open Menu secondaire

Pourquoi la participation décline aux élections fédérales canadiennes : un nouveau sondage des non-votants


4. Intérêt pour la politique




Tableau 21  « De manière générale, quel est votre intérêt pour la politique? »

Tableau 21 « De manière générale, quel est votre intérêt pour la politique? »



Tableau 22  « Dans quelle mesure étiez-vous intéressé
par l'élection fédérale de novembre 2000? »

Tableau 22 « Dans quelle mesure étiez-vous intéressé par l'élection fédérale de novembre 2000? »



Nous avons vu que l'intérêt pour la politique et le devoir civique sont reliés, et qu'ils saturent tous deux un facteur commun (tableau 15). Dans les régressions des tableaux 17 à 20, ce facteur est l'un des prédicteurs de vote les plus puissants depuis 1993. Toutefois, comme l'indiquent les tableaux 21 et 22, les niveaux d'intérêt pour la politique et pour l'élection dans notre sondage de 2002 ne sont pas particulièrement faibles en termes absolus. Or, les deux questions sur l'intérêt pour la politique et l'élection ont été posées à tout l'échantillon, y compris lors de l'entrevue préliminaire, de sorte que notre échantillon est très grand et notre marge d'erreur est faible pour ces deux variables (tableaux 21 et 22). Dans l'ensemble, les niveaux d'intérêt général et d'intérêt pour l'élection sont très semblables : on compte un peu plus de personnes dans la catégorie « très intéressé » sur l'intérêt pour l'élection, et donc un peu moins dans la catégorie « assez intéressé ».

L'intérêt pour la politique et les élections a été mesuré, de façons différentes, dans toutes les Études sur l'élection canadienne (EEC). Dans les premiers sondages, l'échelle était une mesure de trois points du niveau d'intérêt du répondant pour la politique en général « lorsque la campagne en cours ne comporte pas de gros enjeux »et une mesure de quatre points sur le niveau d'attention portée à l'élection en question. Ces sondages, en 1979 et 1984, par exemple, démontrent constamment que l'intérêt pour les élections est plus élevé que l'intérêt pour la politique, reflétant l'effet de stimulation des campagnes. Dans ces années-là, environ le tiers de l'électorat se disait « très intéressé » par l'élection, 40 % « assez intéressé » et un peu moins de 30 % « un peu intéressé » ou « pas intéressé ». En général, les mesures d'intérêt révèlent qu'environ 40 % des électeurs disent avoir peu ou pas d'intérêt pour la politique, la majorité des autres affirmant « suivre la politique d'assez près » plutôt que très près. L'Étude sur l'élection canadienne 2000 a mesuré l'intérêt politique et électoral sur une échelle de 10, où la moyenne de l'intérêt pour l'élection était de 6,39 et de l'intérêt politique de 5,47. Les niveaux d'intérêt de l'EEC 1997 étaient de 5,81 pour l'intérêt électoral et de 5,38 pour l'intérêt politique. Ces résultats sont très similaires à l'ensemble des niveaux d'intérêt constatés dans le sondage de 2002 dont nous traitons ici.




Tableau 23  Intérêt pour l'élection de 2000 et la politique en général


  Total Non-votants seulement
Intéressé* par la politique et l'élection
56,3
22,8
Pas intéressé? ni par l'un ni par l'autre
27,5
54,2
Intéressé par la politique, mais pas l'élection
9,0
18,4
Intéressé par l'élection, mais pas la politique
7,2
4,5
N =
5 544
1 083
* = « très » ou « assez » intéressé
† = « peu » ou « pas du tout » intéressé


Le tableau 23 brosse une image nationale de l'intérêt pour la politique et l'élection. Il révèle que plus de la moitié (56,3 %) des électeurs prétendent avoir été raisonnablement intéressés (au moins « assez ») à la politique en général et à l'élection de 2000. Plus du quart des citoyens (27,5 %) manifestent peu d'intérêt pour les deux. Enfin, 9 % disaient être intéressés par la politique mais pas l'élection et 7 % déclaraient le contraire.

