composent, et de communautés d'intérêts.
La nouvelle proposition est totalement différente de la première.
Pourquoi un tel changement si ce n'est que de vouloir régler le problème
de d'autres circonscriptions électorales.
1. Souci de faire en sorte que la superficie dans les
régions rurales ne soit pas trop vaste :
Le principe de vouloir regrouper les MRC sous la juridiction du
même député est un objectif valable mais pas obligatoire. La preuve
démontre clairement qu'il est difficile d'atteindre cet objectif
dans un milieu majoritairement rural puisqu'une circonscription
électorale est souvent composée de deux MRC et d'une partie d'une
autre. Vouloir faire l'intégration de la totalité de la 3e MRC
comme c'est le cas dans la proposition avancée, aura pour impact
d'augmenter le nombre de municipalités et ainsi, agrandir le
territoire. Pour le député, l'impact est grand parce qu'il doit
répondre à des besoins grandissants, à plus de communautés, mais
avec les mêmes moyens. Actuellement, il faut presque 1 h 30 pour
faire le trajet du point Ouest au point Est de la circonscription en
tenant compte du réseau routier; alors, pourquoi vouloir augmenter
ce temps?
Il faut comprendre, également, que les affaires municipales sont
de juridiction provinciale. La relation entre le député provincial
et les conseils municipaux sont beaucoup plus fréquents.
2. La communauté d'intérêts
La plupart des villes ou MRC touchées par les changements proposés
par la Commission de délimitation des circonscriptions électorales
pour le Québec ont demandé de maintenir le statu quo.
Les villes de Saint-Rémi et Saint-Michel ont des intérêts sociaux
et économiques naturels avec la Ville de Châteauguay qui est la ville
principale de cette région, tandis que les villes de Saint-Édouard et
Saint-Jacques-le-Mineur ont des intérêts évidents avec la Ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu puisqu'une bonne partie de la population est
originaire de la Ville de Saint-Jean. [sic]
La règle du 25% en plus ou en moins permet facilement de maintenir
le statu quo pour la circonscription électorale de Beauharnois-Salaberry,
alors qu'elle permet également très facilement, à Châteauguay et à
Saint-Jean-sur-Richelieu de recevoir respectivement les municipalités
de Saint-Rémi et Saint-Michel, et Saint-Édouard et Saint-Jacques-le-Mineur.
Si on analyse le taux de progression démographique pour Saint-Jean-sur-Richelieu
et Châteauguay, même après les dix prochaines années ces deux circonscriptions
n'auront pas atteint le maximum permis. »
[121] Le Comité écrit :
« 100. Le Comité constate que les limites de
Beauharnois-Salaberry sont peu commodes et que de longs
déplacements sont nécessaires pour aller d'une partie de la
circonscription à une autre, à cause du tracé des principales
routes. Il constate également que Beauharnois-Salaberry est
une grande circonscription principalement rurale qui a peu de
communauté d'intérêts avec la partie est de la circonscription
proposée, urbaine et densément peuplée.
101. Selon les chiffres fournis par Élections Canada, les changements
proposés par M. Marcil feraient en sorte que
BeauharnoisSalaberry aurait 92 772 électeurs, soit un
écart de -3,9 p. 100 par rapport au quotient
provincial; Châteauguay aurait 110 977 électeurs, soit un écart
de +15 p. 100; Saint-Jean aurait 97 864 électeurs,
soit un écart de +1,4 p. 100.
102. Le Comité croit que ces écarts sont acceptables à cause des
différences entre les milieux urbains et ruraux dans ces trois
circonscriptions, décrites dans la proposition de M. Marcil
au cours de son témoignage devant le Sous-comité. Il appuie l'opposition
de M. Marcil et recommande que les limites soient
rajustées suivant sa description. »
Commentaires
[122] Aucune opposition n'a été présentée par les députés des
circonscriptions limitrophes, ce qui laisse présumer qu'ils sont
satisfaits de la configuration.
[123] La circonscription regroupe trois MRC complètes, répondant
ainsi au respect des communautés d'intérêts.
[124] La circonscription retrouve en majeure partie les délimitations
qui lui avaient été attribuées lors du décret de 1996 et elle
retrouve aussi l'appellation qui lui avait alors été décernée, le tout
dans un esprit de continuité historique du maintien, dans la mesure du
possible, de la configuration existante.
[125] La nouvelle configuration respecte la parité intraprovinciale.
Décision
[126] L'opposition est rejetée.