Toutefois, l'image change considérablement lorsque nous isolons les non-votants de 2000. Dans ce groupe, plus de la moitié (54,2 %) affirment qu'ils n'étaient ni intéressés par la politique en général, ni par l'élection en particulier. Par ailleurs, 18,4 % étaient intéressés par la politique mais non par l'élection, ce qui porte à croire que le caractère particulier de l'élection, peut-être sa non-compétitivité perçue, a mené certaines personnes à considérer qu'il ne valait pas la peine de suivre la campagne et de voter. Le chiffre le plus intrigant du tableau 23 est le pourcentage des répondants qui disent avoir été intéressés par la politique et par l'élection, et qui n'ont pourtant pas voté. Le tableau 24 examine de plus près les raisons d'abstention indiquées par ces répondants.




Tableau 24 Principaux motifs d'abstention indiqués par ceux qui étaient intéressés par la politique et par l'élection (Première réponse seulement)


Désintérêt
Pourcentage
Non intéressé, ne s'en souciait pas; apathie
6,9
Vote inutile; ne compte pas; issue connue d'avance
7,3
Oublié; ne savait pas
1,9
 
16,1

Négativisme
Pourcentage
N'aimait aucun des candidats/partis/enjeux
16,7
Manque de confiance envers les candidats/partis/chefs
7,2
Manque d'information sur les candidats/partis/enjeux
4,1
 
28,0

Raisons personnelles/administratives
Pourcentage
Trop occupé par son travail/école/famille
19,2
Hors de la circonscription/province/pays
13,2
Problèmes d'inscription
7,9
Maladie, problèmes de santé
3,4
Ne savait pas où ni quand voter; problèmes de bureau de scrutin
6,3
Déménagement
1,9
 
51,9

Autres
Pourcentage
Raisons religieuses
0,6
Autre; inclassable; vague; aucune
3,2
 
3,8
N = 317


La répartition des raisons d'abstention semble être très différente pour ce groupe par rapport au groupe total de non-votants dans le tableau 12. Dans ce tableau, on remarquait une division à parts à peu près égales entre trois catégories de motifs d'abstention : désintérêt; négativisme envers les partis, les candidats, etc.; et raisons personnelles ou administratives. Comme nous avons isolé les non-votants intéressés dans le tableau 24, on pourrait s'attendre à ce que cette catégorie de raisons diminue, et c'est effectivement le cas. Seulement 16,1 % des répondants mentionnent des raisons classées dans cette catégorie, et la plupart de ces raisons relevaient plus de la sous-catégorie « mon vote aurait été inutile » que de simples énoncés d'indifférence. Il est surtout intéressant de constater, cependant, que le nombre de personnes citant des raisons de négativisme envers les institutions et les acteurs du système politique n'augmente pas. En fait, le nombre de personnes donnant comme premier motif d'abstention une raison de la catégorie personnelle/administrative atteint plus de la moitié du total. Ce groupe de répondants déclarait davantage avoir été trop occupé ou en déplacement, ou avoir eu des problèmes d'inscription, ou ne pas avoir su où ni quand voter. Nous reviendrons sur l'incidence des facteurs administratifs, mais nous pouvons d'ores et déjà noter qu'il serait peut-être possible à l'avenir de faire participer certains de ces non-votants intéressés.




Tableau 25  Niveau d'intérêt actuel comparativement à 10 ans plus tôt


  Pourcentage
Beaucoup plus intéressé à la politique maintenant qu'il y a 10 ans
17,5
Un peu plus intéressé à la politique maintenant qu'il y a 10 ans
18,4
Environ le même intérêt
37,5
Un peu moins intéressé à la politique maintenant qu'il y a 10 ans
12,0
Beaucoup moins intéressé à la politique maintenant qu'il y a 10 ans
16,4
 N = 1 520


Nous avons demandé aux répondants nés avant 1974, qui auraient pu participer aux élections fédérales depuis 1993 : « Essayez de vous reporter à il y a 10 ans et dites-nous si vous êtes plus intéressé à la politique, moins intéressé, ou aussi intéressé qu'avant ». Le tableau 25 montre que les répondants ont été plus nombreux à déclarer un intérêt accru que l'inverse. C'était à prévoir, dans la mesure où nous savons que l'intérêt et la participation sont au plus bas chez les plus jeunes (voir section précédente) et augmentent avec le temps. Cependant, pas moins de 28,4 % des 28 ans et plus se disent moins intéressés par la politique; et 16,4 % d'entre eux indiquent qu'ils sont « beaucoup moins intéressés maintenant... qu'il y a 10 ans », contre 12 % qui se disent juste « un peu moins intéressés ». Lorsque nous corrélons les variables démographiques avec la variable « changement dans l'intérêt », il appert que les femmes et les personnes à revenu plus élevé déclarent plus souvent un accroissement d'intérêt pour la politique au cours des 10 dernières années, tout comme les personnes qui ont résidé au même endroit pendant plus longtemps. Toutefois, aucune de ces corrélations n'est puissante.




Tableau 26 Raisons de la hausse d'intérêt pour la politique (Question ouverte; réponses multiples; % des répondants)


Évolution personnelle
Pourcentage
Plus âgé
35,9
La politique a pris plus de signification
15,2
>Sensibilisation accrue; études
14,3
Davantage de temps maintenant
8,2
Préoccupé par l'avenir/génération montante
5,8
A vu une occasion de contribuer, de participer
5,7
 
85,1

Préoccupations accrues face aux politiques
Pourcentage
Augmentation générale des préoccupations d'ordre politique; effets accrus des politiques
7,9
Politique sociale
7,9
Politique économique; économie
6,4
Politique étrangère
0,7
 
22,9

Actualité politique
Pourcentage
N'aime pas ce qui se fait; gouvernement
9,7
Soutient les nouvelles mesures; changements; gouvernement
2,5
Autre raison politique
1,8
 
14,0

Autre; vague
Pourcentage
 
3,2
N = 535




Tableau 27 Raisons de la baisse d'intérêt pour la politique (Question ouverte; réponses multiples; % de répondants)


Attitudes politiques
Pourcentage
Négativisme envers les politiciens (fausses promesses; malhonnêteté; égoïsme; manque de maturité/de professionalisme; corruption)
19,3
Le vote n'a pas d'importance; n'a pas d'effet; est inutile
17,7
Manque de confiance dans les conditions/partis/gouvernement
14,5
Les partis sont tous pareils; aucun choix
9,4
Manque de compétition entre les partis; problèmes avec les partis
9,3
Pas concerné par enjeux/programmes de partis
8,0
L'intérêt du public est négligé
7,7
N'aime pas les chefs
2,2
Mécontentement régional
2,1
 
90,2

Raisons personnelles
Pourcentage
Trop occupé; autres priorités
12,5
Apathique; indifférent
7,9
Désillusionné; cynique
4,9
 
25,3

Autre; vague
Pourcentage
 
4,3
N = 419


Nous avons interrogé les répondants sur l'évolution de leur intérêt pour la politique au cours des 10 dernières années, notamment pour étudier les raisons des changements au moyen d'une question ouverte. Ces raisons sont présentées aux tableaux 26 et 27. Les raisons de la hausse et de la baisse d'intérêt sont profondément différentes. Pour le groupe qui indique une augmentation de l'intérêt pour la politique (tableau 26), l'évolution personnelle se révèle la principale raison. Les répondants indiquent que le simple fait de vieillir a contribué à les intéresser. La politique a pris une plus grande signification depuis qu'ils sont propriétaires, contribuables, parents ou membres de la population active. Certains ont mentionné les effets de l'éducation. D'autres ont simplement indiqué qu'ils avaient plus de temps pour s'occuper de politique. D'aucuns s'inquiétaient pour l'avenir  – pour eux-mêmes ou la jeune génération. Certains ont vu de plus grandes possibilités d'action sociale qu'auparavant, ou s'étaient engagés en politique et avaient trouvé cela stimulant. Certains répondants ont parlé d'une conscience accrue des politiques concernant divers domaines, ou d'une sensibilité accrue à de nouvelles mesures politiques, principalement des mesures qu'ils désapprouvaient. En somme, les raisons données correspondent exactement à ce que laisse prévoir la socialisation politique au cours du cycle de vie.