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Chaudière-Appalaches
| |
a) GaspésieÎles-de-la-Madeleine |
[127] M. Georges Farrah, député de
BonaventureGaspésieÎles-de-la-MadeleinePabok
a déposé une objection, qui jouit de l'aval de son collègue de
la circonscription voisine MatapédiaMatane, M. Jean-Yves
Roy, proposant de transférer la MRC La Haute-Gaspésie à la
circonscription MatapédiaMatane, la MRC Avignon devant quant
à elle faire partie de la circonscription GaspésieÎles-de-la-Madeleine.
[128] Le Comité écrit :
« 109. Le Comité appuie fermement les suggestions de
M. Farrah et recommande que les limites de ces
deux circonscriptions soient rajustées suivant sa suggestion. »
Commentaires
[129] Ces mouvements de MRC obtiennent l'accord des deux députés
et des autorités concernés.
[130] Ce changement n'a aucun effet sur d'autres circonscriptions.
[131] Ce réajustement ne contrevient pas aux principes retenus.
Décision
[132] L'opposition est accueillie.
| |
b) RimouskiTémiscouata et
Rivière-du-LoupMontmagny |
[133] M. Paul Crête, député de KamouraskaRivière-du-LoupTémiscouataLes Basques
a déposé une opposition qui se lit comme suit :
« …
L'effort de la Commission de délimitation des circonscriptions
électorales s'est fait dans le bon sens en acceptant de maintenir
4 comtés dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie
et des Îles de la Madeleine au lieu des 3 de leur proposition
originale et en respectant les délimitations des municipalités
régionales de comté (MRC). Cependant, la décision de scinder le comté
du Kamouraska / Rivière-du-Loup / Témiscouata / Les Basques en
2 parties rattachant les MRC des Basques et du Témiscouata avec
la municipalité de Rimouski et MRC de Rimouski-Neigette dans la
nouvelle circonscription de Rimouski-Témiscouata et les MRC de
Rivière-du-Loup et Kamouraska aux MRC de Montmagny et l'Islet pour
former la nouvelle circonscription de Montmagny-Rivière-du-Loup
a comme conséquence de briser en deux une région économique, sociale
et culturelle naturelle et de créer une circonscription chevauchant
les deux régions administratives distinctes du Bas-Saint-Laurent et de
Chaudière-Appalaches. Le député fédéral aurait alors notamment à
travailler avec deux bureaux régionaux différents de Développement
économique Canada et de Ressources humaines Canada.
Je suggère de maintenir 4 comtés dans l'Est du Québec dont un
comté exceptionnel justifié par la réalité géographique des
Iles-de-la-Madeleine.
Je vous propose donc le maintien du comté de
Kamouraska / Rivière-du-Loup / Témiscouata / Les Basques
actuel et je vous suggère les délimitations apparaissant à la
page suivante pour les quatre comtés de l'Est du Québec.
Cependant, quelque soit les délimitations retenues, je vous
demande de donner au comté le nom des MRC regroupés dans cette
circonscription. »
[134] L'honorable Gilbert Normand, député de
BellechasseEtcheminsMontmagnyL'Islet a déposé une
opposition demandant le statu quo pour sa circonscription ainsi que
pour les quatre autres circonscriptions actuelles de l'est du Québec.
[135] Il allègue en autres motifs :
« …
Attendu que : la population du comté n'a
plus la possibilité de se prononcer sur la proposition finale du
rapport qui divise carrément le comté en deux, alors que ce scénario
n'avait jamais été envisagé.
…
Attendu que : la nouvelle circonscription de
Rivière-du-Loup-Montmagny ne tient aucunement compte des régions
administratives du Québec.
…
Attendu que : ces différences administratives
importantes [qu'il allègue dans des paragraphes antérieurs]
créeraient deux catégories de citoyens à l'intérieur du même comté.
…
Attendu que : la population du nouveau comté
de Rivière-du-Loup-Montmagny augmenterait de plus de 10,000, la
représentativité des citoyens et citoyennes s'en trouverait affectée. »
[136] Le Comité écrit :
« 121. Le Comité comprend MM. Normand
et Crête et sympathise avec eux. Mais l'assignation de leurs limites
originales à leurs deux circonscriptions aurait des répercussions dans
toute la région. Il constate que les circonscriptions adjacentes à celles
de Rimouski-Témiscouata et de Rivière-du-LoupMontmagny n'ont pas
formulé d'oppositions à leurs limites. Nous répétons que les suggestions
de MM. Crête et Normand ne sont pas réalisables compte
tenu des suggestions de M. Farrah, lesquelles ont été
recommandées à la Commission.