Les raisons personnelles invoquées ci-dessus pour l'accroissement de l'intérêt politique contrastent avec les raisons fournies par les répondants qui ont indiqué une diminution d'intérêt au cours des 10 dernières années. Dans le tableau 27, la plupart des répondants donnent des raisons liées aux attitudes politiques pour expliquer ce changement. En tête de liste viennent les jugements négatifs sur les politiciens : fausses promesses, malhonnêteté, égoïsme, manque de maturité ou de professionnalisme, et corruption. D'autres catégories de ce tableau sont de même nature  – manque de confiance dans les candidats, les partis et le gouvernement, ou rejet des chefs. Un deuxième thème sous-jacent de ces réponses est l'inutilité du vote : voter ne donne rien, les partis sont tous pareils ou ne sont pas compétitifs. Certains des non-votants ne se sentent pas concernés par les enjeux ou les programmes des partis. Ces réponses reflètent un malaise général au sein du quart de la population face à ceux qui conduisent la vie politique moderne au Canada. Une minorité de ceux qui déclarent une baisse d'intérêt pour la politique invoquent des raisons personnelles : la réponse « trop occupé » arrive au premier rang, certains répondants citant d'autres priorités comme le travail ou les obligations familiales.




Tableau 28 « Qu'est-ce qui pourrait, au cours des prochaines années, accroître votre intérêt pour la politique? » (Question ouverte; réponses multiples)


Système politique
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
Nouveaux candidats
12,7
12,5
11,9
Nouveaux partis/programmes
10,9
12,2
7,4
Nouveaux chefs
7,2
7,9
5,3
Plus de compétition/choix/opposition
6,8
6,7
3,3
Nouveau gouvernement
3,7
3,3
1,8
Élection/changement de système électoral
3,2
3,3
3,1
 
44,5
45,9
32,8

Comportement des politiciens
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
Plus d'honnêteté; de responsabilité; d'obligation de rendre compte
10,6
12,0
11,3
Davantage de contact avec l'électorat
6,4
7,9
7,5
Changement d'attitude
6,4
8,9
7,0
Plus de résultats; nouvelle orientation
2,6
1,4
2,1
 
26,0
30,2
27,9

Politiques
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
Plus d'accent sur la politique sociale
11,1
10,6
10,9
Plus d'accent sur la politique économique
6,6
8,2
6,1
Autres/meilleurs enjeux; autres politiques
6,3
6,0
7,1
Plus d'accent sur la politique étrangère
1,1
0,3
1,2
 
25,1
25,1
25,3

Changements personnels
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
Obtenir plus d'information
7,1
2,7
10,0
Âge; temps; évolution personnelle
4,7
1,7
5,0
Davantage concerné; intérêt
2,2
1,1
2,6
 
14,0
5,5
17,6

Autre
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
Une crise nationale majeure
1,3
0,5
1,5
Autre; inclassable
3,0
2,7
3,5
 
4,3
3,2
5,0

Rien/ne sait pas
% de répondants % de moins intéressés % de non-votants de 2000
 
9,6
11,2
13,1
N =
1 869
449
899


Qu'est-ce qui pourrait raviver l'intérêt pour la politique? Nous avons justement posé la question à tous les répondants : « Qu'est-ce qui pourrait, au cours des prochaines années, accroître votre intérêt pour la politique? » Le tableau 28 présente un résumé des résultats, pour l'ensemble des répondants, puis pour deux sous-groupes : ceux qui ont dit être moins intéressés par la politique qu'il y a 10 ans et ceux qui n'ont pas voté à l'élection de 2000. Signalons d'abord, au bas du tableau, que seulement 9,6 % de l'ensemble des répondants ont affirmé que « rien » ne pourrait accroître leur intérêt et qu'en outre certains d'entre eux étaient déjà très intéressés. Nous pouvons conclure, du moins d'après ces données, que peu de Canadiens sont à ce point détachés du monde de la politique qu'ils ne peuvent imaginer aucun facteur susceptible d'augmenter leur intérêt. Or, une hausse d'intérêt pour la politique mènera sans doute à un regain d'intérêt pour le vote, à l'occasion de scrutins futurs.