122. De plus, le Comité note que, tout comme dans le cas de
l'opposition présentée par M. Odina Desrochers
(voir ci-dessous), leurs oppositions pourraient avoir des répercussions
sur Lévis-Bellechasse et la Beauce et peut-être même au-delà. Le
Sous-comité a cherché à déterminer s'il était possible, en combinant
les oppositions de M. Desrochers et de ces deux
derniers députés, de résoudre les problèmes soulevés de part et
d'autre de la ville de Lévis, mais il n'a pu trouver le moyen de
résoudre les problèmes de répartition soulevés par l'une ou l'autre
de ces trois oppositions.
123. Le Comité ne peut malheureusement pas appuyer les oppositions
de MM. Crête et Normand relatives à Rimouski-Témiscouata
et à Rivière-du-LoupMontmagny. »
Commentaires
[137] La Commission, à la suite des audiences publiques, a revu
de façon majeure ses propositions concernant les régions Bas-Saint-Laurent
et Gaspésie.
[138] Elle s'est alors éloignée sensiblement du quotient électoral
pour trois circonscriptions voisines, soit GaspésieÎles-de-la-Madeleine,
MatapédiaMatane et RimouskiTémiscouata, sans toutefois maintenir
trois circonscriptions, qui selon le recensement de 2001 étaient
toutes extraordinaires, en ce qu'elles montraient un écart négatif de plus
de 25 %.
[139] L'intégralité des MRC a été respectée.
[140] Ces changements visant à protéger les communautés d'intérêts
tout en s'éloignant le moins possible de la parité intraprovinciale ont
eu un effet dominos qui a malheureusement modifié certaines circonscriptions
sans que la population n'en soit avisée.
[141] Le statu quo recherché par ces deux oppositions auraient des
répercussions dans toute la région.
[142] L'opposition concernant les circonscriptions
GaspésieÎles-de-la-Madeleine et MatapédiaMatane a été retenue.
[143] La non-recommandation du Comité apparaît bien fondée.
Décisions
[144] Les oppositions de M. Paul Crête et M. Gilbert
Normand sont rejetées.
| |
c) MéganticL'Érable et
LotbinièreChutes-de-la-Chaudière |
[145] M. Odina Desrochers, député de Lotbinière-L'Érable,
a déposé une opposition où l'on peut lire ce qui suit :
« 1. Attendu que le préfet et tous les maires de
la MRC de l'Érable ont exprimé, par voie de résolution, leur
volonté de maintenir le nom actuel de la circonscription
actuelle de Lotbinière-L'Érable;
2. Attendu que les organismes et représentants
socio-économiques de ma circonscription électorale ont indiqué
vouloir maintenir sa spécificité agricole et rurale, la seule
au Québec;
3. Attendu que les secteurs St-Nicolas et
St-Étienne-de-Lauzon de la nouvelle ville de Lévis, désirent
demeurer dans une circonscription englobant l'intégrité du
territoire actuel de Lévis;
4. Attendu que la MRC de Lotbinière refuse
d'être intégrée dans une partie de la ville de Lévis, de crainte
d'être dominée par une concentration urbaine puisque 75%
du poids démographique est localisé dans la section ouest de la
ville de Lévis;
5. Attendu que l'article 15 de la Loi sur
la révision des limites des circonscriptions électorales édicte que
pour leur rapport, les commissions de délimitation doivent prendre en
considération la spécificité d'une circonscription électorale dans la
détermination de limites satisfaisantes;
... »
[146] Le Comité écrit :
« 127. M. Desrochers se rend compte que la loi
ne permet pas la variance actuelle de +28 p. 100 pour
Lotbinière-L'Érable. Il propose de joindre les MRC de Lotbinière
et de L'Érable à Saint-Nicolas, à Saint-Étienne-de-Lauzon et à
Saint-Rédempteur. La rivière Chaudière deviendrait la limite
naturelle de la région. Avec l'ancienne municipalité de Bernières,
ces municipalités ont cherché au cours des dernières années à
promouvoir le développement économique. Des centaines de familles
de Lotbinière se sont établies dans ces trois municipalités.
128. Pour que les chiffres soient acceptables, M. Desrochers
propose que les municipalités du secteur rural de Bécancour soient
annexées à la nouvelle circonscription électorale de Richelieu.
Les six municipalités de la MRC d'Arthabaska pourraient faire partie
de la nouvelle circonscription électorale de Richmond-Arthabaska.
Saint-Lambert-de-Lauzon continuerait à faire partie de la circonscription
proposée de Lotbinière-L'Érable, qui est celle de M. Desrochers.