Les changements qui pourraient améliorer l'intérêt pour la politique sont résumés au tableau 28 sous les titres « Système politique », « Comportement des politiciens », « Politiques » et « Changements personnels ». Les plus importants sont ceux du groupe « Système politique ». Une infusion de « sang neuf »  – nouveaux candidats, nouveaux chefs, partis nouveaux ou renouvelés, nouveaux programmes  – contribuerait grandement à éveiller l'intérêt, affirme le public. Une situation politique plus compétitive, avec une opposition plus forte ou des courses électorales plus équilibrées, serait également souhaitable. Enfin, un petit nombre de répondants seraient en faveur d'une réforme du système électoral lui-même ou de certains aspects de la législation. Au total, près de la moitié de l'ensemble des répondants et de ceux qui se disent moins intéressés qu'avant ont indiqué qu'un changement dans la catégorie système politique stimulerait leur intérêt pour la politique, et un tiers des non-votants de 2000 ont fait de même. Comme la situation politique actuelle amènera en scène plusieurs nouveaux chefs de parti et bon nombre de nouveaux candidats à la prochaine élection fédérale, on peut s'attendre, si l'on se fie aux réponses du sondage, à ce que l'intérêt pour l'élection 2004-2005 soit plus fort que pour celle de 2000, ce qui pourrait entraîner une légère remontée du taux de participation.

Les autres changements mentionnés par les répondants au tableau 28 sont un peu plus problématiques. Un peu plus du quart des répondants ont demandé un changement dans le comportement des politiciens : plus d'honnêteté, de responsabilité, d'obligation de rendre des comptes, d'écoute, etc. Ces attitudes découlent sans doute davantage du cynisme et du négativisme du public que des actes ou omissions des élus, dont la plupart font actuellement de leur mieux pour rendre des comptes, être à l'écoute, honnêtes, etc. De même, les politiciens répondraient probablement que les changements en matière de politiques indiqués dans la catégorie suivante de réponses font déjà l'objet d'une bonne partie de leur activité. La politique sociale est en tête de liste des préoccupations, mais la « politique de la santé » était déjà l'enjeu dominant de l'élection de 2000, alors que les niveaux d'intérêt et de participation étaient faibles. Il reste que la politique de la santé reviendra au c?ur des débats dans les prochaines années, par suite de la publication du rapport de la commission royale, et les nouveaux chefs de parti ainsi que les aspirants chefs pourraient épouser de nouvelles idées dans ce domaine et stimuler l'intérêt du public. Enfin, certains répondants ont répondu de façon différente, citant des facteurs qui pourraient changer dans leur propre vie pour les inciter à s'intéresser davantage à la politique. La réponse la plus fréquente a été le fait de s'informer ou de s'instruire davantage en matière politique, mais certains avaient aussi l'impression que le fait d'avoir plus de temps ou d'être plus âgé leur offrirait plus d'occasions de s'engager.

Les schèmes généraux des réponses du tableau 28 sont pour la plupart reflétés dans les réponses du sous-groupe dont l'intérêt a baissé et de celui des non-votants de 2000. Une différence à signaler, toutefois : les non-votants de 2000 étaient moins susceptibles de donner des réponses dans la catégorie système politique que les votants de cette élection. La différence est appréciable. Puisque le groupe des non-votants est le principal objet d'examen du présent rapport, nous devons, à la lumière de ces données, tempérer notre conclusion ci-dessus selon laquelle l'arrivée en scène de nouveaux chefs de parti et candidats augmenterait l'intérêt du public et le taux de participation, car ce groupe clé est moins susceptible d'être touché par ces changements que la moyenne des citoyens.