129. Suivant les données fournies par Élections Canada, les
conséquences de la proposition de M. Desrochers sur les
circonscriptions électorales touchées seraient les suivantes :
| Beauce : |
|
+ 5,8 p. 100 |
| Lévis-Bellechasse : |
|
+38 p. 100 |
| Mégantic-L'Érable : |
|
34,5 p. 100 |
| Richmond-Arthabaska : |
|
+ 1 p. 100 |
| Richmond : |
|
4 p. 100 |
130. Évidemment, des rajustements à d'autres circonscriptions
seraient nécessaires pour atteindre le principal objectif de
M. Desrochers qui est d'unir les deux
circonscriptions rurales. Mais il semble improbable que des
variances aussi élevées puissent être rajustées facilement sans
entraîner d'importants effets d'entraînement sur les rajustements
des limites dans toute la région. Le Comité a cherché à déterminer
si un nombre minimal de rajustements pourraient résoudre ce problème,
mais il a été incapable d'élaborer une solution. Nous sympathisons
avec M. Desrochers, mais d'après nous, il n'y a
pas moyen de prendre son opposition en compte. »
Commentaires
[147] Aucune opposition n'a été présentée par les députés des
circonscriptions limitrophes.
[148] L'intégralité des MRC a été respectée.
[149] Le retour à une circonscription Lotbinière-L'Érable ne
peut être effectué puisque, à l'instar du Comité, la Commission
n'a pu trouver de solution n'entraînant pas des effets importants
sur les circonscriptions limitrophes.
[150] De plus, en l'instance, la modification de nom demandée
par M. Desrochers ne peut être accueillie, le nom
L'Érable privilégié par beaucoup est alloué à la nouvelle circonscription
MéganticL'Érable où se situe la MRC L'Érable.
Décision
[151] L'opposition est rejetée.
Changements de noms
[152] La Commission s'était inspirée des recommandations formulées
par diverses commissions de toponymie, dont elle a cité certaines
lignes directrices dans ses propositions, pour s'en tenir à un seul
nom géographique qui ne se répète pas ailleurs pour désigner une
circonscription électorale fédérale. Toutefois, il ressort des
commentaires reçus que l'approche privilégiée par la Commission ne
faisait pas l'unanimité et ne rencontrait pas l'approbation de tous.
En rédigeant son rapport, la Commission a accepté de modifier ses
vues et de retenir des appellations à deux volets. Même si souvent
aucune demande à cet effet n'avait été antérieurement formulée, la
Commission accueille ici les demandes faites pour des appellations
à deux volets appuyées par le Comité, soit :
| Par |
De |
À |
| |
|
|
| M. Ghislain Lebel |
Chambly |
ChamblyBorduas |
| M. Robert Bertrand |
Labelle |
LaurentidesLabelle |
| M. Guy St-Julien |
Baie-JamesNunavik |
NunavikEeyou |
| L'honorable Paul Martin |
LaSalle |
LaSalleÉmard |
| M. Robert Lanctôt |
Châteauguay |
ChâteauguaySaint-Constant |
| M. Yvan Loubier |
Saint-Hyacinthe |
Saint-HyacintheBagot |
[153] Sous réserve de ce qui suit concernant les demandes
spéciales relatives aux appellations des circonscriptions de
la ville de Laval, le Comité a transmis à la Commission les
demandes suivantes, qui comportent plus de deux volets, soit :
| Par |
De |
À |
| |
|
|
| M. Mario Laframboise |
Trois-Seigneuries |
ArgenteuilPapineau
Mirabel |
| Mme Suzanne Tremblay |
RimouskiTémiscouata |
RimouskiNeigette
TémiscouataLes Basques |
[154] De plus, M. Paul Crête, député de
KamouraskaRivière-du-LoupTémiscouataLes Basques,
a demandé à la fin de son opposition de donner à sa circonscription le
nom des MRC qui y sont regroupées, soit Kamouraska, L'Islet,
Rivière-du-Loup et Montmagny.
[155] Il s'agit d'une demande sur laquelle le Comité ne semble
pas avoir statué.
[156] Devant les difficultés de s'arrêter à tous les éléments
géographiques pertinents de chaque circonscription, la simplicité
des noms alloués aux diverses circonscriptions de la province doit
être recherchée.
[157] Il est dans l'intérêt de tous de ne retenir que des noms de
circonscriptions ayant un volet, au pis aller deux.
[158] De plus, permettre, à ce stade-ci, un étalement additionnel
pourrait porter ombrage à ceux qui, bien qu'ils auraient peut-être
désiré un nom à plus de deux volets, n'ont pas porté opposition,
la Commission ayant clairement exprimé ses vues à cet égard dans
ses rapports antérieurs.
[159] En conséquence, la Commission ne peut avec égard accepter
les recommandations du Comité relativement aux changements de noms
demandés par les députés suivants : M. Mario
Laframboise, Mme Suzanne Tremblay et
M. Paul Crête.
[160] Toutefois, dans le cas de la circonscription Trois-Seigneuries,
cette nouvelle appellation, qui avait été retenue à la suite de
représentations apparaît moins opportune. Ceux-là même qui l'avaient
suggérée demandent de revenir au statu quo. La circonscription s'appellera
désormais ArgenteuilMirabel. Cette appellation à double volet
fait référence à l'histoire. Le nom Argenteuil y est présent depuis
la Confédération. Elle fait aussi référence à la réalité actuelle.
La ville de Mirabel est la plus populeuse de la circonscription.
[161] La Commission est d'accord avec M. Gilles-A.
Perron, député de Rivière-des-Mille-Îles, et avec le Comité que
Rivière-des-Mille-Îles comprend plusieurs collectivités, dont celle
de Deux-Montagnes. Elle accueille l'opposition et la circonscription
conservera l'appellation Rivière-des-Mille-Îles.
[162] Tel que mentionné précédemment, la Commission n'a pas
cru bon de reconfigurer les délimitations de Laval. Les
appellations ayant recours aux points cardinaux, appellations
qui créent souvent des problèmes de traduction et à l'occasion
d'imprécision et d'inexactitude géographiques (par exemple
l'ancienne circonscription Québec-Est), sont à éviter.
[163] Cependant, la Commission acceptera la première suggestion
que Mme Raymonde Folco a faite au Comité. La
circonscription nommée Île-Jésus dans le rapport est renommée
LavalLes Îles, et ce, malgré que l'appellation Laval se
trouve aussi dans la circonscription voisine.
[164] Mme Carole-Marie Allard, qui avait
exprimé des doutes à l'égard de l'appellation Duvernay suggérée
par la Commission dans ses propositions et qui, dans une
lettre ultérieure, avait suggéré l'appellation François-Berthelot,
nom que la Commission avait jugé recevable dans son rapport,
demande maintenant l'appellation Alfred-Pellan, si un nom avec
référence aux points cardinaux n'est pas retenu.
[165] Même si la Commission croit que l'appellation
François-Berthelot, deuxième seigneur de l'Île-Jésus,
nom de cette île depuis 1636, a une grande connotation
historique, elle accueillera la nouvelle demande de
Mme Allard et renommera la
circonscription appelée François-Berthelot du nom du grand
peintre canadien que fut Alfred Pellan.
Décisions quant aux appellations
[166] L'opposition de M. Ghislain Lebel est accueillie.
[167] L'opposition de M. Robert Bertrand est accueillie, tel que susdit.
[168] L'opposition de M. Guy St-Julien est accueillie.
[169] L'opposition de l'honorable Paul Martin est accueillie.
[170] L'opposition de M. Robert Lanctôt est accueillie.
[171] L'opposition de M. Yvan Loubier est accueillie.
[172] L'opposition de M. Mario Laframboise est rejetée. Toutefois,
la circonscription Trois-Seigneuries s'appellera dorénavant
ArgenteuilMirabel.
[173] L'opposition de Mme Suzanne Tremblay est rejetée.
[174] L'opposition de M. Paul Crête est rejetée.
[175] L'opposition de M. Gilles-A. Perron est accueillie.
[176] L'opposition de Mme Raymonde Folco est
accueillie, tel que susdit.
[177] L'opposition de Mme Carole-Marie Allard est
accueillie, tel que susdit.
Conclusion
[178] La Commission souhaite que les réflexions et les labeurs qui
ont entouré ses propositions du 31 août 2002, son rapport
du 14 mars 2003 et les décisions ici prises faciliteront
le travail lors de la prochaine configuration électorale.
[179] Notamment, l'effort porté pour atteindre un meilleur
équilibre numérique de la population plutôt que le maintien du statu
quo devrait aplanir les difficultés à venir.
[180] Toutefois, la Commission comprend que des mouvements de population
pourraient faire en sorte que ce travail demeure complexe et présente
des défis tout aussi déchirants.
[181] En conséquence, le rapport de la Commission en date du
14 mars 2003 est sujet aux modifications approuvées
dans ce texte. Ce rapport, ainsi modifié, constitue le rapport final
de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales
fédérales pour le Québec pour les fins du paragraphe 23(1)
de la Loi.
Laval (Québec), ce 11e jour d'août 2003.

L'honorable Pierre Boudreault
Président

Victor Cayer
Président suppléant

Pierre Prémont
Commissaire
Exemplaire CERTIFIÉ conforme des décisions à l'égard des oppositions
au Rapport de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales
fédérales pour le Québec.

Claude Despatie
Secrétaire
